L'Homme élastique
9 octobre
ciperont à l’attaque générale et seront engagés sur un front de dix kilomètres. Cédant à la curiosité de voir comment ils se comporteront au combat, et bien que les questions mili-taires soient en dehors de ma ligne d’action et de mes préoc-cupations, je vais rester ici jusqu’au jour J.
La question du transport des homuncules a posé de cu-rieux problèmes. On ne pouvait songer à les faire voyager en chemin de fer si l’on voulait garder le secret sur leur exis-tence. Avec des camions, il suffirait, quant au volume, de trois véhicules pour les transporter tous. Mais les camions ne peuvent porter plus de cinq tonnes, soit soixante-cinq hommes. Ces hommes auraient alors toute la place voulue sur le plancher du camion, mais pourraient profiter de l’occasion, et de leur petite taille, pour descendre en marche, se perdre, et ébruiter leur présence. On les mettra donc en caisse, à raison de deux hommes par caisse. La manipulation des colis pourra être faite par des soldats ordinaires qui ne se douteront pas du contenu. Les parois des caisses porteront : « Explosif dangereux. À manier avec précaution. »
— C’est toute la définition de l’homme, ai-je fait obser-ver à Sestrière qui n’a pas paru comprendre.
9 octobre
L’attaque ne sera pas précédée d’une préparation d’artillerie sur le front où nous serons engagés, mais à l’heure H-60 minutes, la division Mu quittera nos tranchées pour s’infiltrer, sur une profondeur d’au moins cinq kilo-mètres, dans les ouvrages ennemis, avant que commence l’attaque des divisions normales. Les Lilliputiens devront ré-duire à coups de grenades tout blockhaus, fortin, fort, nid de mitrailleuses, réseau de barbelés, ligne téléphonique, batte-
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