Les prétendants

Cécile David-Weill · Chapitre 32 sur 55

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Les prétