Les prétendants
Chapitre 4
— Roberto n’est pas là ? demandai-je au maître d’hôtel présent dans l’office.
— Non, il est parti en courses.
— Bien sûr, suis-je bête !
Car Roberto, le maître d’hôtel en chef, était chargé de l’achat du pain, des journaux, des fleurs pour la composition des bouquets, des fromages et des fruits qu’il disposait en plateaux, sur des assiettes pour les chambres des invités ou en corbeilles pour les centres de table. Il s’occupait aussi d’émincer les fruits servis au petit déjeuner et d’ouvrir les amandes fraîches disposées à l’apéritif sur les tables basses de la loggia.
— Qu’est-ce que Madame va prendre pour son petit déjeuner ? me demanda Marcel en ouvrant un placard.
Une vingtaine de plateaux dressés de cafetières, de pots à lait et à confiture en céramique de Vallauris y étaient rangés à côté d’un petit carnet suspendu à un crochet. Racorni et gondolé par l’humidité, il contenait les commandes habituelles des invités. Thé citron + yaourt nature + fruits + Herald Tribune, pouvait-on lire sous le nom de Lady Wallingford. Tandis qu’il fallait venir à bout d’un paragraphe entier pour les exigences de Laszlo Schwartz : œufs brouillés, bacon, saucisses, croissant, pain grillé, confiture (sauf marmelade d’orange), café au lait, Herald Tribune, Nice Matin, Le Figaro, Le Monde.
— Du thé au lait ? s’étonna Marcel, parce que d’habitude vous prenez…
— Du café noir. Oui, c’est vrai. Je suis désolée, Marcel, de changer ainsi, cela ne vous facilite pas la tâche. Heureusement que tout le monde ne fait pas comme moi.
Je regagnai la loggia, une sorte de patio couvert prolongé par un vélum au-dessus de la terrasse en surplomb de la pelouse et la mer. Aménagée en salon, elle desservait toutes les pièces de réception de la maison et servait ainsi de forum à la cité qu’était l’Agapanthe en abritant toutes les intrigues et les conversations. Je m’installai à côté de Gay et de Frédéric dans un des fauteuils en rotin des années 40 en face de l’immense canapé en toile verte où ma mère trônait dès le petit déjeuner. Le commentaire de l’actualité s’étoffait avec le réveil des invités qui sortaient peu à peu de leurs chambres. Chacun prenait le pouls des événements. Qu’avait déclaré le ministre des Finances la veille, combien de morts avait causé ce tremblement de terre ? Comment avaient dormi les uns et les autres ? Qui voulait aller en ville ou se baigner ?
— Quels sont tes clients déjà arrivés ? m’enquis-je auprès de ma mère.
Il faut dire que mes parents, heureux de s’encanailler, comparaient volontiers leurs invités à des « clients », et l’Agapanthe à une pension de famille dont ils se proclamaient « les patrons ».
— Ecoute, à part Gay et Frédéric ici présents, il y a les Démazure, Henri et Polyséna, et puis Schwartz, qui est arrivé il y a deux jours.
— Bingo ! songeai-je en regrettant l’absence de Marie avec laquelle j’aurais échangé un sourire complice.
Car ma mère venait à nouveau de trahir son attirance pour Laszlo Schwartz en mentionnant son nom de famille sans préciser son prénom. Ce qui constituait un comportement tout à fait extravagant de la part de quelqu’un aussi à cheval sur l’étiquette. Ma mère déclinait en effet scrupuleusement les noms et prénoms de tout un chacun, disant par exemple : « Henri Démazure vient de téléphoner. » Sauf par écrit ou lors de présentations, où elle ajoutait, si besoin était, le titre de la personne : « Je vous présente la duchesse de Cadaval ou Lord Fraser. » A moins bien sûr qu’il ne s’agisse d’un fournisseur, auquel cas elle faisait précéder le nom de famille d’un « Monsieur » ou « Madame » d’autant plus condescendant qu’il avait l’air déférent. Ce qui donnait quelque chose du genre : « Monsieur Lefèvre, vous pensez à mon devis pour les rideaux du salon ? »
Bref, ma mère avait beau prendre un air anodin et dégagé pour évoquer Laszlo Schwartz en surveillant son intonation avec un sourire entendu qu’elle imaginait imperceptible, son trouble ne pouvait pas nous échapper. Il faut dire que Laszlo était séduisant. Grand, élégant, la crinière argentée et intimidant à la façon de ceux qui font savoir qu’ils ne suivent que leurs propres règles, il pouvait même sembler hautain. En tout cas à ma mère, timide et complexée de nature malgré son élégance et ses airs frondeurs, et qui aurait été paralysée par lui s’il ne lui avait pas été présenté par les Démazure auxquels il était lié par une amitié inexplicable.
