Ben-Hur

Lewis Wallace · Chapitre 25 sur 47

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Ben-Hur

Chapitre XXV

 

 

Le lendemain, à la troisième heure, comme Ilderim, qui s’était rendu à Antioche, mettait pied à terre devant sa tente, un homme, qu’il reconnut pour un des membres de sa tribu, s’approcha de lui et lui dit :

– L’on m’a ordonné, ô cheik, de te remettre ceci, en te priant de le lire immédiatement. S’il y a une réponse, j’attendrai ton bon plaisir.

Ilderim concentra aussitôt son attention sur le pli que l’Arabe lui tendait. Le cachet en était brisé, l’adresse portait le nom de Valère Gratien, à Césarée.

– Qu’Abbadon l’emporte ! grommela le cheik en décou-vrant que la lettre était en latin.

Si elle avait été écrite en grec ou en arabe, il aurait pu la lire, tandis que la seule chose qu’il put déchiffrer ce fut la signa-ture de Messala, tracée en gros caractères romains. Ses yeux brillèrent, il s’écria :

– Où est le jeune Juif ?

– Dehors avec les chevaux, répondit un serviteur.

Le cheik replaça le papyrus dans son enveloppe qu’il glissa dans sa ceinture, après quoi il se remit en selle. À ce moment, un étranger, arrivant selon toute apparence de la ville, parut de-vant lui.

– Je cherche le cheik Ilderim, surnommé le Généreux, dit-il en s’avançant.

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Son langage et son costume étaient ceux d’un Romain. Si le vieil Arabe ne savait pas lire le latin, il le parlait, et il répondit avec dignité :

– Je suis le cheik Ilderim.

Les paupières du Romain se levèrent et s’abaissèrent rapi-dement.

– J’ai appris que tu avais besoin d’un entraîneur, dit-il avec un parfait sang-froid.

– Va ton chemin, s’écria Ilderim d’un air dédaigneux, j’en ai trouvé un.

Il rassemblait les rênes de son cheval et allait s’éloigner, quand le Romain, qui ne semblait pas disposé à partir, lui adressa de nouveau la parole.

– Cheik, je suis un grand amateur de chevaux, et l’on dit que les tiens sont les plus beaux de tout l’univers.

Il avait touché le point faible du vieillard, qui s’arrêta à ces paroles flatteuses ; il répondit cependant :

– Je te les montrerai un autre jour, aujourd’hui, je n’en ai pas le temps.

Il se mit en route pour rejoindre Ben-Hur tandis que l’étranger s’en retournait à la ville, le sourire aux lèvres. Il avait accompli sa mission. Dès lors, chaque matin, jusqu’au grand jour des courses, un individu, parfois même deux ou trois, se présentèrent devant le cheik sous le prétexte de chercher de l’emploi comme entraîneurs.

C’est ainsi que Messala surveillait Ben-Hur.

Le cheik eut bientôt atteint le champ où celui-ci faisait exercer ses chevaux, et assista avec une satisfaction évidente à leurs évolutions ; il remarquait surtout, avec un vif plaisir,

– 241 – l’ensemble parfait de leurs mouvements et l’égalité de leur al-lure, lorsque leur conducteur les amenait à donner toute leur vi-tesse.

– Cet après-midi, ô cheik, je te rendrai Sirius, dit Ben-Hur en caressant le cou du vieux cheval. Je te le rendrai et prendrai le char à sa place.

– Déjà ? s’écria Ilderim.

– Avec des chevaux comme les tiens, bon cheik, on obtient en un jour des résultats surprenants. Ils n’ont pas peur de moi, ils ont l’intelligence d’un homme et ils aiment l’exercice. Celui-ci, – il secouait les rênes du plus jeune des quatre étalons, – Al-débaran, je crois, est le plus rapide ; seul, il dépasserait au pre-mier tour tous ses camarades, de deux fois sa longueur.

Ilderim caressait sa barbe en clignant des yeux.

