Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)

Chapitre 15

Hailey

 

La détermination de Hunter à me protéger transpire au travers de sa menace. À moins que ce ne soit le regard qu’il me lance dès que la première sonnerie retentit.

— Il parcheggio della scuola.

Mon index appuie sur la détente au même moment où la lame tranche la gorge de notre adversaire qui vient de nous balancer en mentionnant le parking de l’école.

La scène qui suit me semble se passer au ralenti. L’Italien se fige, les yeux écarquillés, puis il chute sur ses genoux avant de basculer face contre terre, inerte.

L’instant d’après, tout s’accélère.

— Le directeur ? me questionne Hunter en désignant le chef d’établissement.

— Vivant, annoncé-je en prenant son pouls. Il a tourné de l’œil dès qu’il a vu une arme. Aide-moi à le transporter jusqu’à la voiture avant qu’on se fasse canarder ! ordonné-je à mon partenaire.

— Hailey, mieux vaut le laisser, affirme mon binôme en me saisissant par le bras droit, et en m’entraînant derrière lui.

Il a plus de force que moi, et je n’ai pas d’autre choix que de le suivre. Ma peau est bien trop sensible pour que je résiste.

— Pourquoi ? protesté-je.

Nous courons en direction de la voiture.

— Les flics seront là d’une minute à l’autre.

Comme si l’univers l’avait entendu, des sirènes résonnent au loin.

— Les Italiens ne vont pas pouvoir questionner le directeur, poursuit-il. Une protection sera sûrement mise en place, et cela va les occuper un moment. Profitons de ce laps de temps pour prendre de l’avance sur eux.

Je comprends son raisonnement, même si je déteste l’idée de laisser un témoin derrière nous.

À n’importe quel instant nos noms fuiront ou une diffusion de nos portraits-robots pourrait apparaître à la télévision, dans la presse, ainsi que l’identité de celle que nous cherchons. Ça craint !

*

* *

J’ai la sensation d’être une lionne en cage tant mon esprit tourbillonne. Avec Hunter, nous avons pris la fuite sans attendre, et abandonné le véhicule au beau milieu de la campagne écossaise, après avoir roulé toute la matinée.

Nous marchons désormais à travers la nature dense et vallonnée du parc forestier de Galloway, en direction de la côte ouest du pays. Il va nous falloir un certain temps avant d’y parvenir, et cela ne me plaît pas du tout.

— Arrête de réfléchir, et avance, bon sang ! tonne Hunter, à quelques mètres devant moi.

Je lui jette un regard noir.

— Nous ne serions pas dans cette merde si…

— Si quoi ? gronde-t-il en faisant volte-face.

Depuis près d’une heure, il tire la valise dans laquelle nous avons rassemblé nos vêtements. Les roues s’embourbent régulièrement, et je le vois se démener pour ne pas l’abandonner à son triste sort. Ce qui le rend de mauvaise humeur.

— Parle-moi sur un autre ton ! répliqué-je.

— Pourquoi ? Parce que ça ne plaît pas à madame ? Tu transportes le sac de matériel, alors fusille-moi, je t’en prie. Mais ne compte pas sur moi pour porter cette vache après !

Pendant qu’il s’agace, j’arrive à son niveau. Lui qui est d’ordinaire d’un calme olympien semble perdre son sang-froid à mesure que nous traversons ces bois.

— C’est bon ? Tu as fini ton caca nerveux, là ?

— OK, princesse. Faisons donc un échange.

S’il croit que je vais me débiner à faire rouler ce fichu bagage, il se trompe.

Je bascule le sac d’armes de mon épaule et le jette sur lui. Ce machin aussi pèse une tonne !

Sans le quitter des yeux, avec un air de défi, j’attrape la poignée de la valise et commence à la tirer.

Du moins, j’essaye.

Un sourire narquois naît sur le visage de Hunter. Je vais lui donner l’envie de le ravaler illico presto !

— Notre situation te fait marrer ? Nous sommes au beau milieu d’une forêt, complètement trempés. Le dossier de Rose nous a juste appris que nous avons perdu du temps, et la nuit va arriver d’ici quelques heures ! Nous sommes peut-être fichés dans tout le pays, ce qui rendra notre traversée impossible, hormis à la nage. Et ça te fait marrer ? répété-je en hurlant.