Bluffée par son talent, sa renommée et sa liberté de ton et de pensée, elle ne se remettait pas de l’intérêt qu’il lui témoignait. Car si Laszlo, auquel les riches avaient toujours inspiré de la curiosité, avait vite succombé à son hospitalité, il s’était surtout peu à peu laissé aller à flirter avec elle. Ouvertement, mais sans réelle équivoque, pour le plaisir de draguer et de rudoyer gentiment une femme du monde et pour celui, plus raffiné, d’expérimenter un marivaudage d’un autre âge qu’il n’avait jamais eu le temps ni les moyens de vivre.
— Et Odon Viel, il ne vient pas cette année ? lui demandai-je.
Il ne manquait plus que notre astrophysicien, le prix Nobel de la famille qui présentait l’inconvénient majeur de nous croire capables de comprendre les nuances de la mécanique quantique et de la physique atomique et moléculaire, pour que soit au complet le groupe d’amis de ma mère, qu’elle appelait avec une certaine fierté sa « petite bande », et que Marie, mon père et moi nommions ses « chouchous ». Composé de Gay, de Schwartz et des Démazure, ils étaient intellectuels, cultivés et, à l’exception de Gay, parfois « rasoir » comme le disait mon père, qui préférait de loin des originaux comme Georgina de Marien ou Charles Ramsbotham, que ma mère qualifiait d’« olibrius » ou de « bras cassés ».
— Si, il arrive à Juan-les-Pins par le train de 6 heures.
— Peut-être faudrait-il expliquer à ce cher Odon qu’il est désormais moins cher de voyager en avion qu’en train. Car je doute fort que son billet soit plus avantageux que les 30 euros d’un Paris-Nice sur Easy Jet, même avec sa fameuse carte vermeil et les réductions dont il est si friand, laissa tomber Gay sur un ton théâtralement sinistre, qui nous fit exploser de rire, Frédéric et moi.
Entendre Gay commenter les prix des transports en commun était tout à fait incongru. Car elle était grand genre. Une vieille dame désormais. Mais belle encore, grande, mince, et quelle classe ! Telle Ava Gardner dans un film hollywoodien, elle semblait toujours prête à tenir la vedette, même au réveil, dans sa robe de chambre en satin champagne et ses mules assorties avec Popsicle, son bichon maltais sur les genoux.
Elle n’était pas du genre à égrener ses souvenirs. Aussi personne ne songeait à lui poser des questions sur sa vie. Sauf moi, qui m’y étais risquée une fois pour m’entendre dire qu’elle avait été traversée de tragédies. Elle avait débuté comme aventurière. Je l’imaginais, en tout cas, à la façon dont elle s’était réinventée en troquant son prénom d’origine pour celui de Gay. Mais sa carrière s’était arrêtée dans les camps, un épisode de sa vie qu’elle ne mentionnait jamais. Puis elle avait collectionné les maris, jusqu’au dernier, Lord Wallingford, dont elle était veuve, qui avait fait d’elle une femme du monde.
— Et ta sœur, elle arrive quand ? nous interrompit ma mère que ma complicité avec Frédéric avait toujours agacée.
— A 5 heures. Par le vol Easy Jet justement. Avec les Braissant.
Puis devant son air – faussement – étonné, j’ajoutai :
— Tu sais, Laetitia et Bernard Braissant, les amis de Marie…
— Qu’est-ce qu’ils font dans la vie déjà ? demanda-t-elle.
