Femmes hors-la-loi : Le banditisme au féminin (Documents) (French Edition)

Sylvia

Libérée le lendemain, elle en est quitte pour lui apporter son linge à la prison et découvrir ainsi l’envers du décor de ces hommes « galants, menant la grande vie, et pour qui rien n’est impossible ». Eux qui n’ont pas l’angoisse du lendemain et donnent l’impression de n’avoir « peur de rien ni de personne », à part de cette aube à la faveur de laquelle les « condés » passent généralement à l’action.

 

Sylvia

 

Quand elle rencontre Jacques Mesrine, en juin 1978, Sylvia Jeanjacquot travaille dans un bar à Pigalle.

Rentrée sans le sou de l’étranger, son bébé sous le bras, c’est un ami qui lui a trouvé le job. Sans diplôme, mais avec une expérience de barmaid, métier qu’elle a exercé autrefois, elle cherchait dans ce secteur.

« J’appelle un copain, ami de voyous. Au début il me dit qu’il n’y a aucun travail, que les patrons de bars qu’il connaît sont tous morts, puis finalement il m’annonce qu’il y a une place à Pigalle. J’ai dit : “Ah, bon, à Pigalle…” J’ai eu une petite réticence, comme tout le monde… Et puis je suis allée là-bas de sa part. De toute façon, je n’avais pas le choix.

« Au bar, j’ai été reçue par une patronne, genre maîtresse femme. Elle m’a tout de suite mis les points sur les “i”, l’alcool, la méthode pour faire boire les hommes. Mon travail consistait à tenir le bar et à m’occuper de douze filles. La règle était simple : quand un client prend une bouteille, elles touchent un pourcentage. Moi, je tenais les comptes. J’avais une grande feuille avec leurs prénoms et les consommations, coupes de champagne ou bouteilles. La patronne m’avait mise au courant de la psychologie de chacune : Unetelle, il faut la freiner, elle a tendance à boire un peu trop… Parce que, attention, la règle c’est de ne pas trop picoler. J’ai démarré le travail tranquillement, je m’en sortais pas mal, je gagnais très bien ma vie. J’avais aussi un pourcentage sur les consommations, plus celles que je traitais directement. Je ne suis pas du genre à me laisser faire, alors je menais mon monde correctement. Je n’aimais pas boire, ça m’a sauvée. Au comptoir, je servais des coupes “arrangées” pour les filles : un mélange de limonade et de Coca. Comme le bar était très tamisé, on n’y voyait que du feu…, ça fait quand même des bulles ! Je coachais les filles, je leur répétais de ne jamais lâcher leur verre, que personne ne boive leur limonade ! Les filles sont là pour faire consommer. Après la fermeture, ce qu’elles font, ça les regarde, mais, dans les bars, il n’y avait rien, attention ! C’étaient des bars-bars. Après, quand ça ferme, si elles ont donné rendez-vous à quelqu’un, c’est leur problème. »

Sylvia aime ce job. Les filles lui racontent leur vie, elle écoute mais ne parle pas d’elle. Se confier n’a jamais été sa tasse de thé. Pour les filles du bar, elle est un peu la conseillère, la protectrice. L’une d’elles a donné rendez-vous à un client à la fermeture et elle ne veut plus ? Sylvia la protège, sort en même temps qu’elle et explique au type que c’est sa petite sœur et qu’il doit y avoir méprise. Une autre a tendance à boire plus que de mesure ? Elle la remet sur le droit chemin. Bien sûr, il y a aussi celles qui ont besoin d’arrondir leurs fins de mois autrement, après 2 heures du matin, heure de la fermeture. Sylvia ne juge jamais. « Si une nana se fait larguer par son mec, qu’elle n’a pas de métier et qu’elle doit élever ses enfants, excuse-moi, si elle n’a que son cul comme outil de travail, ça la regarde ! »

Sylvia reste derrière son comptoir, à surveiller son petit monde et à noter les consommations. Un jour, un homme entre et s’installe au zinc. C’est une belle fin d’après-midi du mois de juin. Elle ne lit pas les journaux, ne regarde pas la télévision, n’écoute pas la radio. Son monde est strictement circonscrit à son travail de nuit et à sa journée de repos dominical chez sa mère qui élève sa fille. Elle vit légèrement en décalage. Elle prend son poste de barmaid à 16 heures jusqu’à la fermeture, à l’aube.

Elle tape dans l’œil de Jacques Mesrine. Il a visiblement déjà repéré la belle brune aux grands yeux noirs. C’est même la deuxième fois qu’il passe dans l’établissement pour tenter de recroiser celle qu’il a suivie dans la rue.

