Thorns and Roses (French Edition)

Max Néna · Chapitre 5 sur 44

Pages du PDF

Thorns and Roses (French Edition)

Chapitre 4

Juliette

 

— Rendors-toi, petit cœur… C’était juste un vilain rêve.

C’est le troisième cauchemar que Lou fait cette nuit. Je suis épuisée. Je caresse sa chevelure dorée et sors de la chambre, à pas feutrés, pour ne pas réveiller sa sœur. Dire qu’il est à peine six heures du matin. Cette journée d’avril s’annonce difficile, si j’en juge par la longue liste de patients inscrits sur mon agenda. D’autant qu’hier soir, j’ai discuté tard avec mon frère, sur Messenger. En ce moment, Maxime réside à l’étranger pour son travail, mais nous nous imposons de rester en contact au moins une fois par mois. Qu’importe la distance, nos liens restent indéfectibles.

En silence, je traverse le couloir pour rejoindre la cuisine et m’affale sur le tabouret accolé à l’îlot central. J’observe la pendule sur le mur face à moi, d’ici quarante-cinq minutes, je dois partir travailler. C’est ma mère qui gardera les filles jusqu’à ce qu’elles se lèvent, pour les déposer ensuite à l’école. J’ai de la chance qu’elle soit disponible, car avec mes horaires, c’est un vrai casse-tête, et je n’ai pas les moyens de me payer une nounou.

Deux tartines et trois cafés plus tard, je file sous la douche. La chaleur du jet m’enveloppe, délasse mes muscles endormis. Mes mains savonneuses glissent sur mon corps, qui s’éveille peu à peu. Une constatation germe dans ma conscience. La dernière fois que j’ai été touchée me paraît si lointaine, je n’ai pas fait l’amour depuis plus d’un an. Un an sans me sentir désirable, ni même me l’autoriser. Un an à n’être qu’une maman, une infirmière, une amie.

Mais c’est cet instant que choisit le désir pour se rappeler à mon souvenir. Ma peau sensible réagit au frôlement de mes doigts. En douceur, ils effleurent la naissance de mes seins. Des frissons picorent mon épiderme, mon souffle s’accélère. Tremblantes, mes phalanges parcourent mon ventre, sinuent vers ma toison. J’imagine un buste ferme qui se colle dans mon dos, des bras virils qui m’enlacent, un halètement au creux de mon oreille. Ce n’est pas Marco, Marco n’est plus. Étrangement, j’accueille cette pensée avec apaisement, je me l’autorise.

Mon majeur s’engouffre entre mes lèvres humides, puis remonte lubrifier mon bouton de chair. Le plaisir palpite au rythme de mes caresses. Ma respiration se saccade, j’entrouvre la bouche, suffocante, tandis que ma tête bascule en arrière. Dans mon fantasme, ce sont des prunelles ambrées qui dévorent chaque parcelle de mon corps. Exaltée, je me retourne et plaque mon dos contre la faïence glacée.

Des gémissements plaintifs percent le ronronnement de l’eau, chaque fois qu’au lieu de mon doigt, j’imagine une langue appuyer sur mon clitoris. Je me vois fourrager des cheveux bruns pour intimer une cadence soutenue à mon amant, qui plonge ses yeux dans les miens. Le visage perdu entre mes cuisses, il me tourmente. Dans mon bas-ventre vibre une délectation intense qui ne demande qu’à jaillir. Et pour la première depuis si longtemps, je vais j…

— Maman ? Regarde ce que j’ai trouvé dans ma chambre, me coupe une petite voix éraillée.

— Putain ! Ninon !

Je suis si surprise que je manque tomber. Il faut vraiment que je pense à faire réparer ce fichu loquet qui ne ferme plus. Je souffle avec vigueur pour chasser ma frustration et recouvrer mon calme.

— Qu’est-ce que je t’ai déjà dit, ma puce ? Tu ne dois pas déranger maman quand elle se lave, dis-je en passant ma tête derrière le rideau de douche.