— Ils sont dans les médias, la communication…
— Ah ! oui, de la télévision ou quelque chose comme ça, répliqua-t-elle sur un ton dégoûté.
— Oui, enfin de la communication pour elle, et du journalisme pour lui.
— Quelle horreur ! Dire que ton père et moi avions réussi jusqu’à présent à éviter la présence de journalistes dans cette maison.
Sa remarque était d’autant plus injuste qu’à aucun moment, mes parents ne nous avaient fait la moindre objection lorsque Marie et moi avions décliné les noms et qualités de nos invités. Encore moins à propos des Braissant, pour lesquels Marie avait pris le soin de préciser la nature exclusivement politique de leurs intérêts professionnels pour les rassurer. Car elle savait à quel point nos parents se méfiaient des journalistes. Et nous n’étions pas loin de partager leur point de vue puisque nous les jugions incapables de loyauté envers quiconque s’il avait un intérêt médiatique. Et souvent inaptes à respecter la frontière entre l’officiel et l’officieux, le fameux off qu’ils brandissaient à tout bout de champ pour établir un lien de confiance qu’ils trahissaient à la première occasion, taraudés par la tentation du scoop ou le désir d’écrire un bon papier.
Impossible de se lier d’amitié avec un journaliste si l’on est une figure publique, nous avaient répété nos parents. Comment exiger d’un ami qu’il fasse passer ses sentiments avant sa carrière ? De toute façon, la discrétion représente un sacrifice si exorbitant qu’il vous le fera payer au prix fort. La preuve ? Acceptez d’un « ami » journaliste qu’il écrive un article sur vous : saisi par la peur d’être complaisant à votre égard, il mettra un point d’honneur à se montrer plus sévère que ses confrères. A moins que ses critiques, fondées sur la connaissance intime qu’il a de vous, n’en apparaissent que plus pénibles.
Mais elle se trompait de cible car s’il y avait un de nos invités à critiquer sur le sujet, c’était sans doute Jean-Michel Destret. Marie et moi jugions en effet du dernier « plouc » de courir après la notoriété comme il semblait le faire en se baladant avec délectation de plateau télé en séance de photos pour accéder au navrant statut de people. Une catégorie fourre-tout de gens qui regroupait aussi bien des vieux romanciers facétieux, que des mondains décrépits grisés d’apparaître dans les pages réservées à des événements publicitaires, ou des chroniqueurs vertigineux de vacuité qui intervenaient à tout bout de champ dans les débats télévisés. Et ce déplorable travers serait une des choses qu’il conviendrait de réformer chez ce Destret, s’il en venait à nous intéresser, Marie ou moi. Car nous aurions volontiers troqué le Never too thin, never too rich de la duchesse de Windsor contre un Never too far away from the members of the press qui nous semblait plus élégant.
Mon père choisit heureusement de faire son apparition à ce moment-là, coupant ainsi court à la montée en puissance de la mauvaise humeur de ma mère.
— Bonjour tout le monde ! lança-t-il à la cantonade, avant de m’embrasser.
Après quoi il prit de mes nouvelles, un sourcil levé dans ma direction, auquel je répondis par un battement de paupières accompagné d’un sourire. Mon père devait avoir senti qu’il valait mieux que je me fasse oublier et que je laisse ma mère régner sans partage sur lui et ses invités. Je me tins donc en retrait, laissant, comme lorsque j’étais enfant, la parole aux adultes.
Il ne fallut pas longtemps à mon père pour évoquer sa passion pour les œuvres d’art. Trois tableaux de la Renaissance l’avaient tenu éveillé une bonne partie de la nuit au cours de laquelle il s’était perdu dans la contemplation des clichés que Sotheby’s lui avait envoyés et qu’il entreprit aussitôt de nous montrer avec gourmandise.
Il s’agissait d’un Cranach l’Ancien (1472-1553) intitulé Jeune Femme tenant des pommes et des raisins, d’un Tiziano Vecellio (1488-1576), qui avait pour titre Marie-Madeleine repentante et d’une Descente dans les Limbes d’Andrea Mantegna (1430-1506).