– Aldébaran est le plus rapide, dis-tu, lequel arriverait le dernier, à ton avis ?

– Celui-ci, – Ben-Hur désignait Antarès, – mais sois tran-quille, il ne se laissera pas distancer, je lui ferai donner chaque jour toute sa vitesse et au moment voulu, il égalera les trois autres. Je ne crains qu’une chose, cheik.

Le vieillard le regardait d’un air attentif.

– Dans sa soif de triomphe, un Romain ne saurait garder l’honneur sauf. Ils sont tous les mêmes, crois-moi, – leurs tri-cheries sont infinies ; dans les courses de char, leur fourberie s’étend à tout, du conducteur aux chevaux, des chevaux à leur propriétaire ; aussi, cheik, veille bien sur ce que tu possèdes, et d’ici au jour des courses ne permets pas qu’un étranger jette un coup d’œil sur tes chevaux. J’irai plus loin et je te dirai : fais-les garder jour et nuit par des hommes armés, ce n’est qu’à ce prix que je pourrai me sentir certain du résultat de la lutte.

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– Ce que tu me conseilles sera exécuté. Par la splendeur de Dieu, je te jure qu’aucune main autre que celle de mes fidèles serviteurs ne les touchera et que ce soir je mettrai des gardes à la porte de la tente, dit Ilderim, lorsqu’ils eurent quitté leurs montures. Mais, fils d’Arrius, ajouta-t-il, vois ce que je viens de recevoir et aide-moi à déchiffrer ce latin.

Il avait pris le pli caché dans sa ceinture et le tendit à Ben-Hur.

– Tiens, lis cette lettre à haute voix, en me traduisant son contenu dans la langue de tes pères : le latin est une abomina-tion.

Ben-Hur prit la lettre d’un air de bonne humeur, mais après avoir lu la suscription : « Messala à Gratien, » il s’arrêta et changea de contenance. Tout son sang semblait se précipiter vers son cœur. Son agitation n’échappa pas à Ilderim, qui lui dit :

– Continue, je t’écoute.

Ben-Hur s’excusa, puis il fit un violent effort pour recou-vrer son sang-froid et reprit sa lecture. Quand il fut arrivé à ces mots : « Je mentionne, toujours en procédant par ordre, le fait que tu disposas des différents membres de la famille des Hur…, » il s’arrêta de nouveau pour reprendre haleine, il pour-suivit cependant, mais la fin de la phrase lui fit tomber la lettre des mains.

– Elles sont mortes, mortes ! se disait-il, et je suis désor-mais seul au monde !

Le cheik le considérait avec sympathie ; il devinait que le contenu de cette lettre le faisait souffrir.

– Fils d’Arrius, lui dit-il, achève seul ta lecture et quand tu te sentiras de force à me la communiquer, tu me feras appeler.

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Il se leva et sortit, sans se douter qu’il n’avait jamais ac-compli une meilleure action.

À peine seul, Ben-Hur se jeta sur le divan et donna libre cours à sa douleur. Quand il se fut un peu calmé, il se rappela qu’il n’avait pas vu la fin de la lettre ; il la ramassa donc et reprit sa lecture… » Je ne résiste pas au désir de te demander si elles sont mortes ou vivantes… » Ben-Hur tressaillit, il relut ces pa-roles plusieurs fois de suite et poussa enfin une exclamation de joie.

– Il n’est pas bien sûr qu’elles soient mortes ! Béni soit le Seigneur, je puis avoir encore de l’espoir !

Il termina la phrase et alla, bravement, jusqu’au bout de la lettre, après quoi il appela le cheik.