— Tu as dit un gros mot. Je connais la règle, mais tu as dit aussi qu’on pouvait venir si c’était important. Et c’est important, je l’ai vue hier soir et j’ai réussi à la prendre tout à l’heure. Tu es malade ?

Elle débite ces phrases d’une traite, figée au milieu de la pièce, les deux mains nouées en avant. Ses yeux se dérobent aux miens. Il y a toujours eu quelque chose de lunaire dans le regard de Ninon, comme un ciel turquoise teinté de nuances aussi captivantes que secrètes. Quelques mèches blond foncé encadrent l’ovale de son visage, dont les expressions sont souvent difficiles à déchiffrer.

— Désolée, le gros mot est sorti tout seul. De quoi tu parles, ma chérie, et pourquoi tu me demandes si je suis malade ?

— Ça ne peut pas sortir tout seul, les vilains mots, c’est des bêtises, maman… Tu dois avoir de la fièvre, parce que tu es toute rouge, tu faisais des drôles de bruits, comme Lou quand elle a l’angine.

J’ai envie de mourir noyée sous la douche. Mon bébé vient de me surprendre en pleine frénésie de masturbation ! Heureusement, cette hideuse toile plastifiée a camouflé ce désolant spectacle. L’avantage encore, c’est qu’avec son syndrome d’Asperger, ma fille prend tout au pied de la lettre. Je ne devrais donc pas avoir de mal à me sortir de cette situation gênante.

— C’est rien, j’ai juste mis l’eau trop chaude, j’ai été surprise. Alors, dis-moi, qu’est-ce que tu as trouvé de beau ? C’est une de tes figurines, je parie.

— Non, j’ai trouvé une Tegenaria domestica. Elle est trop belle. Je peux la garder, maman, je peux ? demande-t-elle en sautillant.

— Une quoi ?

Avec ses intérêts spécifiques, Ninon est une encyclopédie vivante. Toujours le nez dans un bouquin scientifique, à se passionner pour des sujets particuliers. Elle ne comprend rien aux règles du chat perché, ne sait toujours pas faire ses lacets, mais connaît une montagne de trucs invraisemblables. C’est parfois déstabilisant, mais je l’aime telle qu’elle est.

— Tegenaria domestica ou Tégénaire domestique si tu préfères. C’est tout mignon.

Rassurée par le fait que l’objet non identifié tienne dans sa petite main, je lui demande de me montrer son trésor. De toute façon, si je n’accorde pas un minimum d’attention à sa précieuse découverte, elle est capable de rester là toute la matinée.

Ma fée approche avec lenteur, un sourire aux lèvres, puis se dandine sur ses petits pieds, signe d’excitation chez elle. Je souris de la voir contente, ses émotions sont pures, elle ne fait jamais semblant. Toujours cachée derrière le rideau, je me penche en avant, en signe d’intérêt. Elle marque un temps d’arrêt, comme pour se concentrer, puis, d’un geste délicat, ouvre ses doigts.

Au départ, je ne vois qu’une tache foncée dans sa paume. Intriguée, je m’incline pour mieux observer ce qu’elle m’expose avec fierté. C’est bizarre, de couleur brune, on dirait une petite crotte séchée. Sauf que la crotte se met à bouger. La crotte a des pattes qu’elle détend une à une. Trop de pattes. Huit, en tout. Elle va me bouffer !

Je pousse un hurlement si strident que Ninon sursaute et libère le monstre. La bête bondit sur l’étoffe plastifiée qui recouvre mon corps. L’araignée me toise, j’épie le moindre de ses mouvements. L’hideuse créature a plein d’yeux, les miens louchent dessus. Ça dure deux secondes, tout au plus, mais qui paraissent une éternité. Sans que mon cerveau ait eu le temps d’y penser, j’agrippe la toile que j’arrache à sa tringle en la balançant par terre. Mon geste brusque me déséquilibre et je chute dans la baignoire.

— Qu’est-ce qui se passe, maman ? J’ai peur !

