Ben-Hur

Lewis Wallace · Chapitre 4 sur 47

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Ben-Hur

Chapitre IV

 

 

C’était la troisième heure du jour, et un grand nombre de personnes avaient déjà quitté la place, située en dehors de la porte de Jaffa, à Jérusalem, qui, depuis les jours de Salomon, sert de lieu de marché. Cependant la foule qui l’encombrait ne diminuait guère, sans cesse de nouveaux arrivants venaient se joindre à elle. Parmi ceux-ci se trouvaient un homme et une femme, montée sur un âne.

L’homme se tenait debout à la tête de l’animal, qu’il con-duisait par la bride. Il s’appuyait sur un bâton et son costume, semblable à celui des Juifs du commun peuple, paraissait en-core presque neuf. Probablement le manteau qui encapuchon-nait sa tête et la robe qui recouvrait sa personne, de la naissance du cou jusqu’aux talons, étaient ceux qu’il mettait pour se rendre à la synagogue, les jours de sabbat. À voir son visage, on lui eût donné cinquante ans, supposition que ne démentaient point les fils blancs entremêlés dans sa barbe noire. Il regardait autour de lui de l’air à la fois curieux et indifférent d’un étranger et d’un provincial. L’âne mangeait tout à son aise une poignée d’herbe verte, qui se trouvait en abondance sur le marché, et ne paraissait pas s’occuper de la femme voilée et vêtue d’une robe de laine, de couleur sombre, qui se trouvait assise sur son dos. Au bout d’un moment, quelqu’un accosta l’homme, en lui di-sant : « N’es-tu pas Joseph de Nazareth ? »

– On m’appelle ainsi, répondit Joseph en se retournant lentement. Et toi ? – Ah ! que la paix soit avec toi, Rabbi Sa-muel.

– Et avec toi.

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Le Rabbi s’arrêta, regarda la femme et ajouta : « avec toi, avec ta maison et avec tous les tiens, soit la paix ! » Il plaça une de ses mains sur sa poitrine et s’inclina devant la femme, en prononçant ces dernières paroles. Elle écarta légèrement son voile, afin de le voir, et l’on put apercevoir le visage d’une jeune fille à peine sortie de l’enfance.

– Il y a si peu de poussière sur tes vêtements, reprit le Rab-bi, que j’en conclus que tu as passé la nuit dans cette cité de nos pères.

– Non, répondit Joseph, nous n’avons pu aller plus loin que Béthanie, où nous avons passé la nuit, et nous nous sommes remis en route au point du jour.

– Vous avez donc devant vous un long voyage. Vous n’allez point, cependant, jusqu’à Joppe, j’espère ?

– Seulement à Bethléem.

L’expression du Rabbi s’assombrit.

– Oui, dit-il, je comprends. Tu es né à Bethléem et mainte-nant tu t’y rends avec ta fille, pour y être enregistrés, ainsi que César l’ordonne. Les enfants de Jacob sont aujourd’hui comme étaient les tribus en Égypte, seulement ils n’ont plus ni Moïse, ni Josué.

Joseph répondit, sans changer de posture : « Elle n’est pas ma fille ». Le Rabbi ne fit pas attention à cette interruption et continua, poursuivant son idée :

– Que font les zélotes, là-bas, en Galilée ?

– Je ne suis qu’un charpentier et Nazareth est un village, dit Joseph, prudemment. Je n’ai pas le temps de m’occuper des querelles de parti.

 

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– Mais tu es Juif, dit le Rabbi, et de la lignée de David, il est impossible que tu prennes plaisir à payer une taxe autre que le schekel dû à Jéhovah.

Joseph resta silencieux.

– Je ne me plains pas du montant de la taxe, – un denier est une bagatelle – l’offense, c’est l’imposition. La payer, n’est-ce pas se soumettre à la tyrannie ? Dis-moi s’il est vrai que Juda prétend être le Messie – tu vis au milieu de ses disciples ?

– Je leur ai entendu dire qu’il l’est, dit Joseph.

À ce moment la jeune femme retira son voile et pendant un instant on put voir un visage d’une exquise beauté, sur lequel se lisait une intense curiosité.

– Ta fille est agréable à la vue, s’écria le politicien, oubliant ses préoccupations.

– Elle n’est pas ma fille, répéta Joseph, et voyant que sa cu-riosité était éveillée, il se hâta d’ajouter : Elle est la fille de Joa-chim et d’Anne de Bethléem, dont tu dois avoir entendu parler, car leur réputation était grande.

– Oui, dit le Rabbi respectueusement. Je les connaissais bien, ils descendaient en ligne directe de David.