– Lorsque j’arrivai à la porte de ta tente hospitalière, ô cheik, commença-t-il avec calme, quand l’Arabe eut repris sa place, mon intention n’était pas de te parler de moi, si ce n’est pour t’assurer que j’avais une habitude assez grande de l’entraînement, pour que tu pusses me confier tes chevaux et je me refusai à te raconter mon histoire ! Mais le hasard qui a fait tomber cette lettre entre tes mains est si étrange, que je me sens tenu de te mettre au courant de ce qui me concerne. J’y suis d’autant plus disposé que, d’après le contenu de ces lignes, j’apprends que nous sommes menacés par le même ennemi, contre lequel il est nécessaire que nous fassions cause com-mune. Je vais te lire cette lettre et je t’en fournirai l’explication, après quoi tu ne t’étonneras plus qu’elle m’ait causé tant d’émotion. Si tu m’as jugé faible ou lâche, tu m’excuseras quand tu sauras tout.

Le cheik écouta Ben-Hur en silence, jusqu’au paragraphe qui le concernait.

– Ah ! exclama-t-il d’une voix qui exprimait autant de sur-prise que de colère.

– 244 –

« Chez ce traître de cheik Ilderim, » répéta Ben-Hur.

– Traître ! moi ? cria le vieillard. Ses lèvres se contrac-taient, les veines de son front se gonflaient.

– Encore un moment d’attention, cheik, lui dit Ben-Hur, avec un geste suppliant. Telle est l’opinion que Messala a de toi, écoute maintenant la menace.

– À Rome ! moi, Ilderim, cheik de dix mille hommes de cheval, armés de lances, m’envoyer à Rome, moi !

Il bondit sur ses pieds, ses doigts recourbés comme des griffes.

– Ô Dieu ! – non, vous, tous les dieux, à l’exception de ceux de Rome, je vous le demande, quand cette insolence prendra-t-elle fin ? je suis un homme libre et libre est mon peuple. Fau-dra-t-il que nous mourions esclaves ? Ou, – ce qui serait pire encore, – devrai-je vivre pour ramper comme un chien aux pieds d’un maître ? Devrai-je lécher la main qui me frappera ? Ce que je possède ne m’appartiendrait plus, je devrais être livré, corps et biens, à un Romain ? Que ne suis-je jeune encore une fois, – que ne puis-je secouer de mes épaules vingt ans, ou dix ans – seulement cinq !

Il grinçait des dents et pressait sa tête entre ses mains, puis tout à coup, il saisit Ben-Hur par d’épaule.

– Si j’étais toi, fils de Hur, s’écria-t-il, si je possédais ta jeu-nesse, ta force, ton adresse et la moitié seulement des torts que tu as à venger, la moitié des souvenirs qui hantent ta mémoire, je ne voudrais, je ne pourrais demeurer un moment en repos. À tous mes propres griefs j’ajouterais ceux du monde entier et je me vouerais à la vengeance. Je m’en irais de pays en pays, sou-levant les populations sur mon passage. Aucun peuple ne cher-cherait à s’affranchir de Rome par la guerre, sans me compter au nombre de ses combattants. Je me ferais Parthe, faute de mieux, et si les hommes m’abandonnaient, je ne me déclarerais

– 245 – pas vaincu, non, par la splendeur de Dieu ! Je me joindrais aux troupeaux des loups, je ferais des tigres et des lions mes amis et je ne désespérerais pas de leur apprendre à dévorer l’ennemi commun. Toutes les armes me seraient bonnes, je ne demande-rais pas de quartier, je n’en accorderais pas davantage. Pourvu que mes victimes fussent des Romains, je prendrais plaisir à les torturer. Je les passerais par les armes et je vouerais aux flammes leurs propriétés. La nuit je prierais les dieux, les mau-vais, aussi bien que les bons, de me prêter le secours des maux les plus terribles, la tempête, la foudre, la chaleur, le froid, tous les poisons sans nom qui flottent dans les airs, toutes les choses innombrables qui font mourir les hommes, sur terre et sur mer. Je ne dormirais pas un instant, je – je…

Il s’arrêta hors d’haleine, en se tordant les mains. Ce flot de paroles passionnées avait passé sur Ben-Hur en lui laissant l’impression vague qu’il venait d’assister à un accès de rage trop intense pour s’exprimer d’une façon intelligible. Pour la pre-mière fois depuis bien des années, quelqu’un l’avait appelé par son nom. Il existait donc un homme qui le connaissait, cet homme était un Arabe du désert.