Lou accourt, paniquée, réveillée par ce tapage. Ses cheveux blonds en bataille, elle maintient son doudou contre sa poitrine et me fixe de ses billes bleues écarquillées. Sa sœur, quant à elle, tourne en rond dans la pièce et bat des mains comme un petit oisillon.

— Elle l’a perdue… Elle l’a perdue… Mon aranéide… Elle est où ? Elle est où ?

Nue comme un ver, j’observe cette scène affligeante et essaie de retrouver un minimum de contenance, quand soudain :

— Mon Dieu ! Mais que s’est-il passé, ici ?

Une troisième spectatrice vient de s’inviter. Ma mère apparaît, ahurie, avec son éternelle coupe courte au brushing impeccable. Je crois n’avoir jamais vécu un début de journée si grotesque. Elle se tourne, gênée de me trouver dans le plus simple appareil.

— Putain, mais c’est pas vrai ! Vous vous êtes toutes donné le mot, ma parole ! Comment ça se fait que tu sois déjà là ?

— Ton langage, Juliette. Et couvre-toi, s’il te plaît, dit-elle en me jetant une serviette, figure-toi, ma chérie, qu’il est déjà six heures quarante-cinq, comme tu n’ouvrais pas la porte, je suis rentrée avec mes clefs.

— Mais je suis à la bourre ! me dressé-je pour m’entourer du drap de bain. Maman s’il te plaît, prends les petites et sortez d’ici !

— Elle est là ! J’ai retrouvé mon araignée, claironne Ninon qui ramasse sa créature diabolique. Regarde, mamie, maman elle a eu peur, mais toi, tu vas pas crier et faire une cascade ? Ses crochets sont minuscules, elle peut même pas mordre.

Ma mère glousse, m’adresse un sourire moqueur puis prend Lou dans ses bras.

— Je comprends mieux… Venez les filles, on va laisser maman tranquille, je crois qu’elle a eu assez d’émotions. Ninon, tu vas libérer ta bébête dans le jardin avant qu’elle se fasse écrabouiller, ce sera plus sage pour tout le monde.

Quand la porte se referme, il me faut quelques secondes pour reprendre mes esprits et m’autoriser une pensée soudaine. Dans la moiteur de cette salle de bains, mon corps s’est embrasé. C’est le souvenir d’un regard puisé dans les méandres du passé qui l’a ravivé. Et j’en tremble tellement que mes doigts peinent à dénouer le drap de bain, autour de ma poitrine affolée.

Dans mon travail, le moindre retard peut avoir des conséquences sur le bon déroulement de la tournée. Malheureusement, plus j’essaie de rattraper le temps perdu ce matin, plus il semble se dérober. C’est donc échevelée et débraillée que je pénètre chez les Mejib, ma petite bouffée d’oxygène dans ce tumulte matinal. Il y a maintenant un peu plus d’un mois que j’ai le plaisir de m’occuper d’Ayoub. Ici, je suis accueillie avec chaleur et générosité, chaque fois que je passe cette porte.

— Bonjour !

— Viens, ma belle ! Dans la cuisine !

Guidée par les senteurs épicées, je rejoins d’un pas léger et enjoué Maryam, qui s’affaire devant les plaques de cuisson. Je n’ai jamais vu autant de plats mijoter que dans cette maison.

— Hum, ça sent bon ! Vous préparez quoi ?

Aussitôt, elle trempe une cuillère dans un récipient en terre cuite et m’invite à goûter, le regard rivé au mien, dans l’expectative de mon verdict.

— Un tajine d’agneau, alors, dis-moi, tu aimes ?

— C’est délicieux !

Son visage s’illumine et se fend d’un sourire tendre tandis que je lèche encore mes lèvres couvertes de sauce.

— C’est le plat préféré de mon mari.

Je suis souvent touchée par l’amour que ce couple se porte. Parfois, je surprends Ayoub murmurer des mots doux à son épouse, qui finit en général par rire en lui tapotant l’épaule. Elle est aux petits soins pour lui et s’investit beaucoup dans sa rééducation. Il a d’ailleurs fait d’énormes progrès, aussi, je suis ravie de constater que sa prise en charge s’amenuise de jour en jour.

