L'Homme élastique
14 octobre
rie, qu’ils rencontreront, en s’attaquant de préférence au ma-tériel plutôt qu’aux hommes. Leur ravitaillement en grenades réduites sera assuré sur le terrain par des tanks isolés qui progresseront à la vitesse d’un échelon de combat.
C’est un jeu pour ces petits hommes de lancer une gre-nade dans l’embouchure d’un canon de mitrailleuse qui leur apparaît comme un énorme orifice de passe-boule. Pour les gueules de canon, la tâche est encore plus simple. Et comme ils peuvent s’approcher très près sans être vus, ils ne peuvent manquer leur coup.
14 octobre
Sestrière m’a proposé d’assister à l’attaque dans le poste d’observation du général commandant le secteur. J’ai d’abord demandé si l’endroit était sûr, n’ayant aucune envie de laisser ma peau dans cette aventure. On m’a certifié qu’il n’y avait pas de meilleur abri au monde dans l’état présent de la technique militaire. La curiosité a fini par me faire ac-cepter, bien que j’aie de plus en plus l’impression de perdre mon temps en restant ici. Je ne suis pas homme de guerre. Ma tâche doit consister à répandre dans l’humanité la dé-couverte la plus extraordinaire qui ait jamais vu le jour.
16 octobre
Un motocycliste du G.Q.G. vient d’apporter un pli ultra-secret. Tout le monde sait aussitôt que le jour J est pour de-main. Je pars coucher à l’observatoire. En route, nous ap-prenons que l’heure H sera six heures douze. Ces militaires sont décidément terriblement matinaux.
– 88 –