Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 4

4

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Gabby

D’un petit mouvement du coude, j’enlève la farine qui est tombée sur la recette de ma mère. Ça sauve la vie, ces petites pochettes plastifiées !

Avec fierté, je contemple ma toute dernière création – un cheesecake au potiron. Et plus exactement, une version twistée de la sopapilla mexicaine, un vrai délice !

— Que piensas, mami ? je demande à ma mère.

À mon avis, elle adorerait.

Le recueil de cuisine de ma mère – un ensemble de fiches que j’ai rangées dans un classeur – est l’une des rares choses que j’ai gardées après son décès. Le plus beau, c’est que la plupart des recettes sont écrites de sa main !

Après avoir découpé quelques parts pour faire goûter mon dessert à ma boss, je fais un peu de ménage. Il est temps que j’aille prendre mon service au café où je travaille.

En chemin vers mon boulot de serveuse-barista, ma journée s’éclaircit quand je reçois un coup de fil de l’Archer Academy.

Je suis prise !

D’accord, il ne s’agit que d’un simple poste d’assistante et on doit encore vérifier mes antécédents. Mais c’est un premier pas qui peut m’offrir d’autres perspectives.

Archer est un lycée privé, le top du top. Pour y décrocher un poste d’enseignante quand je serai diplômée, j’ai besoin d’un avantage sur les autres candidats. En me voyant directement à l’œuvre, la direction saura que je suis une grosse bosseuse et une employée fiable.

Maman avait coutume de me dire qu’elle aurait aimé avoir l’argent nécessaire pour nous envoyer là-bas, Benny et moi. Maintenant que je sais à quel point s’inscrire à la fac peut coûter cher, je me rends compte que ce n’était qu’un doux rêve. Bah, c’est l’intention qui compte, non ? Où qu’elle soit, je parie qu’elle serait fière que je décroche un emploi dans cet établissement.

Je me fonds dans la foule d’étudiants et d’habitants qui se pressent dans le centre-ville si pittoresque de Charming, baigné par la lumière déclinante du soleil. Whiskey Row grouille de clients et le son du vieux rock qu’on diffuse dans les brasseries se déverse dans la rue. Je me dirige vers la façade en briques apparentes qui abrite le meilleur café de la ville.

Tout me donne envie de sourire autour de moi. Difficile de m’en empêcher. La ville entière semble sortie d’une carte postale.

Entre le resto qui propose à la fois des hot-dogs longs comme le bras et ces petits manteaux pour chien tricotés à la main, ce bar où les clients braillent à pleins poumons tous les soirs à minuit ou le Crazy Horse Saloon qui accueille des concours de tir comme au temps du Far West, comment ne pas tomber sous le charme de cet endroit ? Maintenant que l’agacement que m’inspirent mes abrutis de voisins est retombé, je veux bien admettre que l’équipe de football est aussi un sacré atout pour la ville.

J’ai passé la semaine à essayer d’oublier cette conversation désagréable avec mon frère. Ça m’énerve que Ben soit le coloc de Rider, mais au moins il n’est pas au courant de notre petite histoire. Et encore, parler d’une « histoire » est sans doute prétentieux, vu la vitesse à laquelle Rider a cessé de me calculer. Ce qui ne rend pas la chose moins douloureuse.

Dès que j’ai poussé la porte du Rise’ N Grind, une délicieuse odeur de café me parvient.

— Salut, Fanny !

D’un geste, je salue ma boss qui a hérité cet endroit de son père, qui le tenait lui-même du sien. Mi-café, mi-librairie, c’est le point de chute idéal pour les étudiants entre deux cours, avec son ambiance rétro si chaleureuse.

Elle me répond par un grand sourire tout en servant à boire.

— Merci d’être là, ma belle !

Il y a une heure, elle m’a appelée en panique car deux collègues sont absentes. Je suis venue en renfort.

Je désigne successivement les deux côtés de la salle.

— Café ou librairie ?

— Café !

L’endroit est bondé. Je lève le pouce puis fonce dans l’arrière-boutique pour me laver les mains et attraper un tablier. Une minute plus tard, je tends à Fanny la boîte en plastique contenant mes parts de cheesecake. Et maintenant, vite, les clients ! Il faut courir dans tous les sens, mais ça ne me dérange pas. La journée passe plus vite…

— Z’auriez pas vos fameuses empanadas  ? me demande une voix rocailleuse, au débit lent mais rythmé.

Originaire du Texas, j’ai l’habitude d’entendre cet accent, mais à Charming, il est encore plus prononcé. Sans surprise, je lève le nez et me retrouve face à un habitué.

— Navrée, monsieur Pearson. Nous n’en proposons que le week-end.

— Mais j’ai promis à Essie de lui en prendre.