— Je comprends pourquoi, vous êtes un vrai cordon bleu ! Je vais aller m’occuper de lui, il est dans le salon ?

— Oui, vas-y, ma fille, moi je vais aller ramasser des légumes dans le potager, dit-elle alors qu’elle retire son tablier.

Je traverse le couloir et constate que je me sens plus apaisée depuis quelques semaines. Ces moments fugaces de légèreté me donnent l’impression qu’un cycle nouveau s’offre à moi. J’ai la sensation, depuis que je côtoie les Mejib, que mes cicatrices se referment peu à peu.

Lorsque j’arrive dans la pièce de vie, j’observe Ayoub, installé dans son fauteuil, et ne peux m’empêcher de ricaner. À plusieurs reprises, il glisse un doigt nerveux sur l’écran de son téléphone, puis tapote dessus avec bien trop de vigueur. Les paupières plissées, il baragouine dans sa langue maternelle des mots qui semblent exprimer son agacement.

— Encore en train de vous battre avec la technologie ?

C’est toujours troublant de sentir ses prunelles chaleureuses se relever sur moi, à chaque fois, mon cœur s’affole. Elles me rappellent tant celles qui me caressaient autrefois. Ma gorge se serre, j’ai préféré éviter ce sujet douloureux avec mon patient. Évasive, j’ai seulement affirmé connaître leur cadet du lycée. À quoi bon creuser davantage ? C’est une période révolue de ma vie, de plus, Malik vit désormais à New York.

— Ah ! Tu es là ! Je ne comprends rien, ma gazelle. Lydia m’a envoyé des photos et je ne peux pas les ouvrir… Tu peux essayer, toi ?

Il me tend déjà son téléphone, les sourcils haussés, puis m’exhorte par son regard impatient d’être la solution à son problème. Quelques brèves manipulations plus tard, je lui rends son appareil, où s’affichent les adorables bouilles de deux petits garçons.

— Voilà, Ayoub ! Ce sont vos petits-enfants ?

Son visage irradie aussitôt une douceur paternelle. Ses yeux brillent de joie tandis que je lui rends son smartphone.

— Oui, tu as vu comme ils sont beaux ?

Il me montre une photo où l’on peut les admirer poser devant la Tour Eiffel, puis retourne à la contemplation des différents portraits envoyés par sa fille.

— Ils sont superbes. Regardez-les tranquillement pendant que je vais chercher le nécessaire dans la salle de bains.

Je m’éclipse pour le laisser profiter de ce moment. Au départ, je pensais Ayoub taciturne, mais sa pudeur cache en réalité une profonde tendresse. En récupérant le matériel, je réalise que j’apprécie chacune de nos discussions. Dès qu’il parle de ses enfants, ses iris luisent de fierté. Il me remercie quand je m’occupe de lui et m’attribue des sobriquets adorables, qui me procurent la sensation d’une agréable familiarité.

Souvent, nous échangeons sur divers sujets et nos débats à propos des religions sont passionnants. J’avoue avoir une vision plutôt critique des pratiquants de diverses confessions, car je les juge parfois intolérants. Ce qui n’est pas le cas de mon patient. Musulmans, les Mejib vivent leur foi avec une grande ouverture d’esprit et beaucoup de recul.

Aussi, les bras chargés de mes ustensiles de soin, je tente d’ignorer ce petit murmure dans ma conscience. Il me souffle que mes filles ne profiteront plus de la douceur d’un père aimant comme lui. Comme Marco… Et cette fois, c’est le pas un peu plus lourd que je retourne vers le salon.

 

— Je n’arrive pas à remonter ces saletés de trucs ! C’est pas vrai !

