Campus Baby : USA Today Bestseller (&H) (French Edition)

Épilogue

 

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Gabby

Blottie contre Rider, je souris. On se caille à mort, mais pas grave. C’est trop cool.

— Tu te rends compte qu’on est assis aux mêmes places que celles où j’étais avec Sienna il y a un an, quand vous avez battu l’Université du Texas ?

Oui, exactement aux mêmes places.

— Sans déconner ?

Rider ne lâche pas des yeux les joueurs sur le terrain. Ma main au feu qu’il aimerait descendre sur la pelouse et les rejoindre.

Je resserre le plaid aux couleurs des Broncos autour de nous. D’une voix qui n’est plus qu’un murmure, j’ajoute :

— Ce match n’est pas aussi chouette, mais je ne suis sans doute pas très objective.

De fait, les Broncos sont menés au score.

— Laisse-leur une chance. Rien n’est perdu.

J’observe son profil stoïque. Rider est tellement sérieux quand il regarde du football.

Aujourd’hui, l’équipe va lui rendre hommage pendant la mi-temps. On va donner son nom à une bourse ! Sully, son ancien coach, est là, et plusieurs de ses ex-coéquipiers ont également fait le déplacement.

Juste à côté, un jeune type s’immobilise net en le voyant.

— Oh merde, j’y crois pas. Rider Kingston ! Mec, je suis super fan, ça fait trop plaisir.

En l’espace d’un an, Rider est devenu une véritable star du football professionnel, mais il essaie toujours d’avoir un mot aimable pour ceux qui l’approchent, surtout quand il est sur le campus.

— Merci, c’est sympa.

Rider sourit gentiment à son fan – ce qui doit lui demander un certain effort vu qu’il tente de rester concentré sur le match. L’équipe a eu beaucoup de mal à s’adapter à son nouveau coach, mais j’ai l’impression qu’ils ont fini par accepter ce changement de style.

La conversation de Rider se poursuit pendant quelques minutes, et il signe un ou deux autographes, mais quand l’alarme de son téléphone retentit, il s’excuse et se tourne vers moi.

— N’oublie pas. Reste où tu es ou je vais galérer pour te retrouver.

Je désigne mon siège.

— Je serai juste là, t’inquiète.

Le temps de déposer un baiser sur mon front, Rider m’observe un long moment.

— Quoi ?

— Rien. Je me dis que j’ai de la chance de t’avoir. Au fait, tu es canon dans mon blouson.

À quoi bon mentir ? J’ai toujours rêvé de porter son vieux blouson des Broncos.

— Je suis tellement fière de toi, tu sais. Allez, vas-y, on t’attend.

D’un geste, je désigne le terrain. Puis je lui glisse à l’oreille :

— Quand on sera à l’hôtel, je vais tout enlever sauf ce blouson.

— Hum. Il ne faut pas me dire ce genre de trucs, Gabriela.

Je n’aurais jamais cru qu’entendre mon prénom puisse m’exciter à ce point.

Rider me donne un baiser fougueux, et pas mal de gens applaudissent autour de nous. J’éclate de rire en le repoussant d’un air espiègle.

Sans la chaleur de son corps, je me gèle les fesses sur ce siège. Bah, c’est le jeu. Puis je m’amuse trop. Les matchs qu’il dispute avec son équipe de Dallas sont oufissimes, mais retrouver le stade des Broncos aura toujours une saveur particulière.

J’en ai presque les larmes aux yeux quand je me souviens d’avoir été assise à cette place durant le match contre l’Université du Texas, l’an dernier. Si je n’avais pas accepté de venir, j’aurais manqué tant de choses. Le match de gala au Cotton Bowl de Dallas. Le titre de champion universitaire. Le trophée Heisman. Tous ces efforts récompensés lorsqu’il a appris sa sélection chez les pros.

Mon cœur déborde de fierté et d’amour pour cet homme.

L’espace d’un instant, je ferme les yeux, remplie de gratitude. Car nous avons remonté la pente, Rider et moi. Nous avons traversé tant d’épreuves. Et nous sommes toujours fous amoureux l’un de l’autre.