Les sourcils froncés, il désigne un point par-dessus son épaule. J’ai du mal à ne pas éclater de rire en apercevant sa chère et tendre Essie qui patiente sur le trottoir en essayant de mâchonner le sac à dos d’un gamin – car il s’agit d’une chèvre.

— Et un scone ou un bagel, ça ne lui ferait pas plaisir ?

— Non, ça sort d’une usine, ces machins-là. À ce qu’on m’a dit, vos empanadas, vous les faites maison.

Il se penche au-dessus du comptoir en verre ; sa voix n’est plus qu’un murmure.

— Et je sais de source sûre que Fanny en garde parfois une ou deux derrière, en cas d’urgence.

Pas de doute : cette promesse faite à Essie est une urgence. Au fond de moi, je suis plutôt flattée de savoir que cette ravissante petite bête raffole de ma cuisine.

Le plus drôle, c’est que je cuisine peu. Mais la pâtisserie, j’adore. Et depuis que Fanny a goûté l’une de mes créations sur le stand de gâteaux que nous avions monté à la Saint-Patrick, elle me charge de préparer du pan dulce, des sopapillas et plein d’autres douceurs tous les week-ends.

Le doigt levé pour faire patienter mon client, je file dans la cuisine où je dégote un beignet à la pomme. Un peu rassis sûrement, mais Essie ne fera sans doute pas la fine bouche. Après l’avoir rangé dans une boîte, je regagne le comptoir.

— Ça reste entre nous, d’accord, monsieur Pearson ? dis-je d’un ton de conspiratrice.

Les yeux clos, celui-ci pose la main sur son cœur.

— Je serai une tombe.

D’un œil amusé, je le regarde glisser le carton dans sa salopette comme s’il s’agissait de documents secret défense.

Tandis qu’il sort du café, quelqu’un lance :

— Hé là, pas de favoritisme, mademoiselle.

— Adele !

Je fais le tour du comptoir pour serrer la vieille dame dans mes bras. Elle me rappelle Angela Lansbury – dans une de mes familles d’accueil, on regardait la série Arabesque à la télé.

— Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vue.

— Avec mes petits-enfants, c’est toujours le « bordel », dit-elle en prononçant ce dernier mot dans un souffle. J’étais souvent à Austin, ces dernières semaines.

Tandis que je m’occupe de sa commande, Adele discute avec Fanny. Beaucoup de gens détestent les petites villes parce que tout le monde se connaît. Et moi, c’est ce que j’aime, justement.

Le café finit par se vider. Je profite de ma pause pour remplir le formulaire d’embauche transmis par l’Archer Academy. C’est le moment que choisit la deuxième personne que je déteste le plus dans cette ville pour entrer.

Zoe Evans lève les yeux au ciel dès l’instant où elle m’aperçoit derrière le comptoir. Impossible de me forcer à sourire, j’opte pour une politesse détachée. Fanny risque de ne pas être contente si je saute par-dessus le comptoir pour étrangler cette…

— Que puis-je vous…

— Un scone au citron et un double latte au lait de soja bio. Avec trois Stevia, mais non raffinés.

Pendant tout le temps où je me charge de sa commande, je me mords la langue pour retenir la question que je brûle de lui poser. Elle essayait de faire quoi, le printemps dernier ? Me faire virer de mon job de tutrice ? Ou est-ce que ce n’était qu’un dommage collatéral de son énorme connerie ?

Vu le sourire diabolique qu’elle affiche en partant, je me dis que ça n’a aucune importance, on m’aurait flanquée à la porte quand même.

Bah, autant essayer de voir le bon côté des choses. Je ne suis plus obligée de travailler avec Zoe Evans, c’est déjà ça.

 

Clause de moralité.

Je suis plongée dans la lecture de mon contrat de travail. Et ce paragraphe-ci retient mon attention.

Oh ! loin de moi l’idée de « commettre un acte ou adopter un comportement susceptible d’enfreindre les normes communément acceptées au sein de l’entreprise », mais quand même ! Ajoutez à ça l’accord de confidentialité que je suis forcée de signer et vous aurez l’impression que je vise un poste top secret au sein du FBI, alors que je vais simplement répondre au téléphone et servir des cafés. Même si mon caractère très pointilleux mesure l’importance de ces aspects juridiques, mon côté pragmatique voudrait régler cette histoire au plus vite.

— Un délice, ton cheesecake au potiron ! me lance Fanny en passant une tête dans la cuisine. Une autre recette familiale ?

— En partie, oui.

— Je te demanderai peut-être de la rajouter à tout ce que tu prépares déjà.

Je n’ai pas la place de faire la roue, mais ce n’est pas l’envie qui me manque !

— N’hésite pas.

— Et ce job dans le lycée de tes rêves, comment ça se passe ?

