Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 33

33

 

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Gabby

Après avoir passé plus de deux ans à m’en plaindre, ça me fait bizarre de me rendre à une des fêtes de mes voisins. Sans l’intervention de Sienna, qui m’a servi un remontant avant de m’appliquer plusieurs couches de mascara et d’un rouge à lèvre couleur extincteur, je n’aurais sans doute pas eu le courage de sortir.

Le cœur battant bien trop vite alors que je suis simplement censée m’amuser, je traverse la rue et me dirige vers la maison de Rider.

Sienna a raison, cela dit. Avoir peur, ce n’est pas vivre.

Je suis du genre à peser chaque geste, partout, en permanence. Au travail. En cours. Avec Poppy. Alors pourquoi ne pas lâcher prise le temps d’une soirée et voir ce que ça donne ?

Suis-je capable d’aller là où me porte mon cœur, même si c’est vers un sportif de près de deux mètres, aux yeux d’un gris étincelant ?

Mon rythme cardiaque s’envole littéralement quand je pense à toutes les possibilités qui s’offrent à moi, si je décide de ne plus me laisser mener par la peur comme c’est si souvent arrivé dans le passé.

Inutile de frapper, on ne m’entendrait pas avec la musique. J’entre directement.

Un mur de chaleur me percute de plein fouet. Normal, avec la foule qui s’est entassée dans le salon ! Les lumières sont tamisées mais je peux voir qu’on a poussé les meubles et que les gens dansent comme des fous.

Au fond, dans un coin, je repère Rider, entouré par plusieurs de ses coéquipiers et une cohorte de nanas. Mon côté cynique s’attend à ce qu’il se tourne vers l’une d’entre elles pour la draguer – j’ai assez souvent vu Rider à l’œuvre, au fil des années. Mais il n’a pas l’air de les calculer.

Mon ventre se noue quand ses yeux balaient la foule avant de se poser sur moi, presque aussitôt.

Il sourit, et je me dirige vers lui, incapable de résister à sa présence magnétique.

Rider abandonne ses potes et me rejoint au milieu de la piste de danse. Il se penche. Sentir ses lèvres frôler mon oreille me donne la chair de poule.

— Tu es super canon.

Sans me soucier des regards noirs de plusieurs filles qui nous observent, j’éclate de rire. S’agit-il d’un compliment bateau qu’il sort sans y penser ou est-il sincère ? Aucune idée, mais j’ai envie d’y croire. Ça fait du bien, de temps en temps.

J’aime bien la tenue que Sienna m’a conseillée de porter. En l’occurrence un petit pull rouge qui laisse mes épaules nues, moulant mais pas trop osé, que j’ai assorti avec une jupe noire près du corps et des sandales compensées. Et comme je n’avais que la rue à traverser, je n’ai pas mis de veste.

En première année, j’aurais préféré raser les murs, mais ce que m’a expliqué Sienna sur la maturité qu’on acquiert à l’université est sans doute vrai. Car je n’ai aucune envie de faire tapisserie.

— Tu veux boire un truc ?

En me voyant acquiescer, Rider mêle ses doigts aux miens et m’entraîne derrière lui tandis qu’il se fraie un chemin vers la cuisine. Trois fûts XXL, une montagne de gobelets et une douzaine de cartons à pizza – c’est ce qui s’appelle ne rien laisser au hasard.

— Le régime des champions !

Ma blague fait rire Rider, et je descends la bière qu’il me tend. Pas ma boisson favorite, mais ça m’aidera peut-être à calmer ces papillons que j’ai dans le ventre.

Il m’adresse un sourire en coin qui creuse ses fossettes… et embrase mon bas-ventre.

— J’ai presque honte de le dire, mais je ne sais même pas comment on se retrouve avec tous ces trucs sur les bras. Il y a forcément quelqu’un qui les commande. Enfin, il y a largement de quoi manger. Tu as faim ?

Je laisse mes yeux courir sur son corps, sans me cacher. Rider a les cheveux ébouriffés comme s’il avait passé les mains dedans plusieurs fois et une barbe aux reflets dorés souligne sa mâchoire carrée. Mon rythme cardiaque s’emballe à l’idée de sentir ces poils rugueux dans mon cou, sur ma poitrine et le long de mes cuisses.

J’ai envie de lui dire que je meurs de faim. Et que rien ne pourrait me rassasier.

Est-ce l’alcool ? La conversation que j’ai eue avec Sienna ? Toujours est-il que je suis bien décidée à parvenir à mes fins. Nous ne sommes plus des ados à peine sortis du lycée. Je ne suis plus une gamine candide et je n’ai plus d’illusions sur ce que je ressens.

Rider porte un vieux T-shirt gris tendu sur son large torse et resserré sur ses biceps, le tissu flottant autour de sa taille mince. Quant à son jean délavé, il moule ses cuisses musclées.

Ce mec est à croquer.

Et ce serait dommage de ne pas goûter.

Je hausse un sourcil.

— Si j’ai faim ? Ça dépend. Qu’y a-t-il au menu ?

Les yeux gris de Rider pétillent lorsqu’ils se baissent vers moi. Il prend ma main pour m’attirer contre lui, mord doucement mon oreille et me murmure : « Et si on prenait l’apéritif avant ? », avant de me ramener vers le salon. La musique nous engloutit tandis que nous nous mêlons à la foule.

Au début, je suis déconcertée. Je viens pourtant de lui faire du rentre-dedans, non ? D’accord, c’est la première fois que je tente un truc pareil, mais le message était plutôt clair, il me semble.