Son enthousiasme était touchant.
— Tu es tenté par quoi, les trois ? lui demanda Gay.
— Oh ! non, j’aimerais bien, mais je ne peux pas. D’ailleurs le Mantegna ne me fait pas tellement envie. Il est superbe, mais le sujet est très austère. Et puis il est hors de prix.
— Mais il est minuscule ! 38,8 × 42,3 cm, c’est parfaitement rikiki ! Moi, je préfère le Cranach, ça tombe bien, à un million et demi, c’est une affaire, railla Frédéric en tournant l’Ektachrome vers la lumière.
— Oui, mais il ne fait que 81,5 × 55 cm. C’est plus petit que le Titien estimé 4 à 6 millions de dollars, qui mesure 110 × 78,5 cm. Ce qui fait qu’au centimètre carré…
— Vous êtes d’un terre à terre, c’est affligeant ! décréta ma mère.
Aucunement choquée par notre trivialité, dont elle était la première à user dans le commentaire d’œuvres d’art d’autant moins sacrées à ses yeux que nous vivions avec elles, ma mère voulait nous rappeler que, si mon père était le collectionneur et l’érudit de la famille en étudiant l’histoire de l’art plusieurs heures par jour, elle avait un très bon œil, elle aussi. Et il est vrai qu’à force de côtoyer les œuvres convoitées ou achetées par mon père, de visiter assidûment tous les musées du monde et de voir à l’œuvre marchands et antiquaires, elle se trompait rarement dans l’analyse d’une toile. Comme ce jour où elle avait effaré un marchand réputé de New York qui nous présentait un Caravage :
— En fait, il faudrait le couper en deux ! Car l’Enfant Jésus éclairant la toile est sublime, tout comme l’ange en robe rouge sang qui tourne au-dessus de lui. Mais toute la partie à droite est ratée…
Et elle avait raison car, une fois passé au carbone 14, le côté droit du tableau s’avéra constellé de repentirs et de repeints.
— Je penche comme Frédéric pour le Cranach, intervint mon père. D’autant que c’est la version douce, civilisée d’un sujet qu’il a utilisé à plusieurs reprises. Sauf que c’est généralement une tête coupée que la jeune fille tient entre ses mains, qu’il s’agisse de Judith tenant la tête d’Holopherne, de Salomé celle de saint Jean-Baptiste, ou de Ja|$$|Adel avec la tête de Sisera.
Henri et Polyséna Démazure firent à leur tour leur entrée dans la loggia dans un camaïeu de bleu si spectaculaire que nous prîmes soudain conscience du fait que nous étions tous habillés de cette couleur, à l’exception de Gay qui était en jaune.
— Comment, tu n’as pas eu la note de service qui indiquait que c’était la couleur du jour ? lui demanda Frédéric.
Polyséna émit un bref éclat de rire poli avant de se dépêcher de remettre la conversation sur l’art. Elle ne voulait pas laisser passer cette chance d’évoquer le beau livre sur lequel elle travaillait, rapprochant la photo de gens célèbres d’aujourd’hui, acteurs, politiciens, chanteurs, sportifs et vedettes de télévision avec leurs sosies d’autrefois, immortalisés dans les portraits d’artistes depuis le Quattrocento. Ainsi James Gandolfini, l’acteur principal des Sopranos, ressemblait-il de façon saisissante au Doge Giovanni Mocenigo peint par Gentile Bellini. Sonia Rykiel, quant à elle, semblait avoir suscité le portrait de la danseuse Anita Berber par Otto Dix.
— J’imagine que Cate Blanchett correspond à elle seule à nombre de portraits de Holbein, suggéra Gay.
— Et que Nicole Kidman pourrait se trouver en rousse crantée chez Dante Gabriele Rossetti, renchérit ma mère.
Je vis mon père se rembrunir discrètement. C’est que Cate Blanchett et Nicole Kidman ne lui disaient pas grand-chose comparées aux grands maîtres de la peinture à propos desquels il pouvait en revanche disserter sans fin. Mais il préféra se taire plutôt que de froisser Polyséna.
