Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)

Chapitre 1

Hailey

 

Quatre ans plus tôt

Mon cœur bat à tout rompre, le flingue braqué sur sa tempe. À genoux, le dealer se pisse littéralement dessus, et je ne suis pas loin de faire pareil.

Il me suffit pourtant d’appuyer sur la détente pour signer mon entrée dans cette institution, celle que je rêve de rejoindre depuis des années : la Pyramide.

Tire, Hailey !

Je l’ai fait auparavant, j’ai déjà tué dans l’exercice de mes fonctions. Mais aujourd’hui, dans cet entrepôt désaffecté de Montréal, cela n’a rien à voir avec de la légitime défense. Si j’abats ce malfrat, il n’y aura pas de paperasse à la clé. C’est de cette manière que se déroulent les missions d’infiltration de la CIA. Tout est passé sous silence, les réussites comme les frasques. L’essentiel est le résultat.

— Un dernier aveu à faire ? grogné-je à l’intention du dealer.

Je ne lui laisse pas une quelconque porte de sortie, je m’offre simplement un peu de répit, le temps de rassembler mes idées.

— On s’en branle, on a déjà toutes les preuves, crache mon binôme.

Péniblement, je masque mon besoin de déglutir. Nikolaï Aslanov occupe le poste de lieutenant au sein de la Pyramide. Moi, je fais partie des sbires, ceux à qui l’on commandite d’abattre la vermine, parfois quelques chefs des cartels ennemis.

Pour cette première mission, j’ai eu mon « mentor » collé au train, comme une tique accrochée à son hôte. Une sorte de rite de passage. Il me tarde de gravir les échelons. D’atteindre un poste identique au sien, dans un premier temps.

Espérons que je n’ai pas à arborer la même cicatrice affreuse et cet air de bombe à retardement. Pour les marques sur l’épiderme, je n’ai rien à envier à personne.

N’empêche, le type fait froid dans le dos avec son visage carré, ses yeux d’un noir glacial et la longue balafre qui barre sa bouche en diagonale. Si je n’appuie pas sur la gâchette, c’est ma tête qui va sauter.

— Je… je…, balbutie le dealer.

Si je n’abrège pas sa vie rapidement, je peux dire adieu à mon admission, et foutre en l’air six années de dur labeur.

Tire !

J’inspire. Puis presse la détente.

À bout portant.

La détonation retentit dans un bruit métallique, étouffé grâce au silencieux. J’ai l’impression que mon cœur bat pour la toute dernière fois. J’ai un pied dans la Pyramide, l’institution dirigée par la Mante, l’autre dans la tombe. Si j’échoue, personne ne viendra récupérer mon corps pour organiser mes funérailles. Je ne serai qu’un malheureux chiffre dans les statistiques de la CIA.

L’envie de vomir me prend aux tripes lorsque l’odeur métallique du sang accompagne les effluves tenaces d’animaux en décomposition de cet abattoir désaffecté. J’observe le cercle sur le crâne du dealer, inerte. Un frisson me parcourt.

— La prochaine fois, mets moins de temps à exécuter le type, m’engueule Nikolaï. Ça lui évitera de se chier dessus. Maintenant tu nettoies tout, t’as une demi-heure. Il ne doit rester aucune trace de notre passage.

Sur ces mots, il fait demi-tour, me laissant faire le sale boulot.

Vingt minutes plus tard, je le retrouve dehors, en train de tirer une taffe de sa cigarette. La fumée s’échappe de sa bouche, et je me tiens à bonne distance de lui, ne permettant pas à de vieux souvenirs de refaire surface pour me noyer dans les méandres de mes pires cauchemars.

Nikolaï est au téléphone, à interagir en russe. Je comprends quelques mots. Deux en particulier m’interpellent : mission réussie.

— J’espère que tu parles de moi en bien, l’alpagué-je quand il raccroche.

— Ta désinvolture te jouera des tours, l’Venok.

Le Lionceau, voilà comment mon mentor m’appelle. Quel enfoiré ! Néanmoins, je fais comme à mon habitude : semblant de ne rien saisir à ce qu’il dit dans sa langue natale.

— À moins que ce ne soit ton impulsivité, s’exclame Nikolaï comme s’il se parlait à lui-même.

Je me retiens de lui exprimer à quel point je l’emmerde. Durant ma formation au sein de la CIA, j’en ai bavé et mes instructeurs pointaient sans cesse ce détail.

— Je ne suis pas là pour enfiler des perles, le Russe.

— T’as tout nettoyé ? me questionne-t-il en éludant ma pique.

Il tire une taffe et me la souffle en plein visage. L’odeur de fumée me fait grimacer. Mon bras droit s’échauffe, comme si ma peau me brûlait. Du calme, Hailey.

— Conformément à tes instructions, rétorqué-je. Si tu doutes, vérifie par toi-même.

— C’est ta mission, l’Venok. Si t’as foiré, il n’y a que toi qui tomberas.

Un sourire amer s’arrime à mes lèvres. Il est hors de question pour moi de merder. Cela me prendra le temps qu’il faut, mais je compte bien grimper les échelons de la Pyramide. Elle est scindée en deux, avec d’un côté ceux qui s’occupent de la drogue, de l’herbe et de la cocaïne, de la pousse ou la fabrication jusqu’à la revente ; de l’autre, ce sont ceux qui la protègent, en quelque sorte, avec toute une institution de tueurs chevronnés. Son organisation, c’est ce qui fait sa différence vis-à-vis des autres cartels en place, et sa dangerosité. Pour le moment, je viens de valider mon poste de sbire. Après, je passerai lieutenant, puis quatuor, et enfin je vise le rôle de bras droit. Voilà le plan. Ensuite, il ne me restera plus qu’à lui en couper la tête.

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