Soudain, il s’arrête au beau milieu de la pièce et m’enveloppe de ses bras.

Oh ! il veut qu’on danse. Moi aussi, j’ai du mal à saisir les allusions…

Comme une collégienne qu’on vient d’inviter à sa première boum, je sens mon cœur fondre. Rider veut danser. Avec moi.

Ne commence pas à t’emballer, Gabriela. Profite de l’instant présent.

Tandis que mon pouls s’accélère, j’avale le restant de ma bière et je jette le gobelet vide dans une grande poubelle placée dans un coin.

Je me rapproche de lui. Les mains de Rider s’accrochent à ma taille. Je regarde fixement le colosse qui me fait face.

Il rigole avant de prendre une voix grave et sensuelle :

— Tu comptes poser les mains sur moi ou tu attends mon autorisation ?

Bizarrement, sa question me donne envie de répliquer d’un ton provocant :

— Je dois en demander une ?

— Pas du tout, répond-il en faisant non de la tête. Vas-y quand tu veux.

Ouh, c’est chaud…

Je pose les mains sur ses épaules, et nos corps ne font plus qu’un tandis qu’un rythme enivrant nous emporte.

Le visage tendu vers lui, je dis d’un ton suppliant :

— Tu es trop grand pour moi.

Il baisse sa bouche si près de la mienne que ses lèvres me frôlent :

— Moi, je trouve que tu as pile la bonne taille.

Tandis que nos corps bougent au son de la musique, j’admire ces épaules impressionnantes. Rider ressemble à une montagne parfaitement sculptée. Tout en force et en puissance.

Il était déjà grand en première année, mais il a dû prendre dix bons kilos de muscles et quelques centimètres depuis. Le garçon que j’ai embrassé quand j’avais dix-huit ans n’existe plus. C’est un homme que j’ai face à moi, un vrai de vrai.

Ses yeux s’assombrissent chaque fois que je me déhanche.

Je suis assez près pour sentir son eau de toilette enivrante et l’odeur fraîche de sa peau.

Au début, il y avait un léger espace entre nous, mais tout à coup quelqu’un derrière moi me pousse vers Rider dont les mains se resserrent dans mon dos. Pas sûre qu’il compte me lâcher.

L’air me manque. Nous sommes hanches contre hanches, poitrine contre poitrine, mes seins plaqués à lui. Je peux sentir son membre collé à mon ventre, fier, large et long. Je suis presque soufflée de le deviner aussi bien doté.

Chaque centimètre de son corps contre le mien a quelque chose d’électrique.

La tête sur son épaule, je respire son odeur en essayant de calmer mon cœur qui bat à un rythme effréné.

Soudain, je l’entends. Son cœur. Il bat presque au même rythme que le mien.

Nous restons dans cette position. Le temps d’une chanson. Puis d’une autre. Le bruit sourd des basses remonte le long de mes jambes, et c’est tout mon bas-ventre qui vibre.

Quelques minutes plus tard, la voix de Tank couvre la musique.

— Hé, les fans des Broncos ! Vous en avez pensé quoi, du match d’aujourd’hui ?

Tout le monde pousse de grands cris.

— Il est où, le héros du match ? Vous savez de qui je parle ! Le boss, le king, la légende ! Rider Kingston, ramène-toi !

Les gens se mettent à scander : « Kingston, Kingston ! »

Un peu too much à mon goût, mais je suis tellement heureuse qu’il reçoive la reconnaissance qu’il mérite. Avec la manière dont il se donne sur le terrain…

Rider rigole tout en m’entraînant à l’autre bout de la pièce où ses potes ont installé des platines de DJ. Aucune trace de mon frère, mais ce n’est pas étonnant, vu la foule.

Lorsque ses colocs repèrent Rider, ils se mettent tous à beugler. Gardant un bras autour de mes épaules, il lève l’autre en l’air et les gens sont comme des fous.

Manifestement, Tank a bu quelques verres. Et quand il m’aperçoit, il hurle dans le micro : « Gabs ! », en me faisant signe de le rejoindre.

— Les potes, on n’aurait pas tenu pendant les dernières semaines sans la seule et l’unique Gabby Duran ! Tout le monde pour Gabby ! Allez ! Allez !

C’est tellement inattendu que j’éclate de rire. Mais subitement, Olly, Knox, Trevor et Bree s’y mettent à leur tour, et très vite, c’est la pièce entière qui est en train de crier mon nom.

Aussitôt après, Rider m’arrache du sol, et je me retrouve perchée sur son épaule tandis qu’il tourne sur lui-même au milieu des cris de ses colocs et des invités. C’est officiel, je viens d’entrer dans un univers parallèle où je suis en train de me chauffer chez des pros de la teuf.

Knox me tend un verre, et je n’ai plus qu’à lever mon gobelet rouge bien haut en lançant :

— Let’s go, les Broncos !

Les potes de Rider m’imitent, et c’est bientôt toute la maison qui résonne de ce cri de guerre. Après avoir avalé ma bière, je distribue des high five aux garçons, m’accrochant à Rider de l’autre bras. Bree dégaine son téléphone et je prends la pose pour la photo.

L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être à leur match, en train de fêter leur incroyable victoire avec eux. C’est la première fois que je ressens une chose pareille.

Ravie, je me laisse glisser contre Rider. Lorsque je lève les yeux, je suis toujours lovée contre son corps musclé.

D’un geste décidé, il plonge une main dans mes cheveux. Et soudain, ce sont trois ans de désirs et de pulsions réprimés qui m’explosent en plein visage tandis que sa bouche se pose sur la mienne.

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