Attablée devant un chocolat chaud dans un salon de thé parisien chic et calme, Sylvia se souvient de tout, comme si c’était hier. Sa mémoire est vive à l’évocation de « son Jacques » :

 

« J’ai été séduite par son allure, très classe, pas dans les fringues parce que justement il était sapé n’importe comment – une espèce de combinaison de plâtrier, il était en cavale tout de même ! Mais ça, je le saurai plus tard. Non, c’est son air de gentleman que j’ai aimé. Il est venu vers moi à plusieurs reprises, il voulait m’offrir un verre, que j’acceptais, c’était mon boulot, j’avais pas le choix, lui il prenait son truc à boire, moi ma fausse coupette de champagne. Il me parlait de tout et de rien. Au début, je le considérais comme un client lambda, je le servais et je discutais avec lui, point. Il voulait quand même m’inviter à manger, hors du service et loin de Pigalle. Après plusieurs refus, j’ai fini par accepter de dîner avec lui. Et je ne l’ai jamais regretté. »

 

C’était un mois après leur rencontre. La jeune femme est âgée de 27 ans. Elle est séduite et décide de suivre cet inconnu… en cavale. Cette fois, c’est elle qui convoque sa patronne et lui rend les clefs du bar, sans explications. Elle confie pour un temps sa fille à sa mère, rend aussi les clefs de son appartement et lâche tout pour lui…

 

« Quand il m’a dit qu’il était Jacques Mesrine, j’ai pas bien compris. Je lui ai demandé qui était Mesrine ! Je devais être la seule en France à l’ignorer, ça l’a un peu agacé. Alors, un jour qu’on était installés dans son petit studio, il a posé devant moi un énorme paquet de coupures de presse. Il voulait que je sache tout, tout, tout ! Il avait aussi besoin que j’enregistre les têtes des flics qui le recherchaient. Il me disait : “Regarde-les bien, il y a des photos, essaye de les avoir en mémoire, on ne sait jamais, au cas où tu les croises dans la rue, qu’ils te suivent.” J’ai beaucoup feuilleté, j’ai regardé les images, les magazines, des tonnes de magazines. J’ai survolé, il y en avait tellement ! Je recherchais plutôt les faits, les braquages… Ce qu’il avait fait. À ce moment-là, je me suis dit : “Je rencontre l’homme de ma vie, je suis vraiment amoureuse, je l’aime, je veux le suivre, et puis, voilà, c’est quand même un peu embêtant… C’est l’ennemi public numéro 1 ! Dans ma tête, ça trotte ; je pense que ça va être compliqué… Avant de le rencontrer, j’avais une vie normale, un travail, un appartement, avec lui je me doutais que ce serait l’inverse, il avait toujours mené une vie de folie. J’ai tout accepté en bloc et, en même temps, je me suis dit : “C’est ainsi, il faudra faire avec. Mon chéri, c’est l’ennemi public…” »

 

Sans trop penser aux conséquences, Sylvia s’embarque et disparaît dans la nature. Elle connaît bien Paris. Grâce à son travail à Pigalle, elle a ses entrées un peu partout. Elle sait qu’Untel loue un studio sans bail. Elle sait que tel autre dispose de bonnes perruques pour se grimer, elle s’y rend. Sylvia file un gros coup de main à Mesrine pour toute la logistique d’une cavale qui durera dix-huit mois jusqu’à l’issue fatale, le 2 novembre 1979.

Lorsqu’elle le rencontre, en juin 1978, cela fait un mois qu’il s’est évadé de la prison de la Santé avec son ami François Besse, autre figure du banditisme de l’époque. Dans la foulée, il a cambriolé une armurerie, est allé à Deauville, a braqué le casino, pris des otages pour couvrir sa fuite et échappé ainsi à toutes les polices de France. Un an auparavant, en mai 1977, il avait été condamné à vingt ans de réclusion par la cour d’assises de Paris. C’est tous ces faits que Sylvia découvre en plongeant dans les archives.

« Mais attention, prévient-elle, je tiens à le dire maintenant, je n’ai jamais été à l’origine d’une quelconque affaire. Je le suivais, il me demandait parfois mon avis sans plus, je vous rappelle que j’avais une vie tranquille avant, je n’y connaissais pas grand-chose en braquages et armes ! » Entre la vie quotidienne qu’il faut assurer, les interviews qu’il continue à donner à la presse, les quelques affaires à régler, les jours et les nuits du couple ne sont pas de tout repos. Mesrine en cavale, Sylvia s’occupe de l’intendance.

Le 10 novembre 1978, il tente d’enlever le juge Petit, président de la cour d’assises de Paris, qui l’a condamné à vingt ans… La tentative tourne mal, un complice tombe dans les filets de la police. Sylvia et Jacques ont peur d’être balancés et sont contraints de quitter le studio dans lequel ils sont planqués. La tension monte d’un cran. Jacques Mesrine initie au tir Sylvia la néophyte !

