Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)
Chapitre 13
13
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Gabby
Une fille, ça peut se tromper, aussi.
Car Rider Kingston ne m’écrit pas de gaieté de cœur, oh non.
À : GabbyGabs@LoneStar.edu
De : EasySexyRider@gmail.com
Ça t’ennuierait de débloquer mon numéro ? J’ai besoin de T’APPELER. Je peux t’attendre devant chez toi, sinon.
P.S. : Tu avais oublié que j’avais un charme aussi redoutable, hein ? 😉
À : EasySexyRider@gmail.com
De : GabbyGabs@LoneStar.edu
On se calme. PAS LA PEINE DE GUEULER, OK ? J’ai oublié de te débloquer, c’est tout. Je suis au travail, donc ça attendra que je rentre. Si c’est au sujet du résultat des tests, je ne les ai toujours pas.
P.S. : Tu as dû me confondre avec une autre, je ne me souviens pas spécialement que tu aies du charme.
Faux. Faux et archi-faux. Je ne m’en rappelle que trop bien.
Ce mail suffira peut-être à ce qu’il me lâche la grappe. Je ferai n’importe quoi pour éviter d’avoir à lui parler de vive voix ou par téléphone. Garder mes distances m’a permis de ne pas perdre de vue mes priorités. Surtout, qu’il ne s’imagine pas que je vais tout plaquer pour l’aider, contrairement aux autres femmes qui l’entourent.
Une seconde plus tard, un nouvel email. Je lève les yeux au ciel. Sans surprise, Rider me répète qu’il a besoin de me parler.
Quel relou.
Je me dépêche de faire disparaître mon téléphone et de plaquer un sourire sur mon visage. M. Barstow, le principal-adjoint de l’Archer Academy, vient de surgir dans la salle de reprographie où je mets en page une présentation destinée à la réunion du conseil d’administration, qui a lieu ce soir.
Je m’apprête à lui proposer mon aide quand il aboie :
— Il me faut deux cents exemplaires, recto-verso, et plus vite que ça !
Il pose l’original sur le comptoir, bam, et repart aussitôt.
Mon sourire s’efface.
— Bien sûr. Sans aucun problème. Et pas la peine de dire merci, hein.
Hélas, cette scène est à l’image de ce que je vis ici. Le personnel est désagréable, les élèves sont super exigeants, et le travail est ennuyeux. Moi qui espérais partager mes cours sur Arthur Miller avec mes collègues enseignants et discuter littérature autour d’un café légèrement trop clair… Chaque heure passée en ces lieux m’éloigne un peu plus de ce doux rêve.
Tout en essayant de me motiver, je marche vers les bureaux de la direction pour y déposer mes photocopies quand un gamin déboule d’un couloir et me rentre dedans. Le choc m’éjecte au sol et ma pile de feuilles vole autour de moi.
— Oh ! merde. Désolé, hein !
Ce petit con se barre en courant sans même m’offrir un coup de main.
Moi qui ai toujours cru que j’adorerais travailler dans un lycée.
Quelques minutes plus tard, je frappe à la porte de M. Barstow. Et qui vois-je en entrant ? Miranda, le plan cul favori de Rider, assise sur une commode. De mieux en mieux, cette journée…
C’est une blonde platine avec des dents d’une blancheur aveuglante qui contraste avec sa peau étonnamment bronzée. Ces petits artifices mis à part, elle est sublime. Elle est même si séduisante que je me sens bête d’avoir cru que je pouvais intéresser Rider. Car les filles avec qui il couche sont d’une beauté peu commune. Et je n’ai pas la prétention de me ranger dans cette catégorie.
Non, je n’ai aucun problème de confiance en moi. D’accord, mon passé d’enfant placée demeure un souvenir douloureux, mais j’essaie de ne pas y songer. Je connais mes points forts et être une bombe sexuelle n’en fait pas partie. Je suis une intellectuelle et fière de l’être. Une fille ordinaire, avec un petit côté bibliothécaire renfrognée. Je préfère rester chez moi avec un bouquin plutôt que faire la fête. J’assume complètement.
N’empêche qu’il n’est pas dans mes habitudes de faire l’autruche. Je comprends pourquoi cette fille est sur la liste des conquêtes potentielles de Rider et pas moi. Il joue dans une autre catégorie, et j’aurais tort de l’oublier.
De toute évidence, la voilà, la raison pour laquelle il n’a jamais essayé de coucher avec moi.
À en juger par les grands yeux de Miranda, elle est plutôt surprise de me voir. La réciproque est vraie.
Nous n’avons jamais été officiellement présentées, mais je suis quasi sûre que Rider m’a larguée pour s’envoyer cette fille, en première année.
Je m’éclaircis la gorge et dis :
— Euh… bonjour, je cherche M. Barstow. J’ai ses photocopies.
Sans me prêter la moindre attention, elle s’exclame :
— Papa !
Je grimace. Non, impossible, j’ai dû mal entendre…
Génial. Il ne manquait plus que ça. Je bosse pour le père de cette meuf.
Le principal adjoint sort de la pièce attenante.
— Miranda, je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça.
En me voyant, il me désigne son bureau.
— Posez ça là. Merci.
Ah, un minimum de politesse, ça fait plaisir.
Il s’en va aussi vite qu’il est venu. Me voilà à nouveau seule avec Miranda, qui me détaille attentivement. Je songe à la tenue que je porte en ce moment et… oh merde, j’ai pris un marqueur noir pour cacher les éraflures sur mes chaussures. Une astuce toute simple que j’ai piquée à Pretty Woman. Merci Julia Roberts. Mais vu la manière dont Miranda regarde mes pieds, j’ai peur qu’elle l’ait repéré. La honte.
— Tu saignes.
Elle désigne mes jambes. Du sang coule le long de mon genou.
Oh. Je baisse la tête et laisse échapper un soupir.
— Ce n’est rien, un gamin m’est rentré dedans.
— Tu devrais nettoyer tout ça avant que mon père s’en aperçoive, réplique-t-elle avec une grimace. Il va flipper, sinon. Au moindre souci de « fluides corporels », il faut rédiger un rapport.
Je hoche la tête. C’est vrai que j’avais lu un truc là-dessus dans la paperasse que j’ai dû remplir au moment de mon embauche.
Brusquement, le portable de Miranda sonne et j’espère profiter de cette diversion pour m’éclipser lorsqu’elle lève le doigt.
Elle veut que j’attende, pourquoi ?
Elle répond au texto puis plante ses yeux dans les miens.
— Ta tête me dit quelque chose. D’où est-ce qu’on se connaît ?
Évidemment, elle n’a pas la moindre idée de qui je suis alors que moi, je ne peux pas oublier qui elle est pour Rider.
Lentement, je tente :
— Je ne sais pas.
Autant laisser Rider hors de l’équation. Aborder des sujets explosifs sur mon lieu de travail ? Mauvais plan.
— On s’est peut-être croisées sur le campus.
— Hum.
La manière dont elle plisse les yeux me stresse.
Après un silence pesant, je m’apprête à m’en aller.
— Bon, il faut que je m’y remette, alors…
Avant que je puisse finir ma phrase, la porte s’ouvre derrière moi et un immense sourire s’étire sur le visage de Miranda.
— Chaton, je suis trop contente que tu aies pu venir me chercher !
En me retournant, je tombe nez à nez avec le mec que j’ai essayé d’éviter pendant toute la semaine.
Et il est là pour Miranda. Comme toujours.
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