Halo in hell: (Édition française): Romance suspense - Seconde chance - Enemies to lovers (French Edition)
Chapitre 33
Hunter
— Je suis vierge.
Je demeure immobile pendant une poignée de secondes avant de secouer la tête incrédule.
— Hailey, tu te moques de moi ?
— Je ne pensais pas que tu le prendrais comme ça, lâche-t-elle, incisive.
Sa réaction me prouve qu’elle est tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Je n’ai pas le temps de rassembler mes esprits qu’elle se lève.
— Attends ! Ce n’est pas dans ce sens-là que je voulais le dire. Hailey !
Je saisis son poignet et me redresse à mon tour. Son regard me lance des éclairs.
— Tu es une femme magnifique. Je suis surpris qu’aucun homme n’ait eu le privilège de te…
Faire l’amour.
Ces mots restent bloqués dans ma gorge, comme si l’évidence me sautait aux yeux. Hailey me la confirme.
— Comment suis-je supposée confier mon corps à quelqu’un quand tous ne m’ont montré qu’une perspective monstrueuse de leur personnalité ? Cela fait dix ans que j’évolue dans la face cachée de l’iceberg, avec son lot de tortionnaires et de dépravés, tous plus malfaisants les uns que les autres.
De la tendresse.
Elle n’en a pas eu une once depuis si longtemps.
Un mélange de sentiments prend possession de mon pouls. De la fierté. De l’appréhension.
Suis-je à la hauteur de cette parenthèse ?
— Je ne vaux pas mieux qu’eux.
— Au contraire. Tu es le seul qui me rattache à ma vie d’avant. Tu sais qui je suis réellement.
Ma main glisse dans la sienne. L’autre gagne ses hanches pour la rapprocher de moi.
— Tu es sûre que c’est ce que tu veux ?
— C’est moi ou tu es nerveux ? me demande-t-elle dans un petit rire. Ce serait plutôt à moi de l’être.
Sa boutade a le mérite d’apaiser l’atmosphère.
— Inciser une carotide, je sais faire. Me montrer tendre… ça fait bien longtemps que je n’ai pas eu à user de cette facette-là de ma personnalité.
— Arrête-moi si je me trompe, mais, en principe, on ne parle pas autant, me pique-t-elle, non sans un léger sourire.
Je retrouve sa fougue, et je succombe. Mes mains en coupe sous ses fesses, je la soulève et la provoque.
— Alors, oblige-moi à me taire.
Hailey ne se fait pas prier pour plaquer sa bouche contre la mienne. Elle me dévore, et je résiste tant bien que mal à la déferlante de désir qui me tend. Être doux ne sera pas une mince affaire !
Je redescends avec elle dans mes bras jusqu’à regagner une position assise. J’en profite pour caresser sa peau, pour parsemer de baisers celle de son cou, pour effleurer la pointe de ses tétons rosés.
— Installe-toi sur le bord de la baignoire.
Hailey sort de l’eau même si ma demande ressemble à un ordre. Elle ne me remet pas à ma place comme elle aurait pu le faire lors de nos retrouvailles. Elle me cède le contrôle des évènements à suivre.
Toutefois, elle n’omet pas de me suggérer ses désirs. Une fois installée, elle écarte ses cuisses, une expression sur le visage oscillant entre pudeur et lâcher-prise.
— J’ai toujours eu envie de… de sentir une langue… ici.
Elle désigne de l’index ses lèvres intimes, se touche avec légèreté. Mes neurones vrillent. Comment suis-je supposé agir avec douceur quand elle m’allume comme ça ?
Cependant, je ne me fais pas prier : je me place entre ses jambes, à genoux. J’embrasse ses cuisses, je les caresse, remonte vers ce point névralgique, bien décidé à la faire languir.
— Hunter, si…
— Menace-moi de me buter, et j’arrête tout, la coupé-je, un immense sourire sur le visage. Tu me veux doux, alors : patience.
Hailey me jette un regard noir teinté d’envie. Irrésistible.
Je reprends mon ascension, souffle délicatement sur sa chair incandescente. Puis ma bouche entre dans la danse. J’embrasse ses lèvres fines et sensibles, je les lèche tandis qu’elles se liquéfient d’un miel alléchant.
— Tu es le plus acidulé de tous les bonbons, Hailey, grondé-je contre son clitoris. Celui dont on dit qu’il ne faut pas le goûter, mais qu’on ne peut s’empêcher de manger.
Je replonge ma langue dans sa saveur sucrée, me délectant de chacun de ses souffles désordonnés. Hailey se tient à l’aide d’une main sur le rebord de la baignoire, et ses doigts libres fourragent dans mes cheveux, appuyant sur mon crâne dès que je m’enfonce plus profondément.
Son corps se tend, le mien aussi.
J’ai besoin d’un contact plus grand, plus fort, plus transpirant, plus fou.
J’ai besoin d’être en elle.
J’ai besoin d’elle.
— Tu ne bouges pas de là, je vais chercher ce qu’il nous faut.
D’un bond, je sors de la baignoire et regagne notre chambre en mettant de l’eau partout.
Dans ma valise, je récupère une capote. Je m’apprête à retourner dans la salle de bain quand j’aperçois Hailey à l’embrasure de la porte.
— Est-ce que ça va ? On peut… on peut s’arrêter si tu préfères.
— Assieds-toi sur le lit.
Sa voix transpire l’assurance et la détermination. J’obéis, animé par la curiosité de lui laisser la main.
Une fois que je suis installé sur le matelas, Hailey me tend sa paume. J’y glisse le carré doré dont elle déchire l’emballage. Ma hampe se durcit par anticipation de toutes les sensations à venir.
Est-ce que j’appréhende sa virginité ? Un peu.
Surtout parce que le temps nous est compté, et que je n’ai pas une éternité de nuits à lui offrir pour la combler.
Cette idée s’envole dès lors où Hailey pose ses mains sur moi. Ou plutôt dès qu’elle déroule le latex sur mon sexe tendu. Un va-et-vient effectué avec une poigne délicieuse m’arrache un grondement.
— Si je le pouvais, je te torturerais bien un peu, avoue Hailey dans un souffle. Mais, j’ai trop envie de sentir à nouveau l’effet que tu me fais.
Sur ces mots bien trop provocants pour que je puisse garder mon sang-froid, elle se place à califourchon sur moi. Sans attendre, j’embrasse cette bouche qui flatte mon ego, et mes doigts se faufilent entre nous.
Hailey est trempée.
Je suis trempé.
De sueur.
De désir.
Je joue quelques instants à l’effleurer de mon sexe sans la pénétrer. Jusqu’à ce que mon prénom lui échappe dans une supplique. Je me positionne, prêt à assouvir toutes ses envies.
— Dis-moi si ça te fait mal.
Je prends le temps nécessaire pour ne rien forcer. Pour l’exciter suffisamment, pour qu’elle m’accorde une confiance pleine et totale et ne ressente rien de sa déchirure intérieure.
Je me montre doux, patient. Amoureux.
La suite n’est que volupté. Un mélange d’onomatopées et de regards silencieux, aussi parlants que des mots tendres, de jolies promesses, que je tiendrai cette fois, dans cette vie et les suivantes, dans toutes celles où le destin acceptera de nous réunir.
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