Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)

Chapitre 36

Hailey

 

J’attends dans une voiture, accompagnée par ce cher Antonio.

— Je ne comprends pas pourquoi tu as refusé que je te frappe pour apporter plus de crédibilité à ton enlèvement. Aurais-tu peur d’une fille ?

— Au contraire. Vu la taille de tes poings, il valait mieux que Jackson s’en charge.

Son œil au beurre noir doit être affreusement douloureux. Bien fait pour lui.

Ce type me révulse. Nous sommes supposés être dans le même camp, mais il ne semble pas éprouver de remords d’avoir failli me buter. Pire, il ne cherche pas à s’en excuser, bien au contraire.

J’ai conscience qu’au moindre accroc, il tiendra son rôle auprès de Vincenzo plutôt que d’aider l’un des siens. Autrement dit : il m’abattra au lieu de me prêter main-forte. Même si les gars de Nikolaï sont postés de façon stratégique pour intervenir en moins de cinq minutes, et que Hunter est de la partie, je suis solo à gérer l’entrevue et cet énergumène.

— Les voitures arrivent, crache le Russe par le talkie.

— En avant, princesse, lâche Antonio.

Tandis que je lui noue les poignets avec un collier de serrage en plastique, je ne peux m’empêcher de le rembarrer.

— Dis-toi que je ne serai pas seule à prendre un malin plaisir à te buter si l’occasion se présente. Néanmoins, ce n’est pas moi que tu devrais craindre le plus.

Je capte un instant son regard, et pare mon visage d’un sourire narquois. Antonio perd le sien. Mes menaces sont réelles, il le sait. Hunter ne laissera jamais cet enfoiré s’en tirer s’il m’arrivait quoi que ce soit.

Son dévouement envers moi et notre bref interlude me donnent le courage d’affronter ce qui va suivre. Sauver Rose, retrouver la Mante, rester en vie, voilà les objectifs.

Je m’extirpe de l’habitacle, et aide notre appât à en faire de même. Une berline noire se gare à quelques mètres de nous. Puis deux. Puis trois. Comme prévu. Ou plutôt comme notre indic sur place nous en a informés, avant de rejoindre l’équipe.

Sans attendre, je dégaine mon flingue et le pointe dans le dos d’Antonio. Devant nous, une dizaine d’entre eux sortent des voitures et se postent autour de leur chef. Pas de Rose à l’horizon.

— Tu arrives bien entouré pour un échange où tu devais venir seul et avec celle que je désire.

— Tu as parlé trop vite, me nargue Fratelli. J’ai dû manquer un détail. Ou plusieurs.

— Ne joue pas au plus malin avec moi !

J’approche tout en maintenant une distance de sécurité avec ses sbires et lui. Mon cœur palpite. Mes cervicales sont tendues.

— Où est Rose Manson ?

— À l’abri des regards.

— Ne m’oblige pas à repartir sans elle, Fratelli ! grondé-je.

— Je ne suis pas sûr de te suivre, Hailey. Tu souhaites la récupérer, puis tu me proposes de nous offrir sa mère sur un plateau d’argent afin de gagner ta liberté. Puis à l’étape d’après, ton chasseur et toi, vous kidnappez l’un de mes gars, dans l’unique but de ravoir cette jeune fille. Je ne sais plus à quelle version me fier.

— Quoi que je dise, tu ne me croiras pas. Alors, cessons de perdre du temps, si tu le veux bien. Où est Rose ?

Pour appuyer mon sérieux, je frappe violemment l’arrière du genou de mon appât qui chute, puis je pointe mon arme sur sa tête.

Fratelli n’arbore plus aucun sourire, signe qu’Antonio a bel et bien de la valeur à ses yeux.

— Tu commets une grave erreur, Hailey, murmure l’agent infiltré.

— C’est toi qui en as commis une, en essayant de me buter. Tu aurais dû t’assurer que j’y étais bien passée.

Les hommes de l’Italien me tiennent désormais tous en joue, prêts à appuyer sur la détente dès que l’opportunité se présentera. Je ne leur laisserai pas l’occasion de me descendre.

— Hailey, soyons raisonnables tous les deux, intervient Fratelli. Je peux leur demander dès à présent de s’occuper de Rose, ou alors, on trouve un terrain d’entente.

Je retiens mon rire pour ne pas envenimer la situation. Cela lui donne l’impression que je réfléchis. Mais c’est déjà tout vu. Nikolaï va m’en vouloir, mais je n’arriverai à rien avec Vincenzo. Il n’a jamais tenu parole.

D’abord la voiture piégée, sa tentative de me buter dans l’entrepôt. Je le savais avant même de venir ici, mais je n’ai rien dit.