Hunter ne me répond pas, mais son expression redevient sérieuse. Il dépose le sac de sport au sol, puis l’ouvre, toujours sans un mot.

— Mais qu’est-ce que tu branles ? lui demandé-je, agressive. Ce n’est pas le moment de faire un inventaire !

— Tu l’as dit toi-même, d’ici peu de temps nous n’y verrons rien. Nous sommes fatigués, trempés, et il est hors de question qu’on continue à s’épuiser.

Je ne sais pas ce qui me déplaît le plus dans son explication entre le fait que nous allons être obligés d’établir un campement au beau milieu de cette forêt ou bien le fait qu’il prenne la main des opérations.

— D’après le GPS du téléphone, il y a une rivière à proximité, poursuit-il en sortant deux objets du sac. Nous avons un allume-feu, et un petit récipient pour faire bouillir de l’eau.

— C’est merveilleux ! lancé-je, la voix teintée de sarcasme.

Je m’accroupis pour être à son niveau et le fixe, en retenant difficilement mon envie de le frapper.

— Dis-moi, Einstein, tu n’oublierais pas un détail ?

— Pourquoi me poser la question, Hailey ? J’imagine que tu vas prendre un malin plaisir à éclairer ma lanterne. Vas-y, je t’en prie, je suis tout ouïe.

— La pluie, Hunter ! Tout ce qui est autour de nous patauge dans l’eau. Comment vas-tu allumer un feu dans ces conditions ?

— Par magie, bien évidemment, me répond-il avec dédain.

Il se relève et saisit la poignée de la valise. Je n’ai jamais éprouvé autant de colère envers quelqu’un avant aujourd’hui. À croire que toutes nos conversations ne mènent qu’à cette émotion.

Je me redresse, le regard figé sur le sac où nos armes sont rangées. Il me suffirait d’en prendre une pour mettre fin à cette situation merdique.

Une balle.

Juste une.

Et l’affaire serait réglée.

— N’y songe même pas, souffle une voix près de mon oreille.

L’intégralité de mon corps se tend, autant en ressentant la chaleur de celui de Hunter dans mon dos, qu’en percevant sa main sur ma hanche droite et la lame d’un couteau au niveau de ma jugulaire gauche.

Je ferme les yeux, laisse son parfum m’envahir au même titre que tout un tas d’émotions contradictoires. Mon instinct me dicte de me défendre, mais une part de moi a déjà abandonné, résiliente.

Les secondes s’égrènent, les minutes aussi, mais Hunter ne semble pas décider à agir. Qu’est-ce qui le retient ?

— Qu’attends-tu pour apposer ta marque de fabrique sur moi ?

Ma question n’est qu’un murmure à peine audible avec le vent qui s’élève. Je penche la tête sur la droite, pour lui offrir un meilleur accès. Mes lèvres tremblent, sans que je puisse les contrôler.

Le ferait-il ?

Me délivrerait-il de cet enfer qui semble attaché à mes chevilles depuis le décès de Noah ?

Aucune larme ne dévale mes joues. Je n’ai pas peur de la mort. Je cohabite avec elle depuis trop longtemps pour être effrayée par sa sentence. Elle représente, au contraire, une libération contre laquelle je ne cesse de lutter. Mon quotidien oscille entre mon besoin de vengeance et mon envie de rendre les armes.

Un frisson me parcourt tout entière lorsque je sens une chaude pression remplacer le froid de la lame. Ma respiration se coupe dès l’instant où je comprends ce dont il s’agit. Le baiser de Hunter est fugace, mais j’ai la sensation qu’il m’a marquée au fer rouge.

— Nous devons nous dépêcher, déclare-t-il en se détachant de moi.

L’air glacial s’infiltre dans mes poumons, comme si la vie reprenait ses droits. Pourtant, inspirer à nouveau ne m’apporte aucun soulagement.

Vient-il réellement d’embrasser ma peau ?

OceanofPDF.com