Femmes hors-la-loi : Le banditisme au féminin (Documents) (French Edition)
Maître Olivier Schnerb : « Une femme est punie plus sévèrement qu’un homme… »
« D’un côté, il y a celles qui sont de vraies voyous, des filles qu’il ne faut pas chatouiller. De l’autre, on voit de plus en plus de femmes poursuivies parce que les hommes utilisent leurs comptes bancaires ; on pourrait parler de délinquance passive, d’une délinquance d’oreillers.
« Au milieu, je vois une troisième catégorie, celle des femmes avides que motive l’appât du gain plus que le pouvoir. Ce qui intéresse le plus celles-ci, c’est moins la peine qu’elles encourent que le fait de savoir si elles pourront récupérer les avoirs saisis, et quand. Je pense à cette Colombienne qui, son mari décédé, s’était lancée dans le trafic de cocaïne, à Paris. Elle avait un côté épicière, le nez sur ses comptes. Avec elle, c’était cash, droit au but. Ça ne rigolait pas. »
Maître Olivier Schnerb : « Une femme est punie plus sévèrement
qu’un homme… »
« Si l’homme est censé apporter la becquée pour le nid, la femme est accusée de voler pour elle. La femme délinquante est punie plus sévèrement que l’homme dans une situation similaire, mais pas seulement : aux yeux des magistrats comme à ceux des jurés, elle a un côté plus antipathique que l’homme.
« Les femmes sont cependant moins exposées à la délinquance pour des raisons évidentes : elles sont moins enclines à la violence et moins fréquemment au chômage. Les femmes immigrées, quant à elles, s’insèrent mieux que les hommes : ou elles travaillent, ou elles n’ont pas la faculté d’aller et de venir.
« Certaines craquent par elles-mêmes, sans qu’un homme les “maque”, je pense à cette jeune femme qui passait de la drogue parce qu’elle en prenait elle-même. À ces aides ménagères qui détournent des biens, à ces dames de compagnie qui craquent. Le braquage et le vol avec violence ne sont pas non plus l’apanage des hommes.
« Celles que l’on rencontre en prison sont généralement assez contentes de ce qu’elles ont fait. Elles nourrissent une forme de haine, que je m’emploie à pondérer en vue des assises. Que l’on ait tué son mari ou attaqué une banque, on ne peut pas plaider la satisfaction du devoir accompli ! »