Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)
Chapitre 62
62
OceanofPDF.com
Rider
Dès l’instant où la porte claque, je suis conscient d’avoir fait une connerie. Une énorme connerie. Mais je suis trop énervé pour faire machine arrière.
J’ai l’impression d’avoir passé la semaine à me prendre des scuds sur la tronche. Ça a commencé dimanche avec Mme Hildebrand, rebelote quand Sully m’a sonné les cloches, sans oublier mes coéquipiers – tous vénères – et puis mes profs qui m’ont arrêté dans le couloir pour me dire à quel point je les avais déçus. En résumé, j’ai salement dégusté.
C’est comme si j’étais de retour dans ma ville natale, où tout le monde m’a toujours regardé d’un air méfiant.
Comme si j’étais encore coincé là-bas.
Comme si les quatre dernières années n’avaient jamais existé et que j’étais redevenu le fils de ce minable Hank Kingston, un bon à rien.
Mais s’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’était de voir Gabby débarquer sur ma pelouse pour m’accuser d’un truc aussi risible.
Je ne me remettrai jamais avec Miranda – elle est au courant, d’ailleurs. Et je ne tromperai jamais Gabby, impossible.
La vérité, c’est que Miranda m’a téléphoné hier pour me proposer son aide. À l’entendre, son père serait prêt à m’offrir les services de son avocat au cas où j’aurais besoin d’une assistance juridique. Il se ferait même une joie de régler les honoraires ! Manifestement, les parents de Miranda sont des mécènes de premier plan, et son paternel souhaite voir les Broncos remporter le championnat. Or il a peur que Meyers n’ait pas les épaules pour y parvenir.
Ce qui se comprend. Je doute moi aussi que mon remplaçant fasse le poids contre les joueurs de l’Université du Texas. Face à des adversaires d’un autre calibre, on pourrait discuter. Mais, là, on parle de la deuxième équipe du pays. Quatre ans que je prépare ce match ! Alors ça me ferait vraiment chier que ces types nous défoncent.
Miranda m’a juré qu’elle voulait m’aider, rien de plus. « Les amis, c’est fait pour se serrer les coudes », pour reprendre son expression.
Je n’ai pas de quoi me payer un avocat. J’ai tout juste assez d’argent pour financer les heures de baby-sitting et les paquets de couches.
Comme l’a fait remarquer Miranda, j’aurai sans doute besoin d’être conseillé. Il me faut quelqu’un qui défende mes intérêts et pas ceux de la fac. Surtout depuis qu’on a vu fuiter toutes ces photos sur lesquelles je suis avec plein de filles différentes, d’année en année. Il ne s’est rien passé avec la plupart d’entre elles, je précise. L’ennui, c’est que les photos ont sûrement été retouchées pour m’enfoncer encore plus – mais ça, je n’ai aucun moyen de le prouver.
Quant aux accusations de Gabby… Miranda a-t-elle joué un rôle dans cette histoire, de près ou de loin ? J’ai beau me creuser la tête et repenser à toutes les fois où Miranda s’est pointée à mes matchs, à nos soirées, je ne vois rien de suspect. Elle semble avoir accepté le fait que j’aie tourné la page et notre relation platonique a l’air de lui convenir.
Alors qu’est-ce qui a bien pu mettre Gabby à ce point colère ? C’est vrai qu’elle a été aux premières loges, depuis le début.
Ai-je affirmé que j’étais célibataire pendant cette conférence de presse ? Oui. Le conseiller en communication de la fac m’a dit de ne pas compliquer les choses inutilement, c’est ce que j’ai fait. Pas la peine d’entraîner Gabby dans ce merdier en la présentant comme ma copine. Je n’ai aucune envie qu’elle subisse la bêtise et la méchanceté des uns et des autres.
Je repense à mes échanges d’aujourd’hui avec Miranda. À ce que Gabby a pu voir.
Miranda a-t-elle attrapé ma main pendant notre repas ? Oui. Mais elle a accompagné son geste d’un : « Rider, ne va pas croire que j’essaie de te draguer. Je veux simplement que tu saches que je suis là pour toi. Je ne te juge pas. »
M’a-t-elle pris par le bras pendant qu’on marchait jusqu’à sa voiture ? Oui. Elle avait avalé un truc contre la migraine et ça lui donnait le tournis, c’est pour ça qu’elle m’a demandé de conduire. Et vu que j’étais resté cloué sur place comme un idiot quand Gabby avait fait ce malaise au mois de mai, je me suis dit qu’il valait mieux avoir des remords que des regrets.
Miranda m’a-t-elle fait un câlin en parlant ? Oui. Me suis-je senti mal à l’aise ? Non. Je n’ai rien ressenti. Est-ce que ça l’a incitée à se faire des films ? J’en doute. Elle sait qu’on ne sortira plus jamais ensemble.
A-t-elle passé les mains dans mes cheveux ? Oui. Parce qu’une petite feuille était coincée dedans.
Et on me fait tant de reproches pour si peu ?
Encore une fois, non, je ne couche pas avec elle.
Mais surtout, je suis sidéré que les accusations de Gabby m’affectent à ce point. Elle était prête à me condamner sans me laisser me défendre !
Après cette semaine de merde, ça me met le moral à zéro.
OK, je suis un gros naze. Message reçu cinq sur cinq.
OceanofPDF.com