À quoi bon reculer pour mieux sauter ? Chaque plan proposé aurait eu une faille qu’il m’aurait fallu combler.

Je suis déterminée à récupérer la gamine et à mener à bien ma tâche jusqu’au bout. Je dois trouver un moyen de le faire plier.

— Tu radotes, j’agis. Où est Rose ?

— Sois raisonnable pour une fois, gronde Fratelli. Tu sais parfaitement comment ça fonctionne. On cherche tous à tirer la couverture à nous.

Il espère gagner du temps. C’est évident. Peut-être que des renforts vont arriver d’ici une poignée de minutes, de secondes peut-être.

Je suis seule face à des types qui ont déjà tenté de me tuer à plusieurs reprises. Nos gars, eux, sont postés dans les étages supérieurs. Il était trop risqué de les placer aux niveaux inférieurs ou ici, à la vue des Italiens.

Je dois faire diversion pour m’emparer de celui qui a le plus de valeur.

— Sauf que toi, tu as été bien trop gourmand, répliqué-je.

— J’ai joué, j’ai perdu. Recommençons donc une nouvelle partie.

— Comme tu voudras, murmuré-je.

La seconde qui suit, je dégoupille un fumigène et le jette à terre. Puis deux autres supplémentaires, avant de frapper Antonio du coude, entre les deux omoplates, et de m’extirper de ce bourbier.

Une fois planquée près de la voiture, je tire un coup en l’air, ce qui déclenche les hostilités.

Aucun des Italiens ne sait d’où ça vient, mais le doute et la peur sont suffisamment grands pour les faire dérailler.

Une pluie de balles s’élève.

Des grognements et des bruits mats de corps qui tombent retentissent. Ils se canardent les uns les autres dans un balai funeste.

Moi, j’attends que le silence revienne.

Au bout de deux minutes à peine, la fumée se dissipe, laissant apparaître deux hommes encore en vie. Leurs regards affolés de voir les leurs à terre me rappellent de trop nombreux souvenirs de missions à haut risque. Mais surtout la toute première. Sauf que, cette fois, je n’hésite pas. Un tir pour chacun d’entre eux achève leur souffrance.

— Sale pute, rugit Antonio.

À quelques mètres de la scène, souple, il bondit sur ses deux pieds malgré ses poignets liés. Je fais feu en direction de sa cuisse pour le stopper. Il hurle de douleur et tombe au sol.

— Arrête de geindre ou je t’en colle une autre, grondé-je.

Des crissements de pneus retentissent. Putain de merde, Fratelli et son chauffeur se barrent !

Cette pensée me traverse à peine l’esprit qu’un rugissement éclate. Un tir de sniper. Net et précis.

— Merci, Jackson, soufflé-je.

Informaticien hors pair, et tireur d’élite, ce couteau suisse vient d’abattre le conducteur. Je me précipite vers la voiture, et tiens en joue celui qui tente de reprendre le volant.

— À ta place, je n’essayerais même pas.

— Ton pote ne me butera pas.

— Lui, non. Mais moi, si.

Mon doigt en position, le bras tendu, la main gauche en soutien, je ne cille pas, prête à réagir pour empêcher Fratelli de se barrer.

— Sors de là, et mets-toi à plat ventre ! Tout de suite !

Vincenzo s’exécute avec lenteur. D’un coup de pied, je l’oblige à aller plus vite. Je lui attache ensuite les poignets dans le dos, et lui retire ses armes.

— Où est Rose ?

— Plutôt crever que de t’aider.

— Et laisser ton clan périr ? Tu me déçois, Vince.

— Comment tu…

— Tu te demandais pourquoi je souhaitais la liberté de Hunter en plus de la mienne. Comme toi, j’ai un talon d’Achille, murmuré-je près de son oreille.

J’oblige Fratelli à se relever, puis l’emmène vers notre SUV. Il ne peut s’empêcher de jeter un œil en direction d’Antonio, qui tente de se redresser.

— Dis-lui de rester à terre où je lui nique sa troisième jambe, grondé-je.

Vincenzo opine du chef, Antonio grogne en se rasseyant.

Une fois à proximité de mon véhicule, j’attrape le talkie sur le siège passager, qui ne cesse de vociférer.

— J’ai le boss, je me dirige vers leur planque avant que ses gars soient avisés du cafouillage.

— Je t’interdis d’y aller seule ! peste Nikolaï.

J’entends quelques mots échangés, puis une voix qui s’infiltre jusqu’à mon cœur.

— Fonce, on te couvre !

Hunter.

OceanofPDF.com