Boris, 1985

Douna Loup · Chapitre 52 sur 53

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Boris, 1985

Avril 2020

 

Je renonce à y voir clair.

Ou plutôt, j’arrête de chercher dans tous les sens. De tourner en rond. Les questions sur la disparition de Boris semblent sans fin. Y a-t-il des anciens colons en Allemagne qui savent quelque chose ? Des anciens policiers en prison au Chili qui pourraient parler ? Peut-on retrouver Oscar Tapia Duran et comprendre pourquoi ce détective a travaillé avec la Colonia ?

Je dois faire un constat, ceux qui savent ne parlent pas. Et les questions ouvrent d’autres questions, elles appellent à prendre du recul.

C’est difficile de lâcher.

Mais je ne veux pas ressasser ma colère sans fin, je veux digérer ce parcours, laisser reposer, être en paix.

Ce sont des hommes qui ont fait disparaître Boris et ces hommes sont peut-être encore en vie aujourd’hui. Ils vivent avec cette mémoire en eux. Et ils ne parlent pas. Et nous, nous devons apprendre à vivre en paix avec la blessure, le silence.

Je suis admirative de la force d’Olga, ces trois années m’ont éprouvée, je comprends aujourd’hui comme il est difficile une fois impliquée dans cette quête de renoncer à savoir. En réalité on ne renonce jamais. Mais on peut se mettre en veille, être en perpétuelle alerte n’est pas vivable sur le long terme.

«Mais c’est mon frère, répète Olga, comment faire autrement ?»

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