L'Homme élastique

Jacques Spitz · Chapitre 21 sur 68

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L'Homme élastique

12 juillet

— C’est bien ce que je pensais, a-t-elle marmotté.

Elle doit trouver que ce n’est pas un nom chrétien.

 

12 juillet

 

J’étais un imbécile, je le suis peut-être encore, mais je viens de doubler un cap difficile. Pourquoi n’avais-je pas songé plus tôt à la faculté d’adaptation des organismes vi-vants ? Il a fallu, pour me le rappeler, que je voie peu à peu Atlas s’habituer à la sévérité de ma demeure. Les expé-riences de la dernière semaine m’ont permis de découvrir le procédé très simple qui permet de faire respirer à l’air nor-mal les cobayes dilatés, il suffit d’opérer graduellement et lentement pour que l’organisme s’adapte. Atteinte une pre-mière dilatation de 20 pour cent au-delà de laquelle les inte-ractions chimiques ne se produiraient plus, il faut laisser le cobaye s’habituer à son nouvel état pendant plusieurs jours. Après quoi, on peut reprendre une nouvelle dilatation de 20 pour cent au bout de laquelle il peut encore respirer à l’air normal, et ainsi de suite.

Tous nos sujets ont maintenant pu sortir des cloches pneumatiques où nous devions les conserver, ce qui a permis de débarrasser un peu le laboratoire. Nous avons sept co-bayes géants de taille quintuplée, et trois cobayes infra-nains réduits au vingtième. La sensation est curieuse de tenir dans sa main une de ces petites souris blanches, longue d’à peine un centimètre, et qui pèse plus lourd que le plus lourd métal.

Durant cette semaine, une autre de mes tâches, presque aussi délicate que la première consiste à apprivoiser Atlas. Je l’emmène chaque soir, lors de ma promenade habituelle. Ma compagnie ne vaut probablement pas celle des forains, car il

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