Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 24

24

 

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Gabby

Le soleil matinal me réveille d’un coup, et je tombe nez à nez avec de grands yeux verts absolument magnifiques.

— Coucou, ma belle.

Poppy sourit et gazouille, les bras tendus vers moi pour que je la sorte de son parc.

Le temps de changer sa couche en vitesse, je la cale sur ma hanche et nous voilà parties au salon, où se trouvent Ramona et Sienna. Elles regardent fixement Rider qui dort à poings fermés sur le canapé.

Ramona a des mitraillettes à la place des yeux mais je hausse les épaules.

— C’est quoi, le souci ? Tu t’en vas bientôt.

Il y a vingt-quatre heures, je n’aurais jamais laissé un invité surprise passer la nuit sur notre canapé sans lui demander son autorisation. Mais depuis qu’elle a mis un coup de poignard dans le contrat…

Encore que, c’est surtout dans notre amitié qu’elle a mis un coup de poignard.

Quoi qu’il en soit, je n’ai toujours pas digéré. Et je ne suis pas d’humeur à supporter son sale caractère.

Je me tourne vers Sienna.

— Et toi, ça ne te pose pas de problème ?

— Alors là, pas du tout ! s’exclame-t-elle.

— Il n’a pas compris que ses colocs comptaient organiser une fête. Et il ne pouvait pas ramener Poppy là-bas tant que…

Ma voix se brise, ce qui m’évite de finir ma phrase. Tant qu’ils n’avaient pas terminé leur orgie dans son salon.

J’ai envie de me marrer. La voix qui résonne dans ma tête ressemble à celle d’une femme chez qui j’ai été placée, June Miller – elle me faisait réciter le chapelet tous les soirs avant de me coucher. Oh ! ça n’aurait pas été la mer à boire si elle ne m’avait pas obligée à m’agenouiller sur le carrelage.

— Mesdemoiselles.

En entendant Rider, nous nous retournons vers lui. Il étire les bras au-dessus de sa tête, en poussant un grognement caverneux. Un son si sexy que mes tétons se tendent aussitôt. Et je ne parle même pas de ces abdos qui s’offrent à mon regard lorsque son T-shirt se soulève…

Mon visage s’empourpre, je le sais. Vite, il faut que je me détourne avant de perdre la tête. Et de lécher ces muscles affriolants qui plongent jusque sous son pantalon.

Je me sens déjà vulnérable en sa présence. Surtout après notre discussion d’hier soir. Le voir dans cette position, les yeux légèrement embrumés par le sommeil, me donne envie de me lover contre lui et de faire des cochonneries.

Poppy glousse et tape dans les mains.

C’est vrai que je tiens la fille de Rider.

— Tu veux ton papa, hein ?

Un baiser sur le front de la petite et je la tends à Rider, qui se relève pour la prendre et la couvrir de bisous.

— Coucou, ma puce ! Ah ! là, là, les filles, vous n’imaginez pas à quel point c’est une put… une immense joie d’avoir un gosse.

Tout en la serrant contre sa poitrine, il tourne la tête vers moi.

— Elle a fait une bonne nuit ?

— Impec. Elle ne s’est réveillée que deux fois. Je lui ai donné un biberon, je l’ai bercée un peu et, pouf, elle s’est rendormie.

— Désolé, tu aurais dû venir me chercher, je m’en serais chargé.

Je n’y ai pas pensé une seule seconde. J’étais déjà sur le coup.

— On devrait sans doute lui faire perdre l’habitude de manger la nuit, mais faire ça dès sa première semaine dans son nouvel environnement, ce n’est pas une super idée. Une fois qu’elle aura pris ses marques, on pourra y réfléchir. Tiens, tu pourrais ajouter quelques purées dans son régime alimentaire. Ça lui remplira son petit bidou, et elle aura moins faim la nuit.

— De la purée ? Genre des légumes mixés ?

Le voir aussi perdu me donne presque envie de rire. Comme j’acquiesce, il répond :

— Eh bien, euh… OK. Bonne idée.

Là-dessus, Ramona retourne bruyamment dans sa chambre et claque la porte derrière elle. Sienna se moque. Rider, lui, fronce les sourcils.

— J’espère que ça ne vous dérange pas que je reste ici.

Ma coloc s’empresse aussitôt de le rassurer :

— La rabat-joie s’en va bientôt, de toute façon. Aucun souci pour que tu restes, vraiment. Et puis Gabby… tu ne fais pas ta cheffe.

Je soupire. Quel besoin avait-elle de sortir ça maintenant ?

— Gabby est la fille la plus incroyable que j’aie jamais rencontrée, intervient Rider. Si elle souhaite faire la cheffe avec moi, c’est avec plaisir.

Il me jette un clin d’œil.

— Je, euh… Qui veut prendre le petit déjeuner ?

En baissant la tête, je m’aperçois que je porte un débardeur moulant et un short de pyjama. Vite, je referme mon peignoir et je le noue avant de foncer dans la cuisine en lançant :

— Ah, au fait. Sienna, je te présente Rider. Et Rider, voici ma coloc Sienna.

— Je suis super fan !

Je zappe le reste de leur conversation pour préparer le biberon de Poppy et je me sers une tasse de café, ça m’aidera à avoir les yeux en face des trous. Lorsque je retourne dans le salon, Sienna est encore en train de tchatcher.

— Dommage pour ce ballon perdu. Mais vous avez gagné, c’est l’essentiel.

Tout en tendant le biberon à Rider, je lance :

— Non mais franchement, Sienna, on n’accueille pas un invité de cette façon. Rider était à deux doigts de se faire plaquer et de perdre leur avance.

Un haussement d’épaules et j’ajoute :

— Le point positif, c’est qu’ils n’ont eu besoin que de quelques phases de jeu pour récupérer le ballon et qu’ils en ont profité pour marquer. Ça s’est bien terminé.

Je les dévisage tour à tour. Sienna a l’air paumée. Et Rider ? Il sourit jusqu’aux oreilles, on dirait le chat d’Alice au pays des merveilles.

— Bon, j’ai regardé ton match. Tu es content ?

— Tu n’imagines même pas.

— C’était pour Poppy. J’ai pensé qu’elle aimerait voir son père jouer.

— Hum…

— Tu ne détestes pas le football, alors ? lance Sienna.

— Oui, explique-nous, Gabby, renchérit Rider avec un sourire narquois.

Je lève les yeux au ciel.

— Ce que je déteste, ce sont les footballeurs qui se la pètent.

Pour toute réponse, il se contente de me regarder fixement comme s’il pouvait voir à travers ma tenue. J’en ai la chair de poule.

Sienna s’éloigne et nous salue d’un geste.

— La tension sexuelle qu’il y a entre vous, c’est un truc de malade !

— De la tension sexuelle, tu rigoles ?

J’avale une gorgée de mon café.

— Pour info, on est juste amis. Pas vrai, Rider ? Tu l’as dit toi-même.

Il toussote. Puis acquiesce lentement.

— Bien sûr. On est juste amis.

Poppy, qui se fait bercer tout en buvant son biberon, attrape son visage entre ses menottes. Il lui sourit en retour, et Sienna laisse échapper un soupir.

Je te comprends, meuf.

— Poppy adore ma barbe.

Ma main au feu que pas mal de filles sont dans le même cas, mais je garde ma réflexion pour moi. Son air légèrement chiffonné du matin le rend irrésistible.

— Tu lui as déjà donné le bain ?

J’aurais moi-même besoin d’une douche froide.

Rider me regarde, désemparé.

— Non, et je ne sais absolument pas comment m’y prendre.

— C’est ton jour de chance.

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