Boris, 1985
28 mars 2019
La Patagonie m’élargit,
ces ciels immenses qui semblent avaler le sol. Elle m’affranchit de toute sordide mémoire, son vent à retourner les aigles. La Patagonie me laisse libre
elle lave mes pensées, aère mes veines, renforce mes jambes. Un jour nous faisons une marche de deux heures. Je ne sais pas si je tiendrai jusqu’au bout. Sans béquilles et sur un sentier de terre glissante. Les pierres roulent, ça grimpe vers un col surplombant des lacs. Mais oui, je vais jusqu’au bout et cela me remplit de joie. Mon corps fourmille dans la lente marche. La pluie accompagne nos derniers pas, je savoure le repos après une douche chaude et le repas d’avocat et de pain. Les nuits me lavent. Quand je sors de la petite maison à Puerto Natales et que le ciel est une fresque bleue de noir et de lumières jetées qui semblent picorer la voûte.
Je sens un apaisement profond.
Je te comprends, Boris, ton besoin si pressant de partir, d’aller dans le vif sauvage, dans l’indompté des paysages.
Je te comprends. Je te salue.
Autre rencontre qui m’émerveille en Patagonie, les dauphins. Observés plusieurs fois, de si près que mon coeur saute. Là les dauphins. Libres dans l’eau. Là.
Impression de pouvoir les toucher.
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