– Bon cheik, lui dit-il enfin, comment cette lettre est-elle tombée entre tes mains ?

– Mes gens surveillent les routes, aux abords des cités, ré-pondit Ilderim, ils l’ont enlevée à un courrier qu’ils ont arrêté.

– Sait-on que ces gens sont à toi ?

– Non. Ils passent pour des brigands et moi je suis sensé les poursuivre et les punir. Je t’ai dit ce que je ferais, si j’étais à ta place, continua-t-il, en remettant la feuille de papyrus dans son enveloppe, et tu ne m’as pas encore répondu.

– Ma réponse, la voici, cheik ! Tout ce que tu ferais si tu étais moi, je l’accomplirai, autant que cela sera en mon pouvoir. J’ai fait depuis longtemps de la vengeance le but de ma vie.

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Chaque heure des cinq années qui viennent de s’écouler a été remplie par cette pensée. Je ne me suis accordé aucun répit, je n’ai connu aucun des plaisirs de mon âge. Les séductions de Rome ne me touchaient pas, tout ce que je lui demandais, c’était de m’instruire en vue de la revanche. J’eus recours à ses maîtres les plus fameux, non pas, hélas ! à ceux de rhétorique et de phi-losophie, je n’avais pas de temps pour eux, et ce qu’il m’importait d’apprendre, c’était tout ce qui touche aux exercices corporels. Je fis ma société des gladiateurs et de ceux qui rem-portaient des prix dans le cirque, et ils m’initièrent à leur art. Les maîtres d’escrime qui m’acceptèrent pour élève furent bien-tôt fiers de moi. Ô cheik ! je suis soldat, mais avant de pouvoir réaliser mes rêves, il faut que je devienne capitaine. C’est dans ce but que je me suis joint à l’expédition contre les Parthes. Quand je reviendrai de cette campagne, si l’Éternel épargne ma vie et mes forces, le moment sera venu d’agir. Alors je serai ca-pable de combattre Rome d’après ses propres méthodes, et de faire payer à ses enfants les torts qu’elle a eus envers moi et en-vers mon peuple.

L’Arabe le prit dans ses bras et l’embrassa avec passion.

– Si ton Dieu ne te favorise pas, fils de Hur, lui dit-il, c’est qu’il est mort. Quant à moi je te promets, – je te le jurerai même, si tu le désires, – que tu peux compter sur mon secours, tout ce que je possède sera à ton service : mes mains pleines, mes hommes, mes chameaux, mes chevaux et le désert pour te préparer à la lutte. Assez, maintenant, il faut que je me rende à la ville. Tu me reverras, ou tu entendras parler de moi avant la nuit.

Là-dessus le cheik se détourna brusquement et sortit de la tente. Un instant plus tard il quittait le douar à cheval.

Resté seul, Ben-Hur s’en alla sous les palmiers, réfléchir à ce que la lettre interceptée venait de lui apprendre. Son contenu était, certes, pour lui, d’un intérêt capital. Il avait maintenant des preuves irrécusables de la complicité de Messala dans les

– 247 – malheurs de sa famille ; de plus, il était averti du danger qu’il courait.

Ses ennemis étaient rusés et puissants ; s’ils avaient peur de lui, il n’en avait que plus de raisons pour les craindre. Il s’efforçait de se rendre d’avance maître de la situation, mais il n’y parvenait pas, trop de pensées diverses l’agitaient pour qu’il pût la considérer avec sang-froid. Il éprouvait un bonheur bien naturel à se dire que sa mère et sa sœur vivaient encore, et il ne s’arrêtait pas à la pensée que l’assurance qu’il en avait, était, après tout, bien vague. Il savait qu’il existait un homme qui pourrait le renseigner à leur sujet et il reprenait espoir, comme s’il eût été tout près d’obtenir, enfin, ces nouvelles si ardemment désirées.

