L'Homme élastique

Jacques Spitz · Chapitre 36 sur 68

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L'Homme élastique

1er août

d’assister pour la première fois, et ce petit monstre à voix humaine qui geignait devant lui…

— Vous n’auriez pas quelque chose à boire ? me deman-da-t-il.

Je l’emmenai dans la salle à manger.

— Écoutez, me dit-il quand il fut un peu remis, personne ne me croira quand je raconterai ce que j’ai vu. Mais je vais rentrer séance tenante à Paris, et vous envoyer de toute ur-gence une commission de plusieurs membres devant lesquels vous reprendrez vos expériences.

Il m’a serré la main avant de monter en voiture. Dans son regard, il y avait un peu de frayeur. J’en ai tiré une cer-taine satisfaction.

 

1er août

 

Adrien a fabriqué pour Lagrue une petite caisse qui doit faire l’effet d’un palais à ses cinq centimètres. La caisse est solidement cadenassée, et placée sur le bord de la fenêtre du laboratoire, pour permettre au prisonnier de voir un peu le ciel.

Le plus délicat a été la question du couchage de ce pyg-mée. Il est tellement lourd qu’il enfonçait dans le petit mate-las que lui avait préparé Adrien et courait le risque d’y étouf-fer. Finalement, mon préparateur a découpé un rectangle de caoutchouc dans une vieille enveloppe de pneumatique pour en faire un lit assez résistant et élastique à la fois.

J’ai extrait le prisonnier de sa caisse au prix d’un gros ef-fort (il faudra lui faire fabriquer une petite échelle d’acier) et

 

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