Et ce soir, on pourra se lâcher car c’est Adele qui garde Poppy !

Même si j’adore mon poste d’enseignante à Dallas, je savoure ce long week-end avec Rider et je compte bien en profiter pleinement.

Pendant la mi-temps, la fanfare joue un morceau puis les pom-pom girls forment un cercle au milieu du terrain. Accompagné du président de la fac, Rider s’avance. La foule exulte au moment où on le présente.

Mon petit ami reçoit une récompense, évoque avec émotion son passage ici puis scrute les gradins et s’arrête en me voyant.

— C’est maintenant que je vais avoir besoin de votre aide, les Broncos. Vous voyez cette femme magnifique, là-bas ? Gabby, ma puce, tu peux lever la main ?

Mais… mais qu’est-ce qui lui prend ?

Ma voisine me donne un coup de coude.

— Il parle de vous, pas vrai ?

J’acquiesce lentement, sans voix. Je me décide alors à lui faire coucou. Mon étonnement monte encore d’un cran quand il se dirige vers moi, le micro à la main.

— Gabby Duran est ma meilleure amie. Mon plus grand soutien. Je l’aime de tout mon cœur, c’est même un peu flippant, vous voyez ce que je veux dire ?

Je suis bouche bée.

Rider parle sans être impressionné par les dizaines de milliers de personnes présentes dans le stade.

— Ces derniers mois, il y a une question cruciale que je mourais d’envie de lui poser. Et comme c’est à la Lone Star Arena que je lui ai dit je t’aime pour la première fois, j’imagine qu’il n’y a pas mieux que cet endroit pour le faire.

La foule est en délire. J’ai une boule dans la gorge.

Non, impossible.

— Et d’après ce qu’on m’a dit, il faut savoir faire les choses avec panache, pas vrai ?

Oh ! là, là.

— Tenez-vous prêts, ça va être à vous de jouer.

Je fonce vers la rambarde pour me rapprocher de lui.

— Ma puce, nos amis vont me donner un coup de main. On commence par cette tribune.

Toute cette partie du stade déroule une immense banderole portant l’inscription : GABBY. Il désigne la suivante qui affiche : VEUX-TU.

DEVENIR.

MA FEMME ?

L’amour qu’on lit sur son visage me bouleverse, et les larmes me montent aux yeux. Soudain, ce sont quatre-vingt mille personnes qui se mettent à scander :

— Gabby, dis oui ! Gabby, dis oui !

D’une main, je me couvre la bouche. De l’autre, je m’agrippe à la rambarde pour ne pas perdre l’équilibre.

Rider glisse son micro dans la poche arrière de son jean et plonge les yeux dans les miens.

— Gabriela, je t’aime de tout mon cœur, de toute mon âme. Tu es ce dont j’ai toujours rêvé chez une femme. Fais de moi l’homme le plus heureux du monde et épouse-moi.

Soudain, le voilà qui escalade les gradins et saute par-dessus les rambardes avant d’atterrir devant moi avec un grand éclat de rire. Il met un genou à terre et sort de sa poche un écrin en velours noir.

Avant même qu’il puisse l’ouvrir, j’attrape son visage de mes deux mains.

— Oui, espèce de cinglé. Je veux devenir ta femme.

Rider saisit immédiatement le micro et crie :

— Elle a dit oui ! 

Aussitôt, il le lâche, me prend dans ses bras et m’embrasse. Lorsque nous nous détachons, il frotte son nez froid contre le mien, tout sourires.

— Je serai un bon mari, promis.

— Aucun doute là-dessus.

Après avoir déposé une pluie de baisers sur sa joue, j’ajoute :

— Et je serai une bonne épouse et une bonne mère, promis.

— On a tellement de chance de t’avoir, Poppy et moi.

— C’est moi qui ai de la chance. Je t’aime, Rider.

J’ai même la conviction que je l’aimerai toujours.

Nous n’avons plus qu’à vivre heureux pour le restant de nos jours.

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