Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)
Chapitre 35
Hunter
J’embrasse Hailey, avant de me détacher d’elle. À pas de loup, je me dirige vers la porte et vérifie que nos « invités » sont bien ceux que nous attendons. J’aperçois alors la cicatrice de notre ami russe. J’ouvre.
— On a un énorme problème, tempête-t-il en rentrant, suivi de quatre gars baraqués.
Je reconnais le dernier et manque de perdre mon sang-froid.
— Qu’est-ce qu’il fout là, lui ? demande ma partenaire en me devançant.
Le type en question n’est autre que celui qui tenait Rose quand Fratelli et ses hommes sont partis du hangar.
Je referme la porte, sur le qui-vive, puis me replace aux côtés de Hailey. Au moindre geste, j’attaque.
— Antonio est l’un des nôtres, explique le Russe.
— Il a tenté de me buter, siffle Hailey.
— J’ai échoué, a priori, lâche le concerné, sarcastique.
J’avance vers lui, menaçant. Nikolaï s’interpose en posant une main sur mon torse.
— Espèce de sale fils de pute ! craché-je à l’attention de l’Italien. Si je n’avais pas été là, elle aurait calciné dans l’entrepôt où vous l’avez attachée par les poignets et suspendue dans le vide.
Un blanc s’installe, et le type en question perd son sourire. Nikolaï, lui, semble mécontent de cette information.
— On réglera ça plus tard, intervient-il.
Antonio grimace. Le fait que ce connard se fasse taper sur les doigts ne m’apporte aucun réconfort. Hailey a failli y passer, merde !
— Quant à toi, ajoute le Russe, un peu plus bas. N’en fais pas une affaire personnelle.
Je lui jette un regard noir. Il peut bien se les mettre où je pense ses conseils !
Nikolaï s’écarte de moi pour s’avancer vers Hailey. Je pourrais refaire le portrait de l’enfoiré d’Italien, mais les autres membres de l’équipe semblent prêts à intervenir à tout moment. Tous sont bâtis comme des armoires à glace. Les diverses cicatrices qui marquent leurs mains ou les parties visibles de leur peau m’indiquent que ce ne sont pas des tendres. Le soulagement que j’éprouverais n’en vaut pas la chandelle.
— T’as une sale gueule, l’Venok, lance Nikolaï.
— Ne m’appelle plus le Lionceau. Explique-moi plutôt de quoi il en retourne. J’aimerais en finir avec cette histoire.
— Antonio sait où est retenue la fille de la Mante.
— Mais les gars sont plus nombreux que vous, ajoute le type en question.
— Tu n’as qu’à te joindre à nous, lâche Hailey avec une pointe de sarcasme non dissimulée.
— Il compromettrait sa couverture, explique Nikolaï
— Que fait-il ici dans ce cas ? demandé-je en retournant près de Hailey.
— Il est notre appât. Nous allons faire croire à sa capture.
— Comme si Fratelli en avait quelque chose à foutre de sa tronche, siffle ma partenaire.
— Vincenzo m’adore si tu vois ce que je veux dire, réplique le concerné.
— S’il fait exception en sauvant ton cul, il sera la risée de son clan, le contre Hailey.
— Sauf si l’entrevue est organisée en petit comité, intervient Nikolaï.
— Et surtout parce que c’est lui le boss, déclare Anthonio. Alvaro Mancini a passé l’arme à gauche deux jours après le décès de son fils. D’ailleurs, très propre l’estafilade, Hunter.
Sa congratulation, je m’en moque. Il nous lâche une bombe, mais parle comme s’il évoquait la pluie et le beau temps. Je me demande depuis combien de mois ou d’années il est infiltré pour banaliser ce genre d’informations. Ou bien s’il s’agit de son caractère.
— Rien de cette nouvelle n’a encore fuité auprès du clan, poursuit-il. Seuls quelques hommes hauts placés connaissent la vérité. Vincenzo cherchera à masquer à tout prix qu’il veut me récupérer en échange d’un appât, dans les faits, bien plus important que moi.
— Comment ? demandé-je.
— Une entrevue en petit comité, répète Nikolaï.
Il s’emploie ensuite à nous faire part du plan, plus ou moins complet. C’est, bien évidemment, à Hailey de se présenter, histoire de mettre un coup de pression. Moi, je resterai en retrait. Cette idée ne me plaît pas le moins du monde.
Dans les grandes lignes, tout semble simple.
— Cinq hommes en plus de Hailey et moi ? On va y laisser notre peau, commenté-je.
— Petit comité, commente la pièce rapportée. Y a quelque chose que tu ne piges pas dans ces mots, le Chasseur ?
Dans sa façon de s’adresser à moi, je ressens toute son agressivité.
— Et dans « sale enfoiré », y a un sens qui t’échappe ? Vincenzo n’a pas tenu ses engagements auprès de Hailey, pourquoi le ferait-il maintenant ?
