Ben-Hur

Lewis Wallace · Chapitre 41 sur 47

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Ben-Hur

Chapitre XLI

 

 

La première personne qui sortit de la ville après que la porte des brebis eut été ouverte, fut Amrah, son panier au bras. Les gardes ne lui adressèrent pas de questions : le jour ne pa-raissait point avec plus de régularité qu’elle ; ils savaient qu’elle était la fidèle servante d’une famille quelconque et cela leur suf-fisait.

Elle prit le chemin qui longe la vallée, à l’orient de la porte, passa à côté du jardin de Gethsémané et des tombeaux creusés près du carrefour formé par le point d’intersection de la route qu’elle suivait et de celle de Béthanie, puis elle traversa le village de Siloé et quand enfin, elle atteignit le jardin du roi, elle hâta le pas. Elle apercevait devant elle cette colline de Hinnom, dont les innombrables excavations offraient leur lugubre refuge aux lé-preux. Bientôt elle allait atteindre le tombeau d’où l’on dominait le puits d’Enroguel et que sa maîtresse habitait toujours.

Si matinale que fût l’heure, la malheureuse femme était dé-jà levée ; laissant Tirzah encore endormie, elle était sortie afin de respirer un peu d’air frais. La maladie avait fait de terribles progrès durant ces trois années, aussi s’enveloppait-elle habi-tuellement dans ses vêtements de manière que Tirzah elle-même ne pût voir son visage. Ce matin-là, elle avait découvert sa tête, sachant que personne ne se trouvait à proximité. La lu-mière, encore blafarde, permettait cependant de constater l’étendue des ravages causés par l’horrible mal.

Ses cheveux blancs retombaient autour d’elle en longues mèches raides, grossières comme du crin. Ses paupières, ses lèvres, ses narines et la chair de ses joues avaient entièrement disparu ou n’existaient plus qu’à l’état de lambeaux fétides. Son

– 410 – cou écaillé avait pris la couleur de la cendre, celle de ses mains qui pendait sur les plis de sa robe avait la rigidité d’un sque-lette ; les ongles étaient tombés, les jointures, là où l’os n’était pas mis à nu, n’offraient plus à la vue que des moignons de chairs tuméfiées. Son visage, son cou et sa main n’indiquaient que trop clairement ce que devait être le reste de son corps, et l’on comprenait que la veuve du prince Hur, dépouillée ainsi de sa beauté, n’eût pas eu de peine à conserver son incognito.

Elle savait que lorsque le soleil dorerait la crête du mont des Oliviers et du mont des Offenses, Amrah paraîtrait près du puits et qu’après avoir rempli sa cruche, elle viendrait la dépo-ser, ainsi que le contenu de son panier, sur une pierre placée à mi-chemin, entre le puits et le sépulcre. Cette visite était tout ce qui restait à l’infortunée de son bonheur d’autrefois. Elle pou-vait alors s’informer de son fils et la messagère lui communi-quait les moindres détails de ce qu’elle avait pu apprendre à son sujet. Bien souvent, les informations faisaient entièrement dé-faut, parfois aussi, quoique rarement, elle apprenait qu’il était de retour chez lui. Alors, elle s’asseyait devant la porte de sa lu-gubre demeure et de l’aube au milieu du jour, du milieu du jour à la nuit, drapée dans ses vêtements blancs, et aussi rigide qu’une statue, elle tenait ses yeux fixés sur le point précis de l’horizon où elle savait que se trouvait l’antique demeure tou-jours chère à sa mémoire, mais doublement chère quand son fils l’habitait. C’était là son unique joie. Elle considérait Tirzah comme une morte et quant à elle, elle attendait sa fin, car elle se sentait mourir lentement, d’une mort heureusement sans souf-france.

Rien autour d’elle n’était de nature à lui rappeler les dou-ceurs de la vie ; les oiseaux eux-mêmes fuyaient ce lieu, comme s’ils devinaient son histoire ; le vent qui passait sur les pentes de la montagne les brûlait dès les premiers jours de la belle saison et n’y laissait pas subsister la moindre trace de verdure. De quel côté qu’elle tournât ses regards, ils ne tombaient que sur des tombes fraîchement blanchies en l’honneur de la fête. Le soleil

– 411 – lui-même ne lui était pas un sujet de joie ; s’il n’était jamais ve-nu dissiper la nuit, elle aurait pu ignorer quel objet hideux elle était devenue elle-même, elle n’aurait pas été ramenée si cruel-lement au souvenir de la réalité quand elle s’éveillait, après avoir revu en rêve Tirzah dans tout l’éclat de sa grâce évanouie.