Accroupie devant lui, je suis en train de mettre ses bas de contention à Ayoub. Du moins, essayer serait plus juste, car je lutte contre ces morceaux de tissu à coups de gestes saccadés. Mon patient m’aide du mieux qu’il peut en tendant sa jambe avec fermeté. Mais au bout de cinq minutes de ce supplice, il finit par exploser de rire.

— Ma gazelle, va pas te faire une syncope. Tu sais, j’ai peut-être pas vraiment besoin de les porter. J’ai l’impression d’être une vieille dame, avec ces chaussettes horribles.

— D’habitude, j’ai le coup de main, mais aujourd’hui, tout part de travers !

— Allez, arrête… Tu transpires comme un bœuf et t’es rouge comme une tomate, ricane-t-il avec son accent chaleureux.

Ayoub prend les bas, les pose sur la table du salon et m’attrape la main tandis que je me redresse en m’essuyant le front. D’un petit signe de tête, il m’invite à m’asseoir sur le canapé accolé à son fauteuil médicalisé.

— Ça n’a pas l’air d’aller, Juliette… Rien de grave ?

La prévenance de son regard me radoucit. Cet homme se préoccupe bien plus des autres que de lui-même.

— Si, si, ça va. C’est juste une mauvaise journée, ça arrive.

— D’accord, un petit thé à la menthe te fera du bien, alors. Ça remonte toujours le moral. Et tes filles, comment elles vont ? C’est leur papa qui les amène à l’école, quand tu travailles ?

Je me statufie. Je ne m’attendais pas à cette question, j’en ai d’ailleurs perdu mon répondant. En général, je suis plutôt discrète avec mes patients. Les réactions indélicates concernant ma situation sont courantes, d’autant que je veille à ne pas mélanger ma vie personnelle et professionnelle. Mais un lien s’est tissé entre les Mejib et moi. Chose qui m’arrive très rarement, surtout en si peu de temps. Plusieurs fois, mes lèvres s’entrouvrent, se referment. Puis les paroles sortent, se libèrent.

— Non… Je… Leur père est décédé l’an passé. Je suis toute seule… C’est ma mère qui m’aide, quand je ne suis pas disponible.

À ces mots, le visage d’Ayoub s’assombrit. Les sourcils froncés, il me détaille avec compassion, apposant sa paume sur mon épaule.

— Je suis navré de l’apprendre, Juliette. C’est un bien grand malheur pour tes enfants et la jeune femme que tu es. Tu as beaucoup de mérite de rester si vaillante.

Ses mots sincères me bouleversent et lorsqu’il retire sa main, je lui adresse un sourire reconnaissant.

— Merci, Ayoub. La vie ne fait pas que des cadeaux.

— Ah, ça… Tu as raison, elle a son lot de bonnes et de mauvaises surprises. C’est…

Il s’interrompt car soudain, des cris se font entendre de l’extérieur. Je reconnais la voix de Maryam qui s’exprime en arabe et paraît à la fois pleurer et hurler de joie. Intriguée, je regarde mon patient, qui affiche un sourire immense. Ému aux larmes, il attrape son déambulateur, titube quelque peu, puis, d’une démarche claudicante, s’approche de la porte-fenêtre ouverte.

À contre-jour, je perçois la silhouette ronde de Maryam débouler dans la maison, suivie d’une autre, masculine et athlétique, qu’elle tire par la main. Des rires fusent dans tous les sens, des mots que je ne comprends pas explosent dans toute la pièce. L’homme s’est jeté dans les bras d’Ayoub, qui, d’une voix chevrotante, l’étreint en gémissant.

— Mon fils ! Que je suis heureux, mon fils !

Mon cerveau met quelques secondes à interpréter ce que mon cœur qui tambourine a déjà compris. Figée, je ferme mes paupières et déglutis avec difficulté tant ma gorge se serre. J’inspire une longue bouffée d’air afin de retrouver la maîtrise de mes émotions. Quand je m’autorise à sortir de ma tétanie pour appréhender cette scène de retrouvailles, je suis percutée par un regard mordoré qui me scrute avec insistance.

Il est là. Malik est là.

OceanofPDF.com