Femmes hors-la-loi : Le banditisme au féminin (Documents) (French Edition)
La surveillante/2
« Les femmes sont souvent là pour des faits en lien avec l’affect : elles sont trafiquantes parce qu’elles ont suivi un mec ou un fils. Les escrocs, elles, sont plutôt des autoentrepreneurs du crime. Elles assument rarement les faits, qu’elles banalisent. Facilement séductrices, elles ne vont pas humilier les plus faibles, mais, au contraire, les aider. Elles ne sont pas inscrites dans un parcours, comme ces petites délinquantes qui arrivent après de nombreuses condamnations dont elles n’ont pas compris que c’étaient des avertissements. Elles arrivent mieux que les autres à monter des projets pendant leur détention et parviennent généralement à leurs fins parce qu’elles connaissent toutes les règles. À côté d’elles, les petites délinquantes semblent ne rien craindre, comme si tout glissait sur leur peau. Cette génération me terrorise parfois, parce qu’elles sont sans foi ni loi. Elles pensent à l’envers, comme cette fille qui se posait en victime parce que celui qu’elle avait volé en s’introduisant chez lui la nuit l’avait poursuivie et avait frappé son copain… On se dit parfois qu’il faudrait les remettre dans le ventre d’une mère… mais pas la leur. Les escrocs nous promettent qu’on ne les reverra pas de sitôt, mais, ces jeunes-là, on sait qu’elles reviendront vite. »
Mascara
« C’est pas évident à vivre, toutes ces fouilles à corps, proteste Nadine, condamnée à une petite décennie de prison. C’est un viol ! Faut ouvrir la bouche, soulever les cheveux, s’accroupir et tousser. Je vais cacher une kalach sous mes seins ? Je suis pas Lolo Ferrari ! C’est comme quand elles entrent dans la cellule sans frapper et que vous êtes aux toilettes, ou en train de vous épiler. C’est une humiliation ! Il y a une surveillante, une vraie sorcière, elle inspectait à chaque fois le mascara, le dentifrice… J’ai failli pisser dans mon shampoing pour qu’elle le renifle. Se rebeller ? Il y aura toujours des représailles, alors on ferme son bec. Comme le canard. On est pieds et poings liés, quand même. »