L'Homme élastique
24 mai
Il fallait savoir si les résultats obtenus avec le cuivre étaient valables pour les autres métaux.
Avec une sphère de fer tout a bien marché, la dilatation, un peu plus lente à mettre en train, s’est finalement produite dans d’excellentes conditions.
Je me suis alors proposé de dilater un objet quelconque en fer, en l’espèce un fer à cheval. Adrien avait eu soin de le nettoyer à fond et il brillait comme de l’acier. Sur la table d’expérience, la dilatation du fer à cheval s’est produite de façon tout à fait anormale, les deux branches du fer s’écartant l’une de l’autre et la partie centrale s’allongeant exagérément.
La forme ne se conserve donc plus et c’est indiscutable-ment un échec. J’incrimine le champ rectiligne dont je me sers. Dans le cas du cuivre, excellent conducteur, les lignes de force du champ viennent se modeler sur l’objet à traiter, alors qu’il n’en va pas de même avec le fer, moins bon con-ducteur. Si cette explication est exacte, l’inconvénient doit disparaître avec l’emploi d’un champ tournant dont l’action est indépendante de la direction prise par les lignes de force.
Durant toute la fin du jour, j’ai procédé fiévreusement au montage de l’appareil à champ tournant. Les fournisseurs de Lyon, alertés au téléphone, m’ayant fait savoir que l’anneau manquant pouvait être immédiatement pris à leur usine, j’envoie sans désemparer Maurice avec la voiture pour en prendre livraison dans la nuit et me le rapporter demain à l’aube.
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