— Je n’ai pas encore commencé. Et puis c’est juste pour un semestre, je suis censée remplacer quelqu’un pendant son congé maternité.

Je montre le tas de paperasse que je dois signer.

— Leurs procédures de recrutement, c’est de la folie.

— Ils m’ont appelée pour me poser des tas de questions sur toi, de leur petit ton snob.

— Tu as dit que j’étais ton employée favorite, hein ?

En me voyant battre des paupières avec des yeux de chat, Fanny éclate de rire.

— Évidemment que oui. Je leur ai dit que tu restes tard le soir même pendant la période des partiels, alors que les autres préfèrent partir.

Bosser ici est vraiment compliqué en début et en fin de semestre, mais j’ai la possibilité de me ménager du temps entre les deux pour me concentrer sur mes cours.

— Oh ! merci, tu es la meilleure. Franchement, les réductions que tu m’accordes sur la presse et les crayons m’aident beaucoup.

Travailler dans une librairie n’est pas sans avantages. Et je ne parle même pas des quantités de caféine que j’ingurgite.

— Tu fais toujours ta collection de stylos, hein ?

— À t’entendre, c’est un problème.

Fanny s’esclaffe, et je retourne dans la salle.

La porte vient de s’ouvrir, et le niveau de décibels a explosé.

Une bande de footballeurs est entrée. À l’arrière du groupe, j’aperçois Ben qui m’adresse un petit signe de tête. Et puis bien sûr, il y a Rider, qui porte littéralement cette fille, là… Ah oui, Miranda. On dirait Kate Winslet dans Titanic, quand elle s’accroche à ce battant de porte pour ne pas se noyer.

Bref.

Une chance, ils se dirigent vers la partie librairie. Ils vont sans doute regrouper les tables dans le fond ou squatter les canapés, entassés les uns sur les autres. Au moins, je ne serai pas obligée de voir leurs tronches. Nous servons à manger des deux côtés, mais dans cette partie du café, il faut récupérer sa commande au comptoir, tandis que dans l’autre le personnel se charge de servir les clients.

Dix minutes plus tard, me voilà en mode cocotte-minute car on vient de m’envoyer côté librairie, où j’ignore soigneusement les footballeurs installés dans le fond, cernés par leurs groupies. Fort heureusement, ils ne sont pas dans mon secteur.

Je me dirige vers deux mecs qui viennent de prendre place à une petite table le long des rayonnages.

— Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

Mon stylo et mon bloc de commandes sont dégainés…

— Ton numéro si tu es célibataire.

En relevant les yeux, je tombe sur un grand sourire. Le mec est beau gosse, avec des cheveux et yeux noirs. Il me dit quelque chose. Je l’ai déjà servi, peut-être ? Son pote et lui portent des uniformes bleu marine. Des flics ? Non, des ambulanciers, plutôt.

J’éclate de rire.

— Cette technique est censée marcher ?

— Aucune idée. À toi de me dire. C’est la première fois que je la tente.

— Mouais… Si je commençais par prendre votre commande, ce serait un bon début, non ? La liste de nos spécialités est juste là.

Je désigne l’immense ardoise accrochée au mur derrière moi.

Je sens qu’il ne me lâche pas des yeux pendant que je m’occupe de leur commande.

Ma collègue Darlene me donne un petit coup de coude et désigne les deux hommes.

— Pas mal, le type. Et il est à fond sur toi, ça se voit.

Je hausse les épaules. L’idée de sortir avec un mec m’intimide énormément, même si je refuse de l’admettre. En dehors des quelques mois que j’ai eu la mauvaise idée de passer avec Rider, je n’ai eu qu’une seule histoire sérieuse, avec Sean. Quand il a décroché son diplôme à la fin de ma deuxième année, il a accepté un job à New York, et nous en sommes restés là. Tout s’est passé de manière très respectueuse. Il n’a pas proposé de relation à distance, et son départ n’a pas laissé un grand vide au fond de mon cœur. Rider m’avait appris à me protéger ; ça m’a été très utile au moment où Sean est parti.

Du coup, j’ai beau ne pas avoir beaucoup d’expérience avec les hommes, je sais qu’il ne faut pas nourrir trop d’espoirs. Si c’est pour tomber sur quelqu’un qui finira par m’abandonner ou me briser le cœur…

Tandis que Darlene dispose plusieurs sandwichs sur son plateau pour les footballeurs, elle relève la frange qui barre son front en soufflant dessus.

— S’ils me carottent mon pourboire, je te jure que je les poursuis dans la rue.

Nos sportifs ont la réputation de ne pas être très généreux, sans doute parce qu’ils se prennent pour les maîtres du monde.

— T’inquiète, je gère.

