Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)
Chapitre 15
15
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Rider
Après ce qui s’est passé avec Miranda, je suis impatient de parler à Gabby. Le temps de déposer mon sac de sport et mes bouquins dans ma chambre, je fonce vers la porte quand Tank m’interpelle :
— Tu vas où ?
— En face. Tu as besoin d’un truc ?
— Tu n’as pas reçu le SMS de Gabby ? Elle nous rejoint.
Il marque une pause, haussant les sourcils.
— Avec les résultats.
Les résultats ?
Oh mince, ceux des tests de paternité.
Le corps ruisselant de sueur, je sors mon portable. Sans surprise, un texto collectif nous donne rendez-vous ici dans dix minutes. Pas le temps de m’étonner du fait que Gabby ait débloqué mon numéro, car elle risque de larguer une bombe atomique sur mon existence d’ici peu.
— Elle t’a donné des détails ?
Tank se dirige vers Bree, qui est sur le canapé en train de faire sauter Poppy sur son genou.
— Elle imprime tout.
Mon cœur est prêt à jaillir hors de ma poitrine.
— Il y a un résultat positif ?
Bree acquiesce lentement.
— Elle ne sait pas avec lequel d’entre vous, car vous n’avez que des numéros d’identification. Ça la gêne d’avoir l’info avant le père, du coup, elle n’a pas regardé à qui ce numéro correspond.
Bientôt, l’ensemble de mes colocs est assis dans le salon, même Trevor et Package. Vu qu’ils ne semblent pas d’humeur à déconner pour amuser la galerie, j’imagine qu’ils sont là pour nous soutenir. Ben envoie des textos sur son portable, toujours aussi renfermé.
Quelqu’un ouvre une boîte de donuts. Ça me fait penser à ce groupe de parole où mon père se rend une fois par semaine. Enfin, quand il y va.
Je jette un coup d’œil à Poppy qui gigote, sans se douter que l’un d’entre nous est sur le point de se prendre un tsunami en pleine tronche.
La culpabilité m’envahit. J’ai passé si peu de temps auprès d’elle. La cousine de Bree a assuré mes heures de baby-sitting cette semaine en échange de maillots de football dédicacés pour ses frangins.
Mais il y a de bonnes chances pour qu’elle ne soit pas de moi. Voilà ce que je me répète.
J’ai croisé la seule fille que je fréquentais vers cette époque. Et je doute qu’elle ait pu avoir un gosse et continuer de se balader sur le campus en gardant son allure de poupée Barbie. Puis l’autre jour, Knox se demandait s’il n’avait pas mis enceinte cette meuf qu’il appelle Super Bombasse – ça fait un moment qu’il ne l’a pas croisée. Elle est blonde, et ça cadre avec le calendrier.
Sauf que…
Je regarde Knox se fourrer la moitié d’un donut dans la bouche et je m’immobilise.
Voir mon coloc s’empiffrer comme s’il n’avait pas mangé depuis une semaine me rappelle…
Me rappelle…
Et merde.
Les yeux fermés, je me cale dans le fond du canapé et j’essaie de repenser à l’été de l’année dernière. J’étais vénère après mon père et j’étais revenu ici pour faire un peu de muscu avec mes potes qui étaient restés dans le secteur.
Un soir, on était sortis. On avait acheté à manger. On avait rameuté du monde. On était allés nager. C’était parti en live, encore plus que d’habitude, même pour nous.
— Knox, tu te souviens de cette soirée qu’on avait faite vers la fin du mois de juin ? Une meuf avait préparé des brownies… « spéciaux ».
— Mec, me répond-il dans un grognement, je m’en étais envoyé une douzaine. Je m’étais réveillé complètement déchiré dans le jardin de quelqu’un, pas loin d’ici, le cul à l’air et des petites fleurs autour de mon engin.
Tout en acquiesçant, je sens mon visage s’embraser. Pendant la saison, nous évitons de prendre des substances illégales à cause des tests anti-dopage inopinés. Personne n’a envie de se faire virer de l’équipe. Mais comme c’était l’été, nous n’étions pas inquiets.
Ce que j’ai dit à mes potes le week-end dernier est la stricte vérité : avec moi, c’est protection obligatoire.
Encore faut-il que je sois lucide, putain.
Je m’éclaircis la gorge.
— Il y a des chances pour que l’un de nous ait fini la soirée avec une des filles qui étaient là.
Un grand silence tombe sur la pièce. Les seuls à avoir participé à ce fameux week-end, c’était Knox, Olly et moi.
Ben laisse échapper un ouf de soulagement.
— Heureusement que je devais aller à ce mariage.
Olly, lui, écarquille les yeux.
— J’avais complètement oublié cette fête.