— Bon, Laure, ce n’est pas le tout. Tu te rappelles que tu m’as promis de me conduire en ville ? m’apostropha Frédéric.
Il faut dire que Frédéric, comme pas mal de gens amusants qui ne cherchent pas à se conformer à la vie moderne, ne savait pas conduire. D’abord surprise, je lui fus reconnaissante de sa diversion et je m’apprêtai à réagir. Ma mère ne m’en laissa pas le temps :
— Mais enfin, c’est ridicule ! dit-elle à Frédéric. Roland, le chauffeur, va t’accompagner. Et puis si c’est pour acheter ton Paris-Turf, je ne comprends pas pourquoi tu ne demandes pas à Roberto de te l’acheter. Ce n’est pourtant pas sorcier…
— Flokie chérie, l’embobina-t-il en se levant pour lui baiser la main, tu es un amour, on ne le dira jamais assez. Mais j’ai tout à fait besoin de Laure pour cette petite virée puisque je vais tâcher de lui trouver un cadeau pour son anniversaire qui, comme tu sais, est dans quelques jours.
Rassérénée par cette explication logique du désir qu’éprouvait Frédéric de ma compagnie, elle nous laissa partir.
— Laisse-moi juste le temps d’appeler mon fils, dis-je à Frédéric.
— Viens donc me chercher dans ma chambre quand tu auras fini, je sais que ça peut prendre un moment.
Et il avait raison. Mon fils me manquait tant lorsqu’il était chez son père, que je ne supportais son absence qu’en la morcelant de rendez-vous téléphoniques, en lui disant « à demain » ou « à tout à l’heure », au lieu de lui dire « au mois prochain ». Je lui manquais aussi. Il n’avait que sept ans et il avait besoin de moi. Mais ses réactions étaient variables. Ce jour-là, occupé avec son père à des préparatifs de pêche, il me dit à peine bonjour, ce qui me déçut, mais me soulagea car cela voulait dire qu’il était heureux.
***
— Alors « fais-moi le papier », me demanda Frédéric lorsque nous fûmes installés devant un café à la terrasse de l’Hôtel du Cap.
Une expression de turfiste avant de jouer un cheval, dont il usait à chaque fois qu’il voulait connaître le pedigree d’un de mes amoureux ou d’un invité à l’Agapanthe.
— Jean-Michel Destret ? Mais tu ne vois pas la tête qu’il a ? Il est dans tous les journaux.
— Tu veux dire celui qui a l’air d’un premier de classe avec la raie sur le côté ?
— Précisément.
— Eh bien, on va rire ! Il est pour qui, Marie ou toi ?
— La première de nous deux qui accroche, on s’est dit qu’on le jouerait à l’oreille.
— A l’oreille, dis-tu ?
— Oh ! ça va, fous-toi de moi ! Tu vois ce que je veux dire. Tu te rends compte que c’est la première fois que tu ne me dis pas d’un type qu’il n’est pas assez bien pour moi.
— Je me retiens, qu’est-ce que tu crois ! Je garde en tête la mission sugar daddy.
— Ecoute, si tu n’y vois pas d’inconvénient, vu l’âge requis pour faire un sugar daddy digne de ce nom, je préfère que l’on parle de blind date.
— Alors va pour blind date, tu avoueras que je ne suis pas difficile !
J’ai toujours confié à Frédéric mes amours et mes frasques. Et j’ai toujours pu compter sur lui lorsque je voulais faire le mur, ou entrer dans une boîte de nuit branchée.
— Je trouve ça idiot, mais je te soutiendrai quelle que soit l’idée stupide qui te passe par la tête, avait-il coutume de me dire.
Il allait même plus loin. Comme l’année où je m’étais amourachée de Daniel Auteuil. Je lui en parlais sans cesse, le questionnant puisqu’il le connaissait un peu, sur ses goûts et mes chances de lui plaire.
— Tu m’emmerdes avec Daniel Auteuil ! me répondait-il invariablement.