Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 16

16

 

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Gabby

Rider a les cheveux plaqués sur le crâne à force d’avoir passé les dix dernières minutes la tête dans les mains. Il est sous le choc, ça crève les yeux.

Ses potes tâchent de le réconforter en lui tapant dans le dos, mais je ne suis pas sûre qu’il s’en rend compte.

Bree m’interroge du regard. Je hausse les épaules.

Je suis censée faire quoi ? La situation était différente quand Poppy risquait d’être la fille de mon frère, mais là ? J’ai proposé mon aide avant de leur donner les résultats car ils avaient tous l’air à deux doigts de craquer nerveusement, mais Rider acceptera-t-il la main que je lui tends ?

En plus, Miranda aura sûrement son mot à dire. Vu la façon dont elle l’a accueilli au lycée tout à l’heure, ils ne se contentent pas de coucher ensemble de temps à autre.

J’ai été bête de croire que ses excuses du week-end dernier signifiaient quelque chose.

Bah, ça n’aurait strictement rien changé. C’est ce que je me répète constamment.

N’empêche que ce sentiment de déception ne m’a pas lâchée de toute la soirée. C’est bien le signe que je ne suis pas aussi détachée que j’aimerais l’être.

Ben se lève et traverse la pièce.

— Merci de nous avoir aidés toute cette semaine, dit-il en venant vers moi. Au moins, tu n’as plus à t’inquiéter pour cette histoire de bébé.

Il marque une pause avant de se frotter la nuque.

— Désolé que les choses soient devenues si bizarres entre nous.

Je hoche la tête. Des excuses ? Voilà qui est inattendu. Même s’il ne m’explique pas pourquoi il a été aussi distant, ces quelques mots sont déjà une victoire. Une tape amicale dans le dos de Rider et il s’engouffre dans l’escalier menant à l’étage.

Tank et Bree échangent tout bas en regardant Rider toutes les deux secondes. Ils n’ont pas l’air de vouloir le faire revenir sur terre.

Bien.

Il est le père d’une petite fille, maintenant. Ce n’est pas comme s’il avait le choix.

Sauf s’il souhaite l’abandonner.

Cette idée me donne des frissons. Il ne ferait pas ça, quand même ? D’accord, des tas de gens se séparent de leurs enfants pour qu’ils soient adoptés, mais Poppy est tellement adorable. Et Rider a beau n’être qu’un étudiant fauché, il sera bientôt engagé dans une équipe de la NFL, mince ! L’avenir lui tend les bras. Cette enfant sera à l’abri du besoin d’ici quelques mois, il voudra forcément la garder !

Tu dois le convaincre.

Je me demande comment faire, mais une autre voix résonne dans ma tête. Ça ne te concerne pas, Gabriela ! Absolument pas !

Mais si aider Rider évite à Poppy d’être confiée aux services sociaux ? Si ça lui permet de rester ici, entourée de notre amour à tous ? Je pourrais veiller sur elle et m’assurer qu’elle ne manque de rien.

À en croire Bree, Rider a passé la semaine à échapper à ses tours de baby-sitting, il n’a pas eu la possibilité de faire connaissance avec elle, contrairement à nous.

Il fallait s’y attendre de la part du capitaine de l’équipe de football, le joueur star, le petit prince de Charming en personne. Les gens se plient en quatre pour lui. Il paraît qu’au printemps dernier, une cohorte de nanas ont pris des notes à sa place pendant les cours. Le pauvre chéri s’était légèrement foulé le poignet. C’est du délire, non ?

Il est temps qu’il se réveille.

Avant de me raviser, je récupère le bébé et vais m’asseoir à côté de Rider.

— Tu veux la prendre ? Elle ne te mordra pas, je t’assure. Et si elle le fait, ça ne fera pas mal vu qu’elle n’a pas de dents.

Ça ne lui arrache même pas un sourire. La détresse qui se lit sur son si beau visage me donne envie de le serrer dans mes bras.

Tout l’agacement qu’il m’inspire s’évanouit.

Il n’est peut-être pas capable de mettre des mots sur ce qui le traverse, là, maintenant, mais je pourrai toujours l’épauler jusqu’à ce qu’il ait la situation bien en main.

Jusqu’à ce qu’il puisse se passer de moi.

Pour une raison qui m’échappe – ou que je ne souhaite pas comprendre –, ce constat ne m’aide pas à aller mieux.

Je parle d’une voix douce, comme si je voulais rassurer un animal blessé.

— La petite a besoin de toi, Rider. Elle n’a personne d’autre sur qui compter. C’est une sensation terrible, et j’en sais quelque chose.

Je lui laisse de longues secondes pour y réfléchir, avant de revenir à la charge.

— Tu veux tenir ta fille ?

Nos regards finissent par se croiser. Il bat des paupières. Puis s’éclaircit la gorge.

— Euh… oui. Je… je veux bien.

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