Boris, 1985
25 mars 2019
En Patagonie je pense à toi, Boris.
Même si tu n’es pas venu jusque-là, tu es allé marcher dans d’autres bouts du monde.
Je vis ces pas dans la nature sauvage comme un recueillement. Un soin pour nos âmes.
En rentrant du parc naturel Torres del Paine où nous avons passé la journée, ébahies sous les condors, extasiées près des cascades, impressionnées par les avalanches, amusées par les guanacos, en rentrant, tout à coup mon amie Aurélie s’écrie, là, un puma !
La voiture s’immobilise et nous nous passons les jumelles dans un état d’excitation intense. Il est là. Altier, contemplatif, son regard de fauve me rentre dans l’os. C’est un élargissement. Son regard rend le mien plus vaste. Comment oublier pareille rencontre ? Quelque chose est bougé dedans, je le sens dans mes entrailles. Même de loin, même à travers le viseur de l’appareil photo et les jumelles, il court dans mon corps, ce regard de grand fauve, il éveille en moi une chair de poule ancienne. Une histoire de proie et de prédateur, une histoire d’ancêtres communs. Le nom «puma» vient d’un mot quechua «Kay Pacha» qui signifie «le monde des vivants».
OceanofPDF.com