Le truc qu’on avait mangé était vachement chargé. La preuve, je n’ai plus aucun souvenir de ce week-end. Soudain, la porte claque, et Gabby entre dans la pièce.
À force d’aller et venir pour s’occuper de Poppy, elle doit se sentir comme chez elle ici.
Elle balaie notre petit groupe du regard.
— J’arrive au milieu d’un truc ou… ?
Bree s’écarte pour lui laisser de la place sur le canapé.
— Les garçons ont peut-être identifié le week-end où a eu lieu la conception. Ce qui restreint a priori les possibilités à Rider, Olly et Knox, car Ben n’était pas à Charming. Mais vérifie quand même ce que dit le papier, hein ?
Ben acquiesce, mais vu sa tête, il s’estime hors de danger.
Gabby adresse un pâle sourire à son frère.
— OK. Avant de regarder les résultats, sachez que Bree et moi, nous serons toujours prêtes à donner un coup de main, quelle que soit l’identité du père.
Olly passe un bras autour de ses épaules pour la serrer fort.
— Tu es géniale, au cas où on ne te l’ait pas répété récemment. Aucun de nous n’aurait survécu à cette semaine sans votre aide, à toutes les deux.
Gabby devient rouge comme une tomate et sourit timidement.
— Merci.
C’est dingue. Je suis partagé entre l’envie de dégager mon coloc en lui pétant chaque doigt au passage, et mon refus absolu de complimenter Gabby. En principe, c’est moi qui aurais dû faire ce petit discours, au nom de mes potes et du mien. Je suis le capitaine de cette équipe ! Mais je suis toujours déstabilisé dès qu’il s’agit de cette fille.
Aujourd’hui, elle porte une petite robe noire et des talons, un crayon glissé dans son chignon légèrement de travers. Et là, sur son genou, c’est un pansement Bugs Bunny ou je rêve ?
Je reprends mon analyse détaillée de son corps si sexy. On devine ses seins, qui tendent les boutons de son chemisier. Elle a ce qu’il faut là où il faut, avec des courbes délicieuses. Et elle s’apprête à lire le résultat de nos tests de paternité. Ai-je envie de lui faire l’amour sur la table basse ou de me barrer en courant ? Franchement, j’hésite.
Gabby s’éclaircit la gorge tout en nous tendant des feuilles pliées en deux comportant nos prénoms écrits de sa main, semble-t-il.
— Ne vous vengez pas sur moi, OK ?
Knox déplie la sienne d’un geste sec, se lève d’un bond et beugle de soulagement. Et merde. J’espérais vraiment que Poppy soit sa fille.
Du coin de l’œil, j’aperçois Olly claquer un high five à Knox. Mon estomac se serre aussitôt. Je déplie mon papier et parcours les résultats.
Mère : Non testée
Père présumé : Lien de parenté possible à 99,99999 %
Bordel de merde.
Je serre la feuille dans le creux de mon poing. J’ai besoin de prendre plusieurs grandes inspirations avant de lever la tête.
Tout le monde me regarde avec plus ou moins d’inquiétude et de compassion au fond des yeux.
Je me tourne vers Gabby :
— Il n’y aucune chance pour que les échantillons aient été mal étiquetés ? Tu as fait quatre tests, l’autre jour.
— Tu m’as vu prélever l’échantillon, glisser l’écouvillon dans le tube et revisser le bouchon, me rappelle-t-elle avec une douceur et une gentillesse à laquelle je n’étais pas habitué de sa part. Ensuite, j’ai collé l’étiquette sur une feuille à part pour ne pas mélanger les codes. J’ai fait la même chose avec chacun d’entre vous. Alors je doute que j’aie pu me tromper. Je peux te montrer mes papiers, si tu veux. Libre à toi de faire un test de ton côté pour en avoir le cœur net.
Elle a raison, putain. Je la revois prendre des notes entre deux prélèvements. Gabby a toujours eu la tête sur les épaules, et, cette semaine, nous avons tous eu la preuve qu’elle est la reine de l’organisation.
Je plonge les mains dans mes cheveux.
— Excuse-moi, ce n’était pas pour mettre en doute ta rigueur. J’essaie juste de comprendre ce qui m’arrive.
— Tu devrais peut-être faire un test de paternité officiel, vis-à-vis de la loi.
J’acquiesce machinalement, sans entendre grand-chose hormis mon cœur qui bat de toutes ses forces.
Les gazouillements et les gigotements du bébé attirent mon attention. Elle tente de se glisser hors des bras de Bree, une petite mèche de cheveux blonds relevée sur le sommet de son crâne. L’élastique utilisé pour la coiffer pend sur un côté.
Elle m’adresse un large sourire édenté et, la gorge nouée, je prends conscience de ce qui m’arrive. Putain de merde, j’ai une fille.
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