Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)
Chapitre 18
Hunter
Hailey n’a pas cessé de se retourner toute la nuit, comme si elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. J’ai fini par quitter le lit et dormir sur le canapé, malgré mon envie de lui offrir le cocon protecteur de mes bras. Elle semblait si fragile.
Appuyé contre l’embrasure de la porte, je l’observe depuis plusieurs minutes sans oser la réveiller. Sa respiration est calme, et je donnerai cher pour profiter de ce moment encore un peu.
Malheureusement, nous devons y aller.
J’approche d’elle en douceur et pose ma main sur son épaule droite.
— Hailey, soufflé-je.
Sa réaction est immédiate, elle attrape mon poignet et, à l’aide de ses jambes, malgré notre différence de poids, elle parvient à me basculer de l’autre côté du lit.
Une pression sur ma gorge de forme ronde et glaciale au toucher m’empêche de reprendre le dessus. Elle tient un flingue sur ma trachée, alors je me contente de garder le silence, attendant sa sentence.
— Ne t’avise plus de me réveiller comme ça, crache Hailey.
Au travers de sa voix, je décèle sa peur, mais aussi un léger tremblement. Avec une extrême prudence, sans faire de gestes brusques, je cale mes mains sur ses hanches.
— Promis, soufflé-je.
Plusieurs secondes s’écoulent durant lesquelles Hailey ne bouge pas d’un pouce. Puis elle finit par retirer son arme de ma gorge. Elle commence alors à se relever, mais je la retiens en glissant mon bras autour de sa taille en même temps que je me redresse.
— Attends.
— Lâche-moi ! s’énerve-t-elle.
— Hailey, j’ai besoin de savoir si je dois surveiller d’autres de mes gestes, lui demandé-je avec autant de calme que possible.
J’essaye de ne pas la brusquer, car elle pourrait à tout instant me tirer dessus. Il semblerait que cela fonctionne puisqu’elle cesse de gigoter.
À moins que ce soit autre chose ?
Assise sur moi, nos visages à quelques centimètres l’un de l’autre, nos souffles paraissent s’amenuiser. L’envie de trouver ses lèvres au lieu de sa peau s’empare de ma raison. Je lutte contre, de toutes mes forces.
La tentation est pourtant là, elle m’incite à nous rapprocher davantage. Ce que je fais. Je peux désormais déceler ses traits en dépit de la pénombre environnante. Nos nez finissent par se frôler. Mon corps tout entier réagit à ce contact, et il se tend encore plus lorsque ses seins galbés appuient contre mon torse. Malgré nos vêtements, je sens leur rondeur. Me laisserait-elle soulever son haut pour y goûter ?
— Hailey, soufflé-je.
— Ne me réveille pas comme ça, c’est tout ce que je te demande, déclare-t-elle en cherchant à s’éloigner de moi.
Je ne la retiens pas. Lorsque son poids se retire, je perçois toute la tension présente au niveau de mon entrejambe. J’ai touché des femmes ces dix dernières années, mais aucune ne m’a procuré un tel sentiment, comme un mélange d’urgence et de prudence.
Je bande comme un putain de chien !
Mais qu’est-ce qu’il me prend, bon sang ?
— Combien de temps j’ai dormi ? me questionne Hailey en farfouillant dans la valise à la lumière de son téléphone.
— Assez pour te reposer, mais pas assez pour être de meilleure humeur, lâché-je en me remettant sur mes deux pieds.
— La prochaine fois, tu ne me touches pas. Ça t’évitera de mourir crucifié.
Je soupire pour tenter de relâcher la pression qu’elle a fait naître.
— Tu as réservé l’hôtel ? me demande-t-elle de manière agressive.
— Oui, une chambre simple, comme tu me l’as ordonné. Dans un établissement familial.
Hailey fait volte-face, et, malgré la faible lumière émise par la lampe de chevet qu’elle a allumée, j’aperçois les traits courroucés de son visage. Je n’ai pas respecté son désir de standing et ma décision la fait basculer en une fraction de seconde. J’ai tout juste le temps de me jeter sur elle pour saisir son poignet. Je lève son bras aussi haut que possible pour qu’elle lâche son arme. Grâce à mon avantage de taille, Hailey finit par capituler et le flingue tombe au sol dans un bruit sourd.
Je réagis sans attendre en lui bloquant les mains dans le dos, et en l’obligeant à reculer jusqu’à la plaquer au mur à l’aide de mon corps. Au travers de notre proximité physique, je perçois toute sa fougue quand elle s’agite pour reprendre le contrôle.
— Lâche-moi !
— Hors de question.
Elle se débat durant plusieurs minutes pendant lesquelles je ne faiblis pas. Je ne lui donnerai pas ce qu’elle veut sous prétexte qu’elle est ma supérieure hiérarchique. Son comportement dépasse les limites et elle doit impérativement entendre raison pour les bonnes suites de notre collaboration.
— Lâche-moi ! hurle-t-elle.
Si elle continue comme ça, elle va ameuter tout l’hôtel, et peut-être même les flics qui vont croire que je la maltraite. Je ne peux pourtant pas décemment accéder à sa demande. Cela lui allouerait une ascension trop importante dans nos rapports. Il est essentiel que je nous ramène à un point d’équilibre.
Alors, à défaut d’user de force, je tente une nouvelle approche. Je lui redonne un peu de liberté en libérant l’une de ses mains. Hailey ne perd pas de temps. Elle essaye de me frapper dans le ventre. Je l’entoure, la tenant avec autant de fermeté que de douceur.
Peu à peu, elle arrête de s’agiter. Jusqu’à se calmer.
Nos respirations finissent par s’accorder sur le même rythme. Un sentiment étrange s’éveille en moi, comme une sensation de réconfort.
Les souvenirs de l’enterrement de Noah m’apparaissent. Je réalise avec un certain désarroi que je n’ai pris personne dans mes bras depuis ce moment. Et que la dernière à y avoir eu sa place est la même que celle que je tiens actuellement contre moi.
— Je sais que tu m’en veux, Hailey. Mais je ne peux rien faire pour changer le passé. Est-ce qu’on pourrait au moins essayer de trouver un terrain d’entente pour cette mission ?
En guise de réponse, je n’ai le droit qu’à ses mains qui viennent se poser dans mon dos. Comme si elle me rendait cette tendresse étrange.
— Après, tu me promets de disparaître pour toujours ? souffle-t-elle.
Mon cœur s’arrête un instant. Sa question est pire qu’une mise à mort. Si je n’ai pas songé à la suite de notre mission, parce que j’ai appris à vivre dans l’instant depuis des années, sa volonté de me rayer de sa vie me transperce de part en part.
— Si c’est ce que tu souhaites, je te le promets, affirmé-je.
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