Ce qui dominait en lui, c’était le sentiment très vif et presque superstitieux que Dieu allait le mettre à part pour une œuvre spéciale, et qu’en ce moment même une seule chose lui était demandée : la patience et la foi.

Après le repas du milieu du jour, il se fit amener le char que les quatre chevaux devaient traîner, afin de se distraire un peu. Il l’examina attentivement et découvrit avec plaisir qu’il était construit d’après le modèle grec, qu’il préférait à celui en usage à Rome ; il était plus large, plus bas et plus fort, plus lourd aus-si, il est vrai, mais la vigueur remarquable des arabes obvierait sans peine à cet inconvénient.

Il alla ensuite chercher les chevaux pour les atteler, puis les conduisit au champ d’entraînement. Lorsqu’il rentra au douar, vers le soir, il avait recouvré un peu de calme et pris la résolu-tion de ne rien entreprendre contre Messala avant d’avoir gagné ou perdu la course. Il ne pouvait renoncer au plaisir de rencon-trer son ennemi aux yeux de tout l’Orient ; la pensée qu’il y au-rait d’autres compétiteurs en présence ne l’abordait même pas. Sa confiance dans le résultat final de la lutte était inébranlable ; il ne doutait ni de sa propre habileté, ni des moyens de ses

– 248 – quatre associés, comme volontiers il eut appelé ses superbes arabes.

– Qu’il vienne se mesurer à nous, disait-il en les caressant tour à tour. Qu’en dis-tu, Antarès, et toi, honnête Rigel ? N’apprendra-t-il pas à ses dépens ce que nous valons ? Qu’en penses-tu, Aldébaran, toi, le roi des coursiers ? Nous le bat-trons, Ataïr, nous le battrons, mes braves cœurs !

À la tombée de la nuit Ben-Hur vint s’asseoir à la porte de la tente, pour attendre Ilderim, qui n’était pas encore revenu de la ville. Soit que cela provînt de la satisfaction que lui avait cau-sée les progrès réalisés par les chevaux, ou du bain pris après son travail, ou simplement l’effet de la réaction qui se produit toujours chez un jeune homme après une crise d’abattement, sa disposition d’esprit était des meilleures. Il se sentait entre les mains d’un Dieu qui, après l’avoir longtemps éprouvé, allait se montrer favorable à ses desseins. Il entendit le bruit des sabots d’un cheval qui approchait rapidement ; un instant plus tard, Malluch s’arrêtait devant lui.

– Fils d’Arrius, s’écria-t-il, après avoir échangé les saluta-tions d’usage, je viens de la part du cheik Ilderim ; il te prie de prendre un cheval et de le rejoindre à la ville.

Ben-Hur se leva, sans faire de question, et se dirigea vers l’endroit où paissaient les chevaux.

Et bientôt Malluch et lui galopèrent sur la route d’Antioche. À une petite distance du pont de Séleucis ils passè-rent la rivière sur un bac, puis la traversèrent encore sur un autre et entrèrent enfin dans la ville, du côté de l’occident. Ils avaient fait un long détour, mais Ben-Hur ne s’en plaignait pas, il comprenait fort bien la raison de tant de précautions. Ils che-vauchèrent jusqu’à l’endroit où abordaient les vaisseaux de Si-monide, et quand ils furent arrivés devant la porte des entre-pôts, Malluch arrêta sa monture.

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– Nous voilà arrivés, dit-il, descends de ton cheval.

Ben-Hur reconnut aussitôt la maison.

– Où est le cheik ? demanda-t-il.

– Viens avec moi, je te conduirai.

Un homme veillait près de la porte ; il vint prendre leurs chevaux, et avant même que Ben-Hur fût revenu de son éton-nement, il entendait une voix lui crier :

– Entre, au nom de Dieu.

 

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