– Ils sont morts à Nazareth, continua le Nazaréen. Joachim n’était pas riche, cependant il laissait une maison et un jardin, à partager entre ses deux filles, Marianne et Marie. Celle-ci en est une et la loi exigeait que pour conserver sa part de la propriété, elle épousât son parent le plus proche. Elle est ma femme.

– Tu étais ?

– Son oncle.

 

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– Et comme vous êtes tous deux de Bethléem, vous allez vous faire enregistrer tous deux par les Romains. Le Dieu d’Israël est vivant, la vengeance lui appartient !

Joseph, qui ne désirait pas continuer cette conversation, ne parut pas avoir entendu. Il rassembla l’herbe que l’âne avait dispersée autour de lui, puis reprenant sa bride, il tourna à gauche, et s’engagea sur la route de Bethléem. Silencieusement, tendrement, le Nazaréen veillait sur sa jeune femme, guidant sa monture le long du sentier mal tracé, intercepté ça et là par des branches d’oliviers sauvages, qui descend dans la vallée d’Hinnom. Ils avançaient lentement et quand ils commencèrent à remonter vers la plaine de Rephaïm, le soleil dardait en plein ses rayons sur eux. Marie enleva entièrement son voile, car il faisait chaud, et Joseph, qui marchait à côté d’elle, lui racontait l’histoire des Philistins, surpris autrefois par David en cet en-droit même.

La tradition nous a transmis un portrait charmant de la jeune femme qui se rendait ainsi dans la cité du roi pasteur. Elle n’avait pas plus de quinze ans, son visage était d’un ovale gra-cieux, son teint plus pâle que rosé, ses traits d’une régularité parfaite. De longs cils ombrageaient ses grands yeux bleus, et ses cheveux blonds, arrangés selon la coutume des mariées juives, atteignaient le coussin sur lequel elle était assise. À tous ces charmes s’en ajoutaient d’autres, d’une nature plus indéfi-nissable – surtout une expression telle que seule une âme pure peut la communiquer au visage. Souvent ses lèvres tremblaient, elle levait vers le ciel ses yeux bleus comme lui, puis elle croisait ses mains sur sa poitrine et semblait s’absorber en de muettes actions de grâce, ou encore elle paraissait écouter des voix mys-térieuses. De temps à autre Joseph interrompait son récit pour la regarder, et voyant son expression, il oubliait de quoi il par-lait et se prenait à songer.

Ils traversèrent ainsi la grande plaine et atteignirent, enfin, l’élévation de Mar Elias, d’où ils purent apercevoir Bethléem,

– 24 – dont une vallée les séparait encore. Ils trouvèrent celle-ci telle-ment encombrée de gens et d’animaux que Joseph, craignant de ne plus trouver de place pour Marie dans la ville, se hâta d’avancer, sans prendre le temps de saluer aucun de ceux qu’il rencontrait sur son chemin.

Les caravansérails de l’Orient ne sont souvent que de simples enclos, sans toit, même sans porte, placés en des en-droits où l’on trouve de l’ombre, de l’eau, et qui offrent quelques garanties de sécurité. Tels devaient avoir été ceux où s’arrêta Jacob, lorsqu’il se rendit en Padan-Aram, pour y chercher une femme. L’autre extrême était représenté par certains établisse-ments, situés principalement au bord des grandes routes qui conduisaient à des villes importantes comme Jérusalem ou Alexandrie, constructions princières, servant de monuments à la piété des rois qui les avaient fait construire, mais le plus fré-quemment c’était tout simplement la demeure d’un cheik, ou sa propriété, ou le quartier général d’où il gouvernait sa tribu, qui en tenait lieu. Loger les voyageurs constituait la moindre utilité d’un caravansérail de cette espèce, qui était tout à la fois une place de marché, une factorerie, un fort.

L’aménagement intérieur d’une de ces hôtelleries ne lais-sait pas que d’être singulier. Il ne s’y trouvait ni hôte, ni hôtesse, ni serviteur, ni cuisinier, ni cuisine. Seul, un intendant, qui se tenait à la porte, représentait le propriétaire et faisait respecter l’ordre. Les étrangers y séjournaient selon leur bon plaisir, sans avoir de compte à rendre à personne. Une des conséquences de ce système, c’est qu’il fallait apporter avec soi sa nourriture et ses ustensiles de cuisine, ou les acheter sur place, aux mar-chands établis dans l’enceinte du caravansérail. Il en était de même des lits et du fourrage pour le bétail. Tout ce que le pro-priétaire fournissait c’était l’eau, l’abri et la protection, et on les recevait gratuitement.