Je me dirige vers Ben pour lui glisser à l’oreille :

— Dis donc, n’oubliez pas de laisser un petit billet à la fille qui vous sert. Vous mangez toujours comme des gorets mais vous ne laissez presque jamais rien. Ce n’est pas très sympa pour le personnel.

La mâchoire serrée, mon frère hoche la tête mécaniquement. La fille assise pile sur ses genoux me regarde d’un œil torve. J’éclate de rire.

— On se détend, c’est mon frère.

Toute la table se tait d’un coup.

Il me faut une seconde pour comprendre ce que ça signifie.

Même Rider a l’air de tomber des nues.

— Sans déconner, Rodriguez. Gabby, c’est ta frangine ?

Je reste plantée là comme une idiote, la gorge nouée. Ben n’a parlé à personne du lien qui nous unit. Nous n’avons pas le même nom de famille car il a été adopté par notre oncle. Mais je n’aurais jamais cru que c’était un tel secret.

L’un des autres joueurs – il s’appelle Tank, je crois – se gratte la tête.

— Vous ne vous ressemblez pas du tout.

C’est vrai. Chacun de nous est un drôle de cocktail des gènes de nos parents. Nous avons tous les deux des cheveux noirs, mais Benny me dépasse de près d’une tête et il a les yeux bruns si expressifs de notre mère. Moi, j’ai les yeux noisette de notre père. Et si mon frère a le joli teint mat de papa, j’ai une peau pâle ponctuée de quelques taches de rousseur, comme maman.

Mon Dieu, c’est tellement gênant. En voulant reculer, je percute un corps musclé. Je fais volte-face et tombe nez à nez avec l’ambulancier.

Il désigne l’extérieur.

— Je viens de recevoir un appel, il faut qu’on file. Mais j’étais sérieux, j’aimerais bien te revoir.

Sa voix n’est plus qu’un murmure lorsqu’il se penche vers moi :

— Tu ne t’en souviens peut-être pas, mais c’est moi qui t’ai conduite à l’hosto. Au printemps dernier, je crois.

Encore un souvenir humiliant…

— Désolée, j’avais un peu la tête ailleurs, ce jour-là. Mais tu me dis quelque chose, c’est vrai.

Il pose la main sur sa poitrine.

— Ça m’aurait brisé le cœur que tu ne te souviennes pas de moi.

Je ricane en levant les yeux au ciel.

Lui s’éclaircit la gorge et hausse les sourcils.

— Du coup, euh… je pourrais t’appeler un de ces quatre ?

À ce moment-là, je me rends compte qu’à la table derrière moi, tout le monde écoute notre conversation sans rien dire. Et puis l’un des crétins lance :

— Si Gabby est libre, moi, je dis prems. Aïe ! Mec, qu’est-ce qui te prend ?

Tout en adressant un regard noir aux potes de mon frère, je tire le gentil ambulancier par le coude et m’arrête au niveau de la porte d’entrée.

— Ce ne serait pas les footballeurs de…

— On s’en fiche.

Je le fais pivoter pour qu’il ne regarde pas dans leur direction.

— Écoute, je suis sûre que tu es un mec super, euh…

— Jason.

— Jason. Enchantée.

— Un mec génial, même.

Il m’adresse un sourire d’acteur de cinéma, le genre de sourire qui devrait me faire chavirer, frissonner, palpiter – me faire quelque chose, quoi. Mais non, rien du tout.

— C’est juste que…

Je marque une pause et mes pensées volent aussitôt vers Rider. Ce qui me dérange profondément.

Je pourrais penser à Sean, avec qui je suis sortie un an. Mais non, je pense au connard qui ne me calcule même pas. Au mec qui est actuellement collé serré avec Miranda, une blonde aux formes généreuses qui, de toute évidence, lui donne exactement ce qu’il veut, quand il veut, sans l’obliger à s’engager.

Sean n’a jamais fait battre mon cœur très fort, mais il ne l’a pas brisé non plus.

Mon regard croise celui de Rider. On ne lit strictement rien dans ses yeux gris et sévères. Pas l’ombre d’une excuse, d’un regret ou d’un désir. Uniquement ce mur immense, celui qu’il a dressé entre lui et moi, du jour au lendemain, il y a trois ans.

Le voilà, le vrai Rider. Du genre à repousser ceux – et celles, surtout – qui se rapprochent un peu trop.

Et je suis débile de m’intéresser encore à lui.

Problème : il m’arrive d’oublier que c’est un connard, et j’ai besoin d’une piqûre de rappel, ce qui me redonne envie de lui faire des doigts d’honneur.

— Tu sais quoi ?

Je me retourne vers Jason en arborant le sourire le plus large possible. Puisque ce mec-là tient vraiment à sortir avec moi…

— D’accord pour qu’on se revoie.

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