 

« C’était tendu, il était inquiet tout de même, après l’affaire Petit, quand on s’est sauvés de l’impasse Saint-François, j’ai loué le studio rue de Clignancourt. Là, j’ai compris que ça devenait dangereux ; il m’a demandé de passer prendre des Bottin à la Poste… J’ai ramené le maximum d’annuaires que je pouvais porter. Il en a installé quatre les uns sur les autres et m’a montré comment faire : enlever le barillet, mettre les balles, les remettre. Il a tiré quelques balles, juste pour que je voie comment ça marchait. Il me disait qu’en cas de problème je devais être autonome. »

 

La cavale des amants se poursuit à Londres. C’est dans leur appartement cossu de la capitale anglaise que Sylvia entend parler d’un futur kidnapping. La jeune femme naïve et amoureuse voit son homme et un ami choisir la cible et préparer le guet-apens, le Who’s Who sous le bras. « Il n’y avait presque plus de braquages à faire parce qu’il n’y avait plus d’argent dans les banques, il fallait trouver une autre manière d’obtenir de l’argent. Kidnapper, oui, mais pas une femme, pas un enfant, pas quelqu’un de trop âgé, pas une personne malade. Ils ont quand même leurs principes ! Il fallait quelqu’un de très, très riche évidemment et qui vaille le coup pour demander une bonne rançon. Même si je ne décidais jamais rien, Jacques m’a demandé ce que j’en pensais. Quand il m’a dit qu’il fallait prendre un otage pour avoir des sous, je lui ai dit : “Si c’est ce qu’il faut faire, alors fais-le !” »

Ils rentrent à Paris. Mesrine prépare le rapt. Sylvia, encore inconnue de la police, est chargée du ravitaillement, des courses et des perruques. La cible est trouvée. Ce sera Henri Lelièvre, riche octogénaire sarthois, « Pépé » comme elle l’appelle avec tendresse. Elle s’embarque dans l’histoire.

« Jacques avait besoin de quelqu’un pour surveiller le vieux et c’était pas évident de trouver une personne sûre. Comme il avait totalement confiance en moi, il m’a demandé si j’étais d’accord… Il ne m’a pas obligée. Il m’a demandé : “Est-ce que tu veux t’en occuper ?” J’ai accepté par amour parce que je ne voulais pas qu’il meure, qu’il lui arrive quelque chose. Moi, je voulais garder mon Jacques, tout simplement. Donc j’ai fait ce qu’il fallait faire pour qu’il ne lui arrive rien. J’étais une inconditionnelle de cet amour-là, de cet homme-là. Je n’ai pas réfléchi aux conséquences. »

 

Le 21 juin 1979, deux hommes, à bord d’une Peugeot 504 immatriculée en région parisienne, vont chercher le riche Sarthois à son domicile. Ils se présentent comme des policiers, lui passent les menottes, lui ajustent des lunettes ouatées et roulent jusqu’au lieu de captivité : une maison dans un village du Loir-et-Cher. Sylvia est chargée des repas et de la surveillance du milliardaire lorsque Jacques Mesrine doit s’absenter…

 

« C’était une maison très moche, un vieux machin en ruine et sale, on n’avait même pas de douche pour se laver. Dans un petit renfoncement, il y avait un vieux lit pourri, une armoire bancale avec les portes pourries aussi, une petite gazinière toute bancale… et le petit cagibi au fond où Pépé était détenu. On était tous les trois, Pépé, Jacques et moi. On se levait vers 8 heures. Je lui préparais ses tartines et son café. C’est Jacques qui les lui donnait quand il était là, sinon moi. Quand il sortait faire les courses au supermarché, je restais avec Pépé. Il était bien nourri. Jacques avait même acheté une balance. Il voulait le rendre au même poids et dans le même état, c’est-à-dire en forme ! »

 

Lorsqu’on l’interroge sur les circonstances et l’âge de la victime, Sylvia reconnaît :

« Oui, ça nous embêtait quand même d’avoir pris un pépé… Franchement, c’était pas génial ! Au studio, quand Jacques cherchait comment avoir des sous, je lui avais demandé s’il ne pouvait pas faire autre chose, un autre braquage par exemple. Il m’a dit qu’il n’avait pas le temps, qu’il fallait du monde, qu’on ne faisait pas un fourgon blindé à deux… Et pour trouver des mecs de sa trempe, c’est difficile, on ne les trouve pas à la seconde. Et puis sa peau valait cher ! Plus d’un serait allé le vendre à la police contre une récompense ! Il était recherché partout. »

Les trente-cinq jours du rapt passent vite, de son point de vue. Elle est amoureuse :

