Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)

Chapitre 31

Hunter

 

Il faut que je me barre d’ici avant que tout ne s’effondre !

Pourtant, mes pieds semblent plantés dans le béton. Les deux gars ont parlé d’une personne présente sur les lieux, attachée… en face du feu !

Ni une ni deux, je me retourne et mon sang ne fait qu’un tour.

Accrochée à trois mètres au-dessus du sol, des chaînes en acier autour des poignets, Hailey flotte dans le vide, inerte. Un scotch sur la bouche, rien ne l’empêche de respirer ces fumées toxiques. Si toutefois elle respire encore.

Agir. Vite. Laisser ce sentiment de panique de côté au profit de l’adrénaline.

J’observe chaque recoin de l’entrepôt à la recherche d’un moyen pour la faire descendre.

Si les Italiens ont pu la hisser, c’est qu’il doit exister une solution pour qu’elle touche terre sans prendre le risque d’escalader la structure vacillante.

Sur ma gauche, mon attention se porte vers une sorte de bureau auquel on accède par un escalier de métal. Sûrement la salle des commandes !

J’y cours, et grimpe les marches trois à trois. Et quand j’y entre, je manque de m’effondrer. Ces salopards ont bousillé ce que j’imagine être la console centrale.

Je n’ai aucun moyen de faire descendre Hailey !

Encore moins d’éteindre l’incendie.

À nouveau, la structure métallique grince.

— Bouge-toi le fion, Hunter ! m’admonesté-je.

Je ressors de la pièce, et lutte pour ne pas me laisser déborder par l’urgence de la situation, même s’il s’agit de Hailey.

Je me force à ne pas regarder son visage quand j’observe ses poignets attachés. Je suis les chaînes jusqu’à leur point d’ancrage.

Un crochet.

C’est de la folie ! hurle ma raison.

Mais c’est Hailey, murmure mon cœur.

Comment l’ignorer alors qu’il accélère sa course dans ma poitrine ?

Comment ne pas prendre en considération mon amour pour elle ?

Comment vivre si je la laisse dépérir ici ?

Cela m’est impossible.

Je préfère qu’elle m’en veuille tout en étant en vie.

Alors, je choisis de corrompre ma parole, plutôt que de tenir ma promesse.

J’ai besoin de quelque chose. N’importe quoi qui me permettrait de me hisser jusqu’à ce maudit bout de métal. Ou un élément qui m’aiderait à le faire descendre.

Un énième grincement retentit. Le feu approche dangereusement des barils.

Je n’ai pas le temps d’échafauder un plan aussi méticuleux que d’ordinaire.

Sans réfléchir, je cours vers l’entrée.

À mains nues, je fais ce dont j’aurais préféré m’abstenir : j’escalade l’un des piliers métalliques pour prendre de la hauteur.

Mon pied glisse sur la structure à plusieurs reprises. Mes mains moites ne m’aident pas à accélérer le mouvement.

Armé de ma persévérance et de ma détermination, je parviens néanmoins à gagner l’élément transversal, sur lequel je prends appui.

Un coup d’œil derrière moi me permet d’évaluer le vide entre moi et Hailey. Je suis au-dessus d’elle d’une hauteur égale à ma taille et trois mètres nous séparent de ma position.

Je dois me lancer pour m’agripper aux chaînes d’acier. Ensuite, je me servirai de nos poids pour effectuer un mouvement de balancier. La chute sera douloureuse, mais jamais pire que de brûler vifs.

Tout semble parfait sur le papier. La réalité est tout autre.

Je le sais, je le sens.

Mais je n’ai pas la possibilité d’étudier toutes les options disponibles.

Je dois m’élancer.

Maintenant.

Sauf que, j’ai beau me concentrer sur ces foutus liens de métal, mon attention est irrémédiablement attirée vers le sol. J’ai le vertige, putain !

— Magne ton cul, Hunter ! grogné-je à mon encontre.

J’inspire une grande goulée d’air, même si les fumées irritent davantage ma gorge. Mes jambes fléchissent. Puis je me propulse en avant.

J’attrape l’une des chaînes, in extremis. Toutefois la transpiration de mes paumes ne me permet pas d’avoir une prise solide. Je glisse.

Si j’arrive trop bas, et me retiens à Hailey, ses poignets ne supporteront pas notre poids.

Mû par une rage sans pareille, mes doigts se faufilent dans les interstices des anneaux pour avoir un meilleur maintien, et j’encercle son corps de mes jambes.

Ma poitrine s’opprime sous le poids de l’adrénaline.

Je ne peux pas vérifier son pouls sans risquer de lâcher prise, alors j’entame des mouvements de balancier en me servant de toute ma force physique.

Les secondes défilent durant lesquelles la chaleur s’intensifie. Les grincements aussi. Les flammes lèchent les barils.

Je redouble d’efforts. J’ai l’impression qu’il s’agit de ma punition, mon châtiment pour n’avoir pas su la protéger quand il le fallait.

Mes abdos me brûlent, mes bras me font souffrir. J’ai la sensation de suffoquer.

Qu’importe.

Je préfère mourir plutôt que de l’abandonner.

Un regard en l’air m’indique que nous y sommes presque. La chute va être brutale, mais je chasse cette pensée. Les conséquences d’un échec sont ma seule motivation.

Un coup de reins plus fort parvient à nous dégager de ce crochet. Pendant une fraction de seconde, je nous sens en apesanteur, face aux flammes, invincibles. Puis, durant celles qui suivent, c’est la dégringolade et la rencontre avec le béton.

Je touche terre le premier, protégeant en partie Hailey, mais subissant le poids de son corps inerte. Une vive pointe de douleur me traverse la hanche, me clouant au sol.

Malgré mon envie de me relever, à cause des grincements de plus en plus rapprochés, j’ai besoin d’une poignée de secondes pour souffler.

Dès que je m’en sens capable, je me redresse et la hisse sur mes épaules. Malgré l’élancement que je ressens, je cours pour nous sortir de ce brasier.

Une fois dehors, je nous éloigne encore, puis, avec autant de délicatesse que me le permet mon état physique, je pose Hailey au sol.

Inerte devant moi, je tente de ne pas trembler quand, de l’index et du majeur, je cherche son pouls. J’ai l’impression que les pulsations de mon cœur sont si fortes que je ne parviens pas à déceler le sien.

Ma vue se brouille, embuée par mon désespoir.

— Je t’en prie, Hailey. Reste avec moi.

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