Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 14

14

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Rider

Mon cerveau bugge littéralement.

Qu’est-ce que Gabby fiche ici ?

Et c’est quoi, cette lueur dans les yeux de Miranda ? Elle m’appelle « chaton », alors qu’on ne s’est jamais donné de petits noms.

Mauvais signe, tout ça.

À en juger par l’atmosphère bizarre qui règne dans la pièce et la mine sévère de Gabby, elle sait exactement qui est Miranda.

J’ouvre la bouche pour dire… en fait, je l’ignore. Mais je la referme aussitôt parce que… eh bien parce que c’est gênant, point barre.

Avec un grand sourire, Miranda descend d’un bond du bureau et se jette dans mes bras.

C’est quoi, ce délire ? Pourquoi est-elle aussi collante ? Après notre conversation de la semaine dernière, j’ai cru qu’elle avait compris ce que je voulais – à savoir, de l’espace. Beaucoup d’espace. Comme je ne l’ai pas croisée le soir d’Halloween, j’ai imaginé que le message était reçu cinq sur cinq.

Mais aujourd’hui elle m’a appelée pour me supplier de venir la chercher parce qu’elle était coincée au lycée où son père travaille. Pour éviter de passer pour un connard, j’ai accepté alors que j’avais des tonnes de trucs à faire.

Une lueur douloureuse traverse les yeux de Gabby. Puis très vite, ce masque impassible que je connais si bien reprend sa place. Elle marmonne un mot d’excuse et passe à côté de moi comme si elle ne m’avait jamais vu de sa vie.

Et merde. J’ai passé tout le week-end à la supplier, oui, la supplier de me pardonner. Mais en dehors de la conversation que nous avons eue tous ensemble à la maison au moment d’effectuer ces tests de paternité, elle ne m’a pas adressé un mot.

Pas un seul.

J’ai vu Olly lui écrire des textos toute la matinée pour préciser le nombre de fois où Poppy faisait la grosse commission, mais elle n’a toujours pas débloqué mon numéro. Si seulement elle était moins efficace ! Car grâce à son emploi du temps en ligne pour le baby-sitting et ses mails d’infos collectifs, nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions d’échanger. Enfin, mis à part le message qu’elle m’a envoyé un peu plus tôt dans la journée pour me dire d’aller me faire voir.

Il faut à tout prix que j’arrange les choses avec elle. Pourquoi maintenant ? Aucune idée, mais depuis notre discussion sur le parking du supermarché, ce besoin m’obsède.

Je laisse échapper un soupir et m’écarte de Miranda.

— Je suis pressé. Alors si tu veux que je te ramène, prends tes affaires.

Je sors sans même l’attendre. Sans surprise, Gabby n’est pas dans le secteur mais grâce à mes deux neurones et demi, j’en déduis qu’elle travaille sans doute ici. Je l’avais entendu expliquer à Bree qu’elle bossait dans un établissement scolaire blindé de thunes.

Pourquoi se mettre au service de connards pareils ? Alors là, mystère. Mais si quelqu’un est capable de survivre dans ce repaire de prétentieux, c’est bien Gabby. Depuis que je l’ai vu faire des miracles avec Poppy et une maison remplie d’abrutis, je sais qu’il ne faut pas la sous-estimer. Dans peu de temps, elle fera ce qu’elle voudra de ces bourges.

Le trajet en compagnie de Miranda est tendu. Fini, les grands sourires.

— Oh non, Rider, dit-elle en pleurnichant, tu n’es pas sérieux, quand même.

Elle agite la main comme pour balayer mon opinion.

— Si, si, je suis sérieux.

Je serre le volant, agacé.

— On s’est bien éclatés, Mira, mais il faut que je me reconcentre sur le sport.

Elle fait courir son doigt le long de ma nuque, et je résiste à l’envie de la repousser brusquement. Elle insiste :

— Tu fais toujours la gueule pendant la saison. Et si on se contentait de s’envoyer en l’air les week-ends ? On est stressés tous les deux, ça nous permettra de relâcher la pression ensemble. Pas besoin d’autres obligations.

Je me retiens de répondre que nous n’avons pas à nous fixer des obligations, hormis celle d’avoir des rapports protégés – un deal qui lui convenait « parfaitement » au début de notre… de notre quoi, au fait ?

— C’est tentant, dit comme ça.

C’est un mensonge, car j’ai l’impression d’étouffer auprès de Miranda, mais je ne veux pas la blesser.

— À mon avis, on devrait se contenter d’être amis et poursuivre notre route, chacun de notre côté.

Entre les cours, les devoirs, les entraînements, les matchs et un bébé à la maison, rappelons-le, je ne peux pas gérer plus, franchement. Heureusement que les résultats des tests doivent tomber d’ici peu. Ça me fera un souci en moins. Je ne me sens pas l’envie de parler de Poppy à Miranda, alors je garde ça pour moi.

Elle laisse échapper un rire où perce de la colère.

— Se contenter d’être amis ? Ça ne nous est jamais arrivé et tu voudrais qu’on commence maintenant ?

J’ai toujours fui les relations sérieuses, justement pour m’épargner ce genre de scènes.

J’ai du mal à cacher mon agacement.

— On était d’accord pour éviter les prises de tête. C’est toi qui l’avais proposé, je te rappelle. Pour être honnête, je ne me sens plus sur la même longueur d’onde que toi. Donc je préfère prendre respectueusement mes distances.

Nous roulons en silence jusqu’à chez elle. Miranda claque la portière et la voilà partie.

Quel soulagement ! J’ai presque envie de rire, ce qui en dit long sur cette relation. Elle devenait un problème. Et j’en ai suffisamment sur les bras.

Je redémarre. Prochaine étape : mettre la main sur Gabby. Une chance pour moi, je sais exactement où la trouver.

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