Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 50

50

 

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Gabby

On frappe à la porte, et mon cœur s’emballe. Je ne m’attendais pas à ce que les garçons reviennent si tôt de leur déplacement, mais quand j’ouvre, le visage de Rider rayonne.

— Bonjour, monsieur le prétendant sérieux au trophée Heisman.

Il a été monstrueux aujourd’hui. Nous étions à fond devant notre écran, Sienna et moi. Poppy a regardé le match avec nous, bien sûr.

Un rapide coup d’œil derrière l’épaule de Rider m’indique que le reste de Charming est déjà au courant que les stars du quartier sont de retour, leur allée est remplie de voitures !

— Salut, ma belle.

Il m’attrape aussitôt pour m’embrasser. Je respire à fond l’air frais du Texas mêlé à l’odeur du cuir de son blouson tandis qu’il me fait tournoyer au-dessus du sol.

Lorsqu’il me lâche, je ne peux m’empêcher de rire. Ça fait tellement plaisir de le voir aussi heureux. Tout bas, je murmure :

— Tu m’as manqué.

Rider me caresse le menton, dépose de délicats baisers sur mon cou, fait courir ses mains le long de mon dos.

— Mmh, tu m’as manqué aussi, ma puce.

Les yeux clos, je pose mon front sur son torse, presque étonnée d’être si contente. « Ma puce… » D’ordinaire, quand j’entends des gens employer ce terme, je suis excédée. Mais avec Rider, c’est une tout autre histoire.

Impossible de retenir mon immense sourire.

— Quoi ? me demande-t-il en m’imitant.

Je hausse les épaules. Ça me gêne un peu d’expliquer que je suis chamboulée à cause de ce simple mot.

— Je suis contente de te voir, c’est tout.

En me hissant sur la pointe des pieds, je l’embrasse à nouveau avant de l’attirer à l’intérieur. Une chance, nous avons la maison pour nous tout seuls – Sienna passe la soirée dehors.

— Tu as regardé la conférence d’après-match ? demande Rider en retirant son blouson.

Les médias ont fini par parler de Poppy.

— Je n’en reviens pas qu’ils t’aient posé si peu de questions.

— Le coach a eu vent de ce qui se tramait, et le staff m’a préparé à répondre.

On a l’impression qu’il s’est libéré d’un poids.

— Tu dois être soulagé que ce soit enfin derrière toi.

Rider pose la main sur sa poitrine.

— Je ne savais même pas que je flippais. Je m’en suis rendu compte à la fin de l’interview, quand j’ai recommencé à respirer.

Lorsqu’on lui a demandé s’il avait effectivement une fille, Rider a très poliment répondu que oui mais qu’il n’entrerait pas dans les détails afin de préserver la vie privée de sa famille et la sienne. Aussitôt après, les journalistes lui ont parlé du match et de son statut de favori dans la course au trophée Heisman.

— Ils ont montré une photo de toi en train de te balader avec Poppy dans son porte-bébé, mais on ne voyait pas son visage, juste son bonnet rose.

— Pas grave. Ça aurait pu être pire, non ?

— Carrément.

J’étais terrifiée à l’idée que la presse lui fasse subir un véritable interrogatoire, mais c’était quand je craignais que l’histoire des tests de paternité ait fuité. Un joueur qui a un enfant, ça n’a rien d’extraordinaire. Mais ils ont souligné que mener de front une carrière sportive et un cursus universitaire, ça n’était déjà pas de tout repos. Pas faux. Rider n’a pas eu un instant de répit depuis que Poppy a fait son apparition dans sa vie.

— Tu as géré comme un champion.

— Merci encore de m’avoir accompagné chez mon père. Il aurait pété un câble s’il avait appris l’existence de la petite à la télé.

J’imagine. Vu ce qui s’est passé alors que Hank Kingston était calme… Pas étonnant que ce soit un point sensible pour Rider.

Histoire de changer de sujet, je lui parle de Poppy, de sa façon de dire « nana » pour « banane » et, Dieu merci, de la nuit entière qu’elle a faite. Après un détour par ma chambre pour s’assurer qu’elle va bien, Rider s’écroule à côté de moi sur le canapé.

— Tu retournes à votre fête ?

Un bras autour de mes épaules, il joue avec mes cheveux.

— Je préférerais passer du temps avec toi, si ça te va.

Truc de fou, Rider renonce à une soirée après un match aussi exceptionnel ?

Et je pèse mes mots. J’ai entendu mes voisins crier de joie. À l’autre bout de la rue.

Je me lève, une main sur son front. Il m’observe, intrigué.

— C’est juste pour voir si tu as de la fièvre.

— Ne dis pas de bêtises et viens là.

Il m’attire sur ses genoux et m’embrasse dans le cou.

— Ne le répète à personne, mais j’en ai un peu marre des soirées. Ça te dirait qu’on regarde un film ou qu’on fasse autre chose ?

« Ou qu’on fasse autre chose », me dis-je tandis qu’il promène sa grande main sur ma hanche.

La tendresse dans ses yeux me laisse penser qu’il n’est pas simplement venu s’éclater.

— Tu as mangé ? On pourrait se faire livrer une pizza.

Nous passons commande puis je vais lui chercher deux poches de glace. Je sens de l’étonnement dans son regard.

— Comment tu sais que j’ai besoin de glace ?

— J’ai vu le gros plaquage que tu t’es pris au troisième quart-temps. Rien de cassé ?

Rider se passe la main sur le visage.

— Non, j’ai juste été un peu sonné. Mais il faut refroidir mon trapèze gauche.

— Je m’en doutais.

Tandis que nous regardons un thriller ambiance science-fiction, je savoure le fait d’être dans les bras de Rider. Mais vingt minutes plus tard, il s’est déjà endormi.

À la fin du film, je me tourne et je l’observe sans rougir.

Il a l’air si jeune quand il est détendu. Ses cheveux ont tellement poussé qu’ils couvrent ses yeux. Après cette longue journée, ils sont tout ébouriffés. Des poils de barbe soulignent sa mâchoire carrée.

Tout à coup, les bras de Rider se resserrent autour de moi, et sa voix grave et caverneuse me fait frissonner.

— Tu me regardes dormir ? C’est limite flippant.

— Peut-être.

Avec un grognement satisfait, il me plaque contre lui.

— Je déteste les matchs à l’extérieur. Je déteste vous laisser, Poppy et toi.

Je promène un doigt sur son sourcil, sa pommette, l’arête de son nez.

— Deux jours, ce n’est pas si long.

— C’est interminable.

Rider m’adresse un regard sombre et appuyé.

— Tu sais que ce sera pire si je suis pris dans une équipe pro, pas vrai ?

Je reste immobile. C’est la première fois qu’il évoque l’après. Vu que l’idée de s’engager dans une relation a l’air de le faire flipper, j’ai veillé à ne pas trop me projeter.

— Il faut y aller pas à pas, un jour après l’autre. Un match après l’autre. Un entraînement après l’autre.

Je marque une pause, le cœur battant subitement à mille à l’heure.

— On, euh… on pourrait s’appeler en visio.

Avec nos emplois du temps de dingues, je suis même étonnée de ne pas avoir eu cette idée plus tôt.

— Tu pourras voir Poppy quand tu veux.

Ce ne sont pas les mots que j’ai vraiment envie de dire, mais souhaite-t-il aller jusque-là ?

Le truc, c’est que je suis amoureuse de Rider Kingston. Si je suis honnête avec moi-même, ça fait un bail. Et ça doit crever les yeux.

Le front de Rider touche le mien.

— Je suis désolé qu’on n’ait pas pu passer davantage de temps ensemble. Faire des trucs normaux. Sortir quelque part.

Il parle tout près de mes lèvres.

— Je vais me rattraper, promis. Tu comptes tellement pour moi, Gabby.

Une véritable euphorie me gonfle le cœur.

J’agrippe ses cheveux pour l’attirer vers moi et l’embrasser.

Nous nous débarrassons de nos habits, et Rider enfile un préservatif sans que nous échangions un seul mot. Avec la seule lumière de la télé pour nous éclairer de temps à autre, nous jouissons ensemble. Il attrape ma cuisse, tandis qu’il ondule contre moi jusqu’à ce que des frissons parcourent mon corps.

— Gabriela.

Rider dit mon nom comme une prière lorsqu’il finit par s’enfoncer en moi.

J’ai l’habitude de notre alchimie explosive. De ces étreintes passionnées lors desquelles nous nous arrachons nos vêtements pour faire l’amour.

Mais l’intimité de ce moment me désarçonne. Tout comme la façon dont il plante ses yeux dans les miens quand nos deux corps ne font plus qu’un.

Les yeux clos, je laisse tomber mon front sur sa poitrine, trop effrayée pour me rapprocher davantage. J’ai envie de lui dire combien je l’aime. Que j’ai la trouille de le voir partir après sa sélection chez les pros. De le perdre à cause de sa carrière.

Il attrape doucement mon menton jusqu’à ce que ma bouche frôle la sienne.

— Ne te cache pas.

Nos regards se soudent dans un face-à-face bouleversant.

— Caresse-toi, murmure-t-il.

Sans détourner les yeux, je glisse ma main entre nous.

Me laisser emporter par nos jeux est plus simple que d’admettre que mes sentiments me dépassent.

Le fait qu’il m’observe est enivrant, ça m’aide à oser. Tandis qu’il me pénètre, je décris des cercles avec ma main tout contre la base de son sexe que je serre.

— Bordel, grogne-t-il en plongeant en moi, encore et encore. Tu vas me faire jouir.

Rider m’embrasse avec une fougue possessive. Je suis à ça d’être submergée moi aussi, mais tout à coup, il se lèche un doigt et le promène sur mon postérieur.

— Je n’ai jamais…

J’ai le souffle coupé lorsqu’il l’enfonce en moi.

— Tu aimes ?

Impossible d’échapper à son regard tandis qu’il continue, en suivant le rythme imprimé par ses hanches.

C’est bizarre. Très bizarre. Et… waouh.

— Oh ! putain.

La tête penchée en arrière, je jouis si fort que je n’arrive plus à respirer.

Mon extase le libère à son tour, et nous gémissons ensemble, agités de soubresauts.

Rider ne me lâche pas tandis que nous redescendons doucement de ces sommets, tout essoufflés.

— Je…

Il s’arrête net.

L’air se bloque dans mes poumons. Mais Rider s’éclaircit la gorge et reprend :

— J’aime être avec toi.

La déception m’envahit, mais je la repousse, préférant profiter de l’instant présent. Moi non plus, je n’ai pas eu le courage de prononcer ces fameux mots. Si tant est que Rider avait bel et bien l’intention de me les dire.

— Je n’aimerais pas être ailleurs.

Après une douche rapide, je conduis Rider dans ma chambre. Il me garde contre lui jusqu’à ce que Poppy se réveille, tôt le matin.

Même si j’ai peur de tout ce qui peut mal se passer, j’espère – et je prie – pour que ça marche, cette fois.

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