« Je vais paraître peut-être nunuche, mais ça ne me semblait jamais long avec lui. J’étais toujours bien. Je suis peu sortie de la maison. J’ai pris l’air une fois. Je suis partie avec Jacques sur la route, au milieu des forêts, cartes en main. On a passé l’après-midi ensemble. On a fait des repérages pour la demande de rançon. Je cochais sur la carte des tas de points, puis on est rentrés par des chemins de traverse. C’est un ami qui nous a remplacés pour garder Pépé. »

 

La négociation avec la famille est difficile, la somme est validée, mais la remise de la rançon échoue à plusieurs reprises. Sylvia entend Jacques Mesrine discuter vivement avec Henri Lelièvre. « Avant de le relâcher, Jacques l’avait prévenu : s’il disait un mot sur moi et qu’il parlait du petit chien, il l’a menacé de tuer toute sa famille. Il lui a répété : “Même si je ne suis plus là, dis-toi bien que j’ai des amis qui s’en chargeront…” Pépé écoutait et répondait : “Oui, oui, monsieur Mesrine…” » Jugée pour “complicité de séquestration et recel”, Sylvia sera acquittée. Lorsque le président de la cour d’assises demandera à Henri Lelièvre s’il avait déjà vu ou entendu cette dame, l’ex-otage répondra : « Non, je ne l’ai jamais vue, je ne la connais pas. »

Quand Henri Lelièvre est libéré en échange de la rançon, 6 millions de francs, Sylvia et Jacques retournent au studio, non sans avoir une autre mission à accomplir : blanchir l’argent. Sylvia doit procéder au « blanchiment maison ».

 

« Bien grimés, on partait en voiture, toujours sur les grandes avenues, partout dans les banlieues, on les a toutes traversées. On garait l’auto et c’était parti : il prenait un côté du trottoir, moi l’autre côté, et on faisait toutes les boutiques jusqu’au bout, pour payer nos achats on donnait des billets de 500 francs, on achetait une bricole pour avoir la monnaie. L’essentiel, c’était de trouver des grandes artères avec des magasins. Moi, ma part de la rançon s’élevait à 400 000 francs, il fallait les dépenser. Je pensais à ma fille et je prenais pas mal de choses, une chemise de nuit, une poupée. J’achetais aussi plein de trucs qui ne nous servaient à rien, des bricoles, des babioles, des pots de crème. J’ai donné deux grands sacs à ma petite gardienne d’immeuble. On ne savait pas quoi en faire, on n’avait pas de place… »

C’est elle aussi qui achètera la Mercedes à son nom.

« On y est allés tous les deux, j’ai dit qu’on vivait à Marseille et que mon ami m’accompagnait pour vérifier que je ne me fasse pas rouler… Je l’ai payée en espèces, personne ne disait rien à l’époque. En plus, moi je passais bien… J’étais soulagée de l’issue de ce rapt, tout allait bien. Et puis on avait prévu de partir en vacances en Italie. Comme il le disait lui-même, à l’étranger on ne le tuerait pas. C’est pour ça que j’étais contente qu’on parte. Il savait qu’un jour on serait arrêtés, mais si possible ailleurs qu’en

France, où il se doutait qu’il serait abattu . » 1

 

Les amoureux continuent de monter le plan de leur fuite. Jacques Mesrine a d’autres comptes à régler, notamment avec Jacques Tillier, ancien inspecteur à la Direction de surveillance du territoire devenue journaliste à Minute, un hebdomadaire classé à l’extrême droite. Le 10 septembre, avec un complice, Mesrine l’attire dans un guet-apens, une grotte de l’Oise, où il le blesse grièvement. L’ex-inspecteur s’en sort par miracle. Les polices craquent, il est recherché partout. C’est le 2 novembre 1979 que le couple, à bord d’une BMW, est arrêté. Mesrine est abattu. Sylvia, blessée, s’en sort de justesse, pas leur petit chien.

Trente-cinq ans après les faits, Sylvia se penche sur son histoire :

« On m’a fait passer pour une idiote, ça a même fait partie de ma défense. Aux assises, mon avocat m’a conseillé de ne pas avoir l’air trop fière, trop bien dans ma peau. Je devais passer pour une victime de Mesrine… Ce que je n’ai jamais été ! Il était capable d’une extrême violence et d’une extrême délicatesse et tendresse, mais je voudrais dire que je n’ai jamais admiré personne d’autre, à part l’abbé Pierre. »

 

Aujourd’hui, d’autres filles, issues des quartiers cette fois, se transforment en Bridget Jones avec leurs chroniques à l’eau de rose qui fleurissent d’abord sur Facebook et finissent parfois en livres à gros tirage, où elles clament leur adoration pour les « vilains » de leur génération… Sylvia Jeanjacquot, elle, s’est toujours défendue d’idolâtrer cet ennemi public numéro 1 qui l’a embarquée sans l’ombre d’une hésitation dans le camp des voyous.

1. Sylvia Jeanjacquot a raconté son histoire dans Ma vie avec Mesrine, Plon, 2011.

 

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