— Parce que Fratelli ne peut pas se trouver un autre petit cul, qui veut bien de lui, à se mettre sous la dent, raille Hailey, avec dédain.
La suite n’est qu’une flopée de jurons. Nikolaï intervient.
— Silence ! Nous ne pouvons pas commencer à partir dans tous les sens. Nous nous en tenons au plan, et nous nous adapterons au terrain. Point barre.
Je déteste travailler comme ça, sans parer à toutes les éventualités. Néanmoins, pendant l’heure qui suit, l’un des gars de l’équipe passe en revue les options d’entrées et de sorties du bâtiment choisi pour le lieu de rendez-vous : un parking sur plusieurs étages à proximité du quartier des affaires.
— Je te préviens, le Russe, t’as intérêt à nous tirer Hailey et moi de ce putain de bourbier, sinon tu vas vivre dans d’atroces souffrances.
— C’est prévu. Si tu appliques les ordres, ajoute-t-il.
— T’as de la chance d’être compétent, le Chasseur. Peu ont droit à ce traitement de faveur, lance Antonio.
— Quel traitement de faveur ? demande Hailey, me devançant.
— Un service en échange d’une nouvelle identité, explique Nikolaï.
Cela me semble trop beau pour être vrai. Ce ticket de sortie est…
— Quel genre de service ? le questionné-je.
— Nous aurons l’occasion d’en parler plus tard. La priorité va à la récupération de Rose Manson, et à la capture de celui qui règne sur la Pyramide depuis plusieurs décennies.
Il a bien dit « celui » ?
Je n’ai pas le temps de le questionner : Nikolaï sort un portable de sa poche, puis le tend à Hailey.
— Le numéro avec lequel tu m’as téléphoné est enregistré. Jackson va tenter de tracer l’appel. Si nous réussissons, nous pourrons dépêcher un gars sur place qui nous précisera les mouvements, et nous préviendra du nombre d’hommes auquel nous devrons faire face.
Cette information ne me rassure pas. « Si nous réussissons ». Autrement dit, en cas d’échec, nous ne pourrons compter que sur notre bonne étoile.
Hailey arrache le téléphone des mains de Nikolaï, puis elle me fixe. Je lui adresse un bref signe de tête en guise d’approbation. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous engager dans la partie. Fuir n’est pas une option avec ce lot à gagner à la clé : notre rédemption.
Jackson, installé derrière son ordinateur, lève le pouce pour nous signifier que tout est prêt. Hailey enclenche l’appel. Nikolaï et Antonio prennent une oreillette chacun pour écouter, tandis que je reste à côté de ma partenaire.
— Allô ?
— Ravie de percevoir ta jolie voix, mon cher Vincenzo.
Des bruits de mouvements se font entendre, puis une porte qui claque.
— Tu es plus coriace que tu n’en as l’air, lâche l’Italien.
— Et plus intelligente. Tu n’aurais pas dû nous sous-estimer.
— Tu diras à Hunter que je prendrais un malin plaisir à m’occuper de son cas personnellement.
— Il me semble que tu n’es pas en position de force. D’autant plus quand mon cher binôme a une lame bien aiguisée près des bijoux de famille de l’un de tes sbires.
— J’en ai à la pelle, tu peux l’émasculer, cela ne changera rien à ma vie, lâche Vincenzo avec désinvolture.
Un regard vers son protégé me confirme son air fermé. Je ne retiens pas mon sourire en coin, rien que pour narguer cet enfoiré. S’il ne s’agissait que de lui et moi, je le massacrerais.
— Mon petit doigt me dit le contraire, raille Hailey. Ou peut-être est-ce le sien qui te manquera quand il sera coupé.
Des bruits de pas résonnent au travers du combiné. Jackson pianote sur son clavier à la vitesse de la lumière. Des éclats de voix se font entendre.
— Où est Antonio ? demande Fratelli.
— Pas vu depuis une heure, chef, lui répond l’un de ses gars.
Vincenzo se déplace. Puis une porte claque à nouveau, suivie d’un boucan d’enfer. Du verre se brise, des objets tombent au sol.
— Je te jure, Hailey, de devenir ton pire cauchemar si Hunter et toi touchez à un seul de ses cheveux, déclare-t-il.
— Des menaces ? Dommage que ton gars ne soit pas en état de te parler, le provoque ma partenaire.
— Je te débusquerai, et je te ferai la peau !
Alors que Hailey s’apprête à lui répondre, Jackson lève les deux pouces dans notre direction. Il a localisé l’appel. Ma partenaire s’empresse d’enchaîner.
— Retrouve-moi dans le parking à l’angle de Harper Street et Edison Avenue. Dans une heure. Avec Rose Manson, en vie et en bon état. Seul. Je te ramène ton étalon avec ses deux boules bien en place.
Hailey raccroche aussi sec.
Que la dernière manche commence.
OceanofPDF.com