L'Homme élastique
2 octobre
uns des autres dans les champs pour ne pas creuser des sil-lons dans lesquels ils s’embourberaient. Il convient qu’il y ait au moins dix mètres entre chaque homme et le suivant. Dix mètres pour nous, ce n’est rien. Mais cela équivaut pour eux à trois cents de nos mètres. Et il est assez difficile de mar-cher en file indienne à trois cents mètres d’intervalle. Ils s’y entraînent.
Les cadres ont à s’habituer à la lecture des cartes spé-ciales qui ont été faites pour eux. Ce sont des plans direc-teurs à très grande échelle qui ont été atomiquement réduits comme tout le reste de l’équipement. On arrive à faire ainsi tenir sur une feuille de papier à cigarette un plan de vingt mètres carrés. Quand nous autres, hommes normaux, vou-lons essayer de lire ces cartes spéciales, nous devons le faire au microscope.
À la fin du jour, en dépit de leur chargement de grenades et des difficultés du terrain qui est, pour elles, un terrain très montagneux, les troupes avaient couvert douze kilomètres.
— Ces petits hommes pètent le feu, m’a dit le général de Ségur avec cette verdeur d’expression particulière aux mili-taires.
2 octobre
Tous les hommes de la division ont maintenant cinq centimètres de haut. L’opération est terminée. Mes trans-formateurs continuent cependant à travailler pour la réduc-tion de l’équipement et de la nourriture. Pour cette dernière, la tâche est très facilitée par le fait que la nourriture réduite n’entrant plus en réaction chimique avec les corps ordi-naires, elle ne se corrompt pas, même quand on l’abandonne
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