L'Homme élastique
18 juillet
Sous la toise, il a 1,185 m. Je l’ai photographié et lui ai ordonné de se recoucher. Il dort en ce moment. Adrien lui préparera des aliments spéciaux pour le réveil.
En somme, c’est un vrai succès, mais je l’escomptais trop pour en tirer un plaisir exagéré. Je me proposais d’aller acheter à Atlas des habits plus grands à Aubenas, quand je me suis rappelé ne plus avoir de voiture. Avec l’assurance que me donnait la victoire que je venais de remporter, j’ai té-léphoné au préfet de l’Ardèche, en déclinant mes nom et qualités. Il n’est que de parler ferme à ces gens : demain, une voiture militaire sera mise à ma disposition.
18 juillet
Nous allons laisser Atlas s’habituer à sa nouvelle taille pendant quelques jours avant de reprendre le traitement. Ce matin, il allait aussi bien que possible, respirait mieux, avait beaucoup d’appétit. Toutes les fonctions du corps sont nor-males. J’ai analysé ses urines, il n’a pas d’albumine. J’ai fait également un prélèvement de sang. La proportion de glo-bules rouges est normale, et, qui mieux est, ces globules sont à peine dilatés atomiquement, ce qui prouve que l’adaptation du corps à l’oxygène normal est presque déjà faite.
Mon humeur est excellente. Marie, qui faisait une tête d’enterrement depuis le départ de son fils, retrouve égale-ment la force de sourire. Je l’en félicite, elle m’apprend que ce sont les nouvelles du front qui la rassurent : d’après le communiqué, une de nos patrouilles a traversé le pont de Kehl, et est allée tuer un douanier allemand.
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