L’hôtellerie de Bethléem devant laquelle Joseph et Marie s’arrêtèrent appartenait à ce genre intermédiaire. Elle devait

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être la seule de l’endroit, qui ne possédait qu’un unique cheik. Joseph, bien qu’il fût né en cette ville, l’avait quittée depuis si longtemps qu’il ne connaissait plus personne à qui demander l’hospitalité. D’ailleurs le recensement pour lequel il revenait pouvait durer plusieurs semaines, même des mois, vu la prover-biale lenteur des autorités romaines en province, et il ne pouvait songer à imposer sa présence et celle de sa femme, pour un temps si long, à des amis ou à des parents. Sa crainte de ne pas trouver de place s’était accrue pendant qu’ils gravissaient la col-line, et son alarme fut grande lorsqu’il découvrit que la foule as-saillait la porte de l’hôtellerie et que dans l’enclos destiné aux animaux l’espace faisait déjà défaut.

– Je vais essayer de parler à l’intendant, dit Joseph, je re-viendrai le plus promptement possible.

L’intendant était assis sur un bloc de bois de cèdre, placé à côté de la porte, un javelot s’appuyait derrière lui à la muraille, un chien se tenait couché à ses pieds.

– Que la paix de Jéhovah soit avec toi ! lui dit Joseph.

– Que ce que tu me souhaites te soit rendu en une grande mesure ! répondit le gardien d’un ton grave et sans faire un mouvement.

– Je suis un Bethléémite, dit Joseph, n’y a-t-il pas de place pour moi ici ?

– Il n’y en a pas.

– Tu dois avoir entendu parler de moi, Joseph de Nazareth. Cette maison est celle de mes pères, je suis de la race de David !

Tout l’espoir de Joseph reposait sur ces paroles. Si elles restaient sans effet, il lui serait inutile d’essayer d’obtenir, même à prix d’argent, ce qu’il demandait. C’était une grande chose d’appartenir à la maison de Juda ; être de la maison de David, cela signifiait bien plus encore, cela constituait le titre

– 26 – d’honneur par excellence, aux yeux des Hébreux. Plus de mille ans avaient passé depuis le temps où le petit berger prenait la place de Saül et fondait une dynastie. Les guerres, les calamités de tout genre, avaient fait tomber ses descendants au niveau des plus humbles d’entre les Juifs ; ils devaient au travail le pain qu’ils mangeaient, mais leur généalogie représentait un privi-lège pieusement conservé. Ils ne pouvaient devenir des incon-nus au sein de leur peuple, où qu’ils allassent, on leur témoi-gnait un respect touchant à l’adoration.

S’il en était ainsi à Jérusalem, combien plus un membre de cette famille pouvait-il espérer trouver une place dans l’hôtellerie de Bethléem ! Joseph disait littéralement la vérité lorsqu’il prononçait ces simples paroles : « Ceci est la maison de mon père, » car c’était la maison même où commandait Ruth, femme de Booz, celle où naquirent Jessé et ses fils, dont le cadet fut David, celle où Samuel entra, cherchant un roi, et le trouva, celle que David donna à Barzillaï, le Galaadite, celle enfin, où Jérémie, par la force de la prière, rassembla les restes de son peuple, fuyant devant les Babyloniens. L’intendant se leva et dit respectueusement :

– Rabbi, je ne saurais t’apprendre quand cette porte s’est ouverte pour la première fois devant un étranger, mais, certai-nement, ce fut il y a plus de mille ans. Si, dès lors, jamais un homme de bien n’a été mis dehors, lorsqu’il s’est trouvé de la place, combien faut-il qu’il en manque pour que je dise non à un descendant de David ? Quand es-tu arrivé ?

– Tout à l’heure.

L’intendant sourit.

– Rabbi, la loi ne nous commande-t-elle pas de considérer l’étranger qui demeure sous notre toit comme un frère et de l’aimer comme nous-mêmes ?

Joseph restait silencieux.

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– Pourrais-je donc renvoyer ceux qui attendent une place depuis l’aube ?

– Qui sont ces gens ? demanda Joseph, pourquoi sont-ils ici ?

– Pour la même raison qui t’amène, sans doute, Rabbi : le dénombrement ordonné par César. En outre, la caravane allant de Damas en Arabie et dans la Haute-Égypte est arrivée hier. Ces gens et les chameaux que tu vois leur appartiennent.

– Je ne crains pas l’air de la nuit pour moi, dit Joseph en s’animant, mais bien pour ma femme. Elle ne peut rester de-hors. N’y a-t-il plus de place dans la ville ?

