Boris, 1985
31 janvier 2019
Message de Veronika :
Chère Douna,
Mon mari David a eu une légère attaque. Il est en train de se rétablir mais il ne pourra pas vous parler cette semaine.
C’était très gentil de la part d’Olga de prendre des photos lors de notre rencontre, mais ma vanité m’a envoyé chercher mes photos de l’époque où je connaissais Boris !
J’ai été surprise d’en trouver quelques-unes d’un voyage dans le New Hampshire. J’avais complètement oublié que nous y étions allés. Une fois pendant ses vacances d’hiver, une fois en été. Cela pourrait être l’année 1983. J’ai l’air heureuse, il devait avoir son air habituel, mais il n’y a pas de photos de Boris.
Dois-je les déposer chez vous ? J’ai aussi un petit cadeau pour vos filles. Faites-moi savoir quand c’est le bon moment. Merci de vous être lancée dans ce projet !
Veronika
Veronika m’a raconté leur rencontre dans un salon. Le salon de la famille Kac, toujours empli d’amis russes passionnés des mathématiques. Elle avait repéré ce grand silencieux, solitaire et jovial à la fois. Et lui et elle ne s’étaient pas tout de suite parlé. Les deux étaient des timides dans l’approche. Il fallait d’abord se regarder de loin. Mais une fois le dialogue amorcé, il a duré des années. Veronika était divorcée depuis peu, et Boris, on ne lui a jamais connu d’idylle.
Il enseignait à Penn State University à ce momentlà. Les deux se voyaient donc rarement, lorsque Boris venait à Boston durant ses congés. Mais leurs entrevues étaient intenses.
Boris n’écrivait pas, ne téléphonait que pour dire, j’arrive dans deux jours et pour rien au monde, ces années-là, Veronika n’aurait manqué l’occasion de voir son ami.
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