Tandis qu’elle restait là, peuplant la morne solitude de ses pensées plus tristes encore, elle vit tout à coup une femme des-cendre la colline à pas précipités. Elle se leva et recouvrit sa tête de ses linges, en criant d’une voix singulièrement rauque : souil-lée, souillée ! L’instant d’après, sans se soucier de ce cri d’alarme, Amrah tombait à ses pieds, et tout l’amour que la simple créature avait si longtemps contenu en elle-même se ré-pandait dans les baisers dont elle couvrait le bord des vêtements de sa maîtresse. En vain celle-ci cherchait-elle à s’y soustraire, elle comprit bientôt que le mieux était d’attendre la fin de ce pa-roxysme de tendresse.

– Qu’as-tu fait, Amrah ? dit-elle enfin, est-ce par cette dé-sobéissance que tu penses nous prouver ton affection ? Malheu-reuse ! Tu t’es perdue, – et lui, – ton maître, tu ne pourras ja-mais retourner auprès de lui !

Amrah se laissa tomber, en sanglotant, dans la poussière.

– Le ban de la loi est sur toi, maintenant ; tu ne peux pas rentrer à Jérusalem. Qu’allons-nous devenir ? Qui nous appor-tera du pain désormais ? Oh ! malheureuse Amrah, tu nous as perdues toutes les trois.

– Aie pitié, aie pitié de moi ! s’écria Amrah.

– Tu aurais dû avoir pitié de toi-même et de nous en même temps. Où devrons-nous nous enfuir ? Il n’y a plus personne pour venir à notre secours ? La main de l’Éternel ne s’était-elle donc point assez appesantie sur nous ?

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À ce moment Tirzah, éveillée par le bruit des voix, parut sur le seuil du tombeau. Elle offrait, à demi-vêtue comme elle l’était, un aspect hideux, dans sa pâleur livide, avec sa peau écaillée, ses yeux à moitié morts, et ses membres enflés. Per-sonne n’aurait pu la reconnaître dans cette grotesque appari-tion.

– Est-ce Amrah, mère ?

La vieille servante essaya de ramper jusqu’à elle.

– Arrête, Amrah ! s’écria la mère, je te défends de la tou-cher. Lève-toi et va-t’en avant que personne t’ait vue. Non, il est déjà trop tard. Il faut que tu restes avec nous et que tu partages notre sort. Lève-toi, te dis-je.

Amrah se leva sur ses genoux et balbutia en joignant les mains :

– Ô ma bonne maîtresse ! Je ne suis pas coupable, – je t’apporte de bonnes nouvelles !

– Des nouvelles de Juda ? dit la veuve en entr’ouvrant son voile.

– Il existe un homme étrange, poursuivit Amrah, il possède le pouvoir de guérir. Il dit un seul mot et les malades sont ren-dus à la santé, les morts eux-mêmes reviennent à la vie. Je suis venue ici pour te conduire vers lui.

– Pauvre Amrah ! murmura Tirzah d’un ton plein de com-passion.

– Non, cria Amrah qui comprenait la signification de cette exclamation, non, aussi vrai que l’Éternel est vivant, le Dieu d’Israël, qui est aussi le mien, je dis la vérité. Venez avec moi, je vous en supplie, ne perdez pas de temps. Ce matin même, il pas-sera près d’ici en se rendant à la ville. Voyez, le jour est près de paraître. Prenez le pain que voici, mangez-le vite et partons.

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La mère semblait suspendue aux lèvres de la vieille esclave. Peut-être avait-elle déjà entendu dire quelque chose de cet être merveilleux dont la renommée s’était, à cette heure, répandue dans tout le pays.

– Qui est-il ? demanda-t-elle.

– Un homme de Nazareth.

– Qui donc t’a parlé de lui ?

– Ton fils.

– Juda ! est-il à la maison ?

– Il est arrivé la nuit dernière.

– Et c’est lui qui t’a envoyée vers nous ?

– Non, il vous croit mortes.

– Il y eut une fois un prophète qui guérit un lépreux, mais il tenait sa puissance de Dieu, murmurait la veuve, puis elle ajouta tout haut : Comment mon fils sait-il que cet homme peut faire ce miracle ?

– Il voyageait avec lui, et il a vu les lépreux l’appeler et s’en retourner guéris. Il y en a eu un d’abord, puis dix et tous furent nettoyés.

Elle demeurait silencieuse, songeant à ce que sa fidèle ser-vante venait de lui apprendre, et s’efforçant de croire à la puis-sance de cet homme mystérieux. Elle ne mettait pas en question la réalité des guérisons dont son fils avait été le témoin, mais elle se demandait de qui il tenait le pouvoir d’accomplir de pa-reils miracles. Ses doutes et ses hésitations furent toutefois de courte durée et elle s’écria :

– Tirzah ! ce doit être le Messie !

 

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Elle parlait comme une femme israélite à qui les promesses faites par Dieu à sa race étaient familières et dont le cœur écla-tait de joie à la seule pensée de la réalisation possible de ces promesses.

– Il fut un temps où Jérusalem et toute la Judée retentirent du bruit de sa naissance. Je m’en souviens encore. Celui dont on parlait alors doit être un homme maintenant. Oui, Amrah, nous irons avec toi.

Tirzah commençait à partager la confiance des deux femmes, qu’un seul souci troublait maintenant. Amrah disait que cet homme devait venir de Béthanie, mais trois routes con-duisaient de cette bourgade à Jérusalem, ou plutôt, trois sen-tiers : l’un passait par le mont des Oliviers, l’autre le contour-nait, le troisième enfin suivait le vallon le séparant du mont des Offenses. Ils n’étaient pas bien distants les uns des autres, assez pourtant pour que les deux infortunées courussent le risque de manquer le passage du Nazaréen.

La mère se convainquit bientôt qu’Amrah ne connaissait absolument pas la contrée qui s’étendait au-delà du Cédron, et qu’elle ne savait pas davantage quels étaient les projets de l’homme à la rencontre duquel elles désiraient se rendre ; elle comprenait également qu’Amrah et Tirzah comptaient se laisser guider par elle, et elle accepta tacitement cette charge.

– Allons d’abord à Bethphagé, leur dit-elle, si la faveur du Seigneur est avec nous, nous apprendrons là de quel côté nous devrons nous diriger ensuite.

Elles descendirent la colline jusqu’au jardin du roi, puis elles s’arrêtèrent au bord de la route tracée par les pas des voya-geurs au cours des siècles.

– J’ai peur de ce chemin, dit la matrone, il vaut mieux pour nous que nous nous faufilions entre les rochers et les arbres. Il y à une fête à Jérusalem et j’aperçois là-bas, sur les collines, une

– 415 – grande multitude. Si nous traversons le mont des Offenses, nous l’éviterons peut-être.

Tirzah, qui jusque-là avait marché avec peine, sentit son courage faiblir à l’ouïe de ces paroles.

– Le mont est escarpé, mère, je ne pourrais le gravir.

– Rappelle-toi que nous allons retrouver la santé et la vie. Regarde, ma fille, comme le jour se lève radieux, et puis ne vois-tu pas ces femmes qui viennent de notre côté, pour se rendre au puits ? Si nous restons ici, elles nous jetteront des pierres. Viens, fais un effort, il le faut.

C’est ainsi qu’elle s’efforçait, bien qu’elle souffrît elle-même mille tortures, d’encourager sa fille. Amrah aussi vint au secours de Tirzah ; jusqu’alors elle n’avait pas touché les deux affligées et celles-ci n’y auraient pas consenti, mais maintenant, sans te-nir compte du danger qu’elle courait, ni des protestations de Tirzah, elle passa son bras autour des ses épaules en lui disant :

– Appuie-toi sur moi. Je suis forte, bien que je sois vieille. – Maintenant tu pourras avancer.

Quand enfin elles s’arrêtèrent au sommet de la montagne, et qu’elles virent devant elles le Temple et ses terrasses, Sion et ses tourelles, la mère sentit l’amour de la vie s’éveiller en elle.

– Regarde, Tirzah, s’écria-t-elle, comme le soleil fait reluire les plaques d’or de la belle porte ! Te souviens-tu du temps où nous avions coutume de nous y rendre ? Que ce sera beau de pouvoir le faire encore ! Et songe donc que notre maison n’est plus bien loin de nous ; il me semble l’apercevoir au-dessus du toit du lieu très saint, et Juda sera là pour nous recevoir !

Elles reprirent bientôt leur marche ; le soleil, déjà haut au-dessus de l’horizon, les avertissait de la nécessité de se hâter, mais malgré tous les efforts d’Amrah pour soutenir Tirzah, qui chancelait à chaque pas, la pauvre fille s’affaissa sur le sol,

– 416 – quand elles eurent atteint le chemin qui passait entre le mont des Offenses et celui des Oliviers.

– Va-t’en seule avec Amrah, mère, et laisse-moi ici, dit-elle d’une voix faible.

– Non, non, Tirzah. À quoi me servirait d’être guérie si tu ne l’étais pas ? Quand Juda s’informera de toi, que lui répon-drais-je si je t’avais abandonnée ?

– Tu lui diras que je l’aimais.

La veuve, après s’être penchée vers Tirzah, se releva avec le sentiment poignant que l’espoir un instant entrevu lui échap-pait. La joie suprême qu’elle éprouvait à la seule pensée de la guérison était inséparable de la personne de Tirzah, qui n’était pas encore trop âgée pour ne pouvoir oublier, une fois rendue au bonheur et à la santé, les années de souffrance et de misère qui l’avaient réduite à l’état où elle était maintenant. Au mo-ment où la vaillante femme s’en remettait à Dieu du soin de l’entreprise qu’elle désespérait de mener à bien elle-même, elle vit un homme s’avancer rapidement de leur côté.

– Courage, Tirzah, s’écria-t-elle, voici quelqu’un qui, j’en suis certaine, pourra nous parler du Nazaréen.

Amrah aida la jeune fille à s’asseoir et la soutint pendant que l’homme approchait.

– Tu oublies qui nous sommes, mère. Cet étranger fera un détour pour nous éviter. Peut-être nous lancera-t-il une malé-diction.

– Nous verrons.

Elle n’aurait pas osé répondre autre chose, car elle aussi savait à quoi les membres de la classe à laquelle elles apparte-naient pouvaient s’attendre de la part de leurs compatriotes. L’étranger ne se détourna cependant pas de son chemin, jusqu’à ce qu’il fut arrivé assez près d’elle pour entendre le cri qu’elle

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était tenue de pousser. Alors, toujours pour obéir à la loi, elle découvrit sa tête et s’écria d’une voix perçante : souillée, souil-lée ! À son inexprimable surprise, l’homme continua d’avancer.

– Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-il en s’arrêtant à quelques pas d’elles.

– Tu vois ce que nous sommes, prends garde à toi, dit la mère avec dignité.

– Femme, je suis le messager de celui qui n’a qu’à adresser une parole à ceux qui sont semblables à toi, afin qu’ils soient guéris. Je n’ai pas peur.

– Tu parles du Nazaréen ?

– Je parle du Messie, répondit-il.

– Est-il vrai qu’il doive se rendre à la ville aujourd’hui ?

– Il est déjà à Bethphagé, et il va passer par ici.

Elle joignit ses mains dans un élan de reconnaissance et, leva ses yeux vers le ciel.

– Que crois-tu qu’il soit ? lui demanda cet homme avec un accent de pitié.

– Le fils de Dieu ! répondit-elle.

– Reste ici, ou plutôt, comme une grande foule l’accompagne, place-toi près de ce rocher blanc, là-bas, sous cet arbre, et quand il passera, ne manque pas de l’appeler ; appelle-le et ne crains rien. Si ta foi ne faiblit pas, il t’entendra, quand même le tonnerre ébranlerait le ciel. Je m’en vais dire à Israël, assemblé aujourd’hui aux abords de la cité elle-même, qu’il va arriver, afin qu’on prépare tout pour le recevoir. La paix soit avec toi et avec ta fille !

– L’as-tu entendu, Tirzah ? L’as-tu entendu ? Le Nazaréen est en route, il va passer et il nous entendra. Fais encore un ef-

– 418 – fort, mon enfant, un seul ; il n’y a plus qu’un pas à faire pour at-teindre ce rocher.

Tirzah prit la main d’Amrah et se leva, mais au moment où elles allaient se mettre en marche, la vieille femme s’écria : « Voilà cet homme qui revient » ; aussitôt elles s’arrêtèrent pour l’attendre.

– Femme, dit-il, quand il fut près d’elle, la chaleur du jour sera dans son plein avant que le Nazaréen passe, et comme il me sera possible de me procurer dans la cité tout ce dont j’aurai be-soin, j’ai pensé que je ferais mieux de te laisser cette eau ; elle te sera plus utile qu’à moi. Bois-la et prends courage.

Il tenait une de ces gourdes pleines d’eau, que les voya-geurs traversant les montagnes à pied avaient coutume d’emporter, et au lieu de la poser à terre à une certaine distance des deux lépreuses, il la plaça dans les mains de la mère.

– Es-tu Juif ? lui demanda-t-elle avec étonnement.

– Je le suis, mais ce qui vaut mieux encore, je suis disciple du Christ. Il nous apprend tous les jours, par ses paroles et son exemple, à agir comme je viens de le faire. Le monde connaît depuis longtemps le mot de charité, mais il en ignore la signifi-cation. Femme, prends courage, que la paix soit avec toi !

Quand il se fut éloigné, elles gagnèrent lentement le rocher qu’il leur avait indiqué. De là elles ne pouvaient manquer de voir tous ceux qui passeraient sur la route. Elles s’assirent à l’ombre de l’arbre et burent l’eau contenue dans la gourde. Un instant plus tard, Tirzah dormait. Sa mère et Amrah se turent, de crainte de l’éveiller.

 

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