– Aucune, dit l’intendant qui paraissait réfléchir. Je ne sau-rais te renvoyer, Rabbi, dit-il tout à coup. Il ne sera pas dit que je t’ai laissé sur la route. Va-t’en promptement quérir ta femme, car le soleil baisse et la nuit approche.

Joseph obéit.

– Voilà celle dont je te parlais, dit-il quand il fut de retour auprès de l’intendant.

Celui-ci regarda Marie, dont le voile était levé.

– Des yeux bleus et des cheveux d’or, murmura-t-il. Ainsi devait être le jeune roi, lorsqu’il allait chanter devant Saül. Puis il ajouta, en prenant la bride de l’âne des mains de Joseph : « La paix soit avec toi, fille de David. »

Ils traversèrent lentement la cour pleine de monde et pri-rent un sentier qui se dirigeait vers un rocher crayeux, situé à l’ouest du caravansérail.

– Tu nous mènes à la caverne, fit observer Joseph.

Le guide, qui marchait à côté de Marie, se tourna vers elle.

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– La caverne à laquelle nous nous rendons, dit-il, a servi jadis de lieu de refuge à ton ancêtre David. Il y mit plusieurs fois ses troupeaux à l’abri et l’on assure que, devenu roi, il lui arriva d’y revenir avec une grande suite d’hommes et d’animaux. Les crèches existent encore, telles qu’elles étaient alors. Mieux vaut coucher sur le sol sur lequel il a dormi que sur celui des grands chemins. Mais voici la maison qui est construite devant la ca-verne.

Cette maison, étroite et basse, ne dépassait guère le rocher contre lequel elle était appliquée et servait uniquement de porte à la caverne.

– Entrez, dit leur guide, en l’ouvrant devant eux.

Ils se trouvèrent bientôt dans une grotte naturelle, ayant une quarantaine de pieds de long, douze ou quinze de large et environ dix de haut. La lumière, qui pénétrait au travers de la porte, permettait encore de distinguer, sur le sol inégal, des tas de blé, de foin, de paille, des ustensiles de ménage. Le long des parois se trouvaient disposées des crèches de pierre, assez basses pour que des brebis pussent y manger.

– Tout ce que vous voyez là, dit le guide, est destiné à des voyageurs comme vous. Prenez ce dont vous aurez besoin.

Se tournant vers Marie, il lui demanda si elle pensait pou-voir se reposer là. Elle répondit :

– Ce lieu-ci est un lieu saint.

– Je vous laisse. La paix soit avec vous. – Quand il les eut quittés, ils s’occupèrent à rendre la caverne habitable.

Or, vers minuit, celui qui veillait sur le toit de l’hôtellerie s’écria : « Qu’est-ce donc que cette lumière que je vois dans le ciel ? Éveillez-vous et regardez ! À demi éveillés, ceux qui l’entourèrent s’assirent, puis ils ouvrirent tout grands leurs yeux

– 29 – et demeurèrent comme frappés de stupeur. La nouvelle qu’il se passait quelque chose d’étrange se répandit autour d’eux. Ils voyaient au ciel une lumière qui semblait infiniment plus rap-prochée d’eux que celle des étoiles les moins éloignées. Elle éclairait obliquement la terre ; son sommet semblait n’être qu’un point, tandis que sa base s’étendait sur les montagnes, sur une longueur de plusieurs stades ; sur ses côtés elle allait se dé-gradant doucement, se confondant avec l’obscurité de la nuit.

Cela dura pendant quelques minutes, et chez ceux qui con-sidéraient ce phénomène extraordinaire, l’étonnement se chan-geait en crainte. Les plus timides tremblaient, les plus braves parlaient au souffle.

– Vit-on jamais chose semblable ? demanda quelqu’un.

– Je ne saurais dire ce que c’est, jamais je n’entendis parler de rien de pareil, répondit une voix. On dirait que cette lumière repose sur la montagne.

– Ne serait-ce point une étoile tombée du ciel ?

– Quand une étoile tombe, elle s’éteint.

– J’ai trouvé, moi ! Les bergers ont vu un lion et ils ont al-lumé des feux pour l’empêcher d’approcher du troupeau.

Les hommes debout à côté de celui qui venait de parler poussèrent un soupir de soulagement.

– C’est cela, c’est cela, dirent-ils, les troupeaux paissaient aujourd’hui dans cette direction !

Un des assistants ébranla leur assurance.

– Non ! non ! Quand même toutes les forêts de Juda brille-raient, elles ne projetteraient pas une lueur si intense, ni si haute.

 

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– Frères, exclama un Juif à l’aspect vénérable, ce que nous voyons maintenant, c’est l’échelle que notre père Jacob vit en songe. Béni soit l’Éternel, le Dieu de nos pères !

 

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