Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Chapitre 17

17

 

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Rider

Si je me fie aux explications de Gabby, il faut environ trente-sept semaines pour qu’un enfant vienne au monde. Ce qui laisse neuf mois pour se faire à l’idée qu’on va devenir responsable d’un autre être humain.

Moi, j’ai eu dix minutes chrono, bordel ! Ou à la rigueur une petite semaine à partir du moment où Poppy a atterri sur notre paillasson.

C’est loin d’être suffisant !

Soudain, je repense à ce que mon père me répétait. Qu’il faut toujours sortir couvert, toujours. Que mettre une fille enceinte serait la plus grosse connerie de ma vie. Que je regretterais d’avoir un gosse si jeune.

Est-ce que je regrette d’avoir Poppy ? Non. Dans un coin de ma tête, je me demande si ma mère regrettait de m’avoir eu quand elle s’est barrée. Étant donné que je ne l’ai pas vue depuis trois ans, il y a des chances pour que la réponse soit oui.

Bah, pas la peine de ressasser ces vieux souvenirs, tâchons de nous concentrer sur le présent. Le football m’a appris à cloisonner. À ranger les soucis dans une boîte pour me focaliser sur mon match.

Mais à l’idée de devoir jongler entre le sport, les cours et une enfant, c’est panique à bord.

Bon sang, j’ai une gosse. Un petit être bien vivant dont je suis responsable. Comment est-ce possible ? Pourquoi l’univers m’a-t-il donné un bébé, à moi ? Je n’ai jamais eu à m’occuper que d’un poisson rouge et il est mort au bout d’une semaine. Ce qui ne fait pas de moi le candidat idéal pour devenir parent.

Gabby dépose Poppy sur mes genoux et me conseille de bien la tenir.

— Il lui arrive d’être un peu agitée. Ne présume pas de ce qu’elle peut faire ou ne pas faire. Sans quoi, elle risque de rouler hors de son berceau ou pire.

— Pigé, je ne la lâche pas.

Gabby pose une main sur mon bras.

— Écoute, je vais vous laisser seuls cinq minutes, il faut que je fasse un saut à la maison. Mais je reviens dans pas longtemps. Tu voudras sans doute qu’on parle du planning ou me poser des questions sur… Je ne sais pas moi, sur comment changer une couche ?

Les lèvres de Gabby s’étirent en un sourire. Le premier qu’elle m’adresse en trois ans. J’attrape sa main.

— Olly a raison, tu as été incroyable. Je ne sais pas comment te remercier ou te dédommager.

Tiens, ça me fait penser que je dois un paquet de pognon à mes colocs, entre tout ce qu’on a acheté pour le bébé et ces tests de paternité. Sans parler des timbres et des frais pour les analyses.

Où vais-je trouver cet argent ? Aucune idée. Je dois rembourser quelque chose comme… mille dollars. Minimum. Bordel.

Gabby semble sur le point d’ajouter quelque chose. Elle hésite avant de serrer ma main.

— J’adore ta fille. Je ferais n’importe quoi pour elle.

Je la lâche à contrecœur quand elle se met debout puis je la regarde s’éloigner. Il y a tellement de choses que j’aimerais lui dire mais, pour le moment, je suis trop déboussolé pour savoir par où commencer.

Je baisse la tête vers Poppy qui tire sur mon T-shirt. Lorsqu’elle lève ses grands yeux verts sur moi, mon cœur manque un battement. Peut-être deux, même. Pour de vrai. L’espace d’un instant, mon esprit s’apaise.

Tout doucement, je passe un doigt sur ses joues toutes rondes, à travers une boucle de cheveux, sur son petit nez parfait. Une vraie splendeur.

— Coucou, Poppy. Alors comme ça, tu es ma fille ? Désolée, ma puce, mais tu vas devoir me supporter, maintenant.

Je la fais sauter sur mes genoux, comme Bree un peu plus tôt, et elle m’adresse un sourire dégoulinant de bave.

Comme dirait le coach, il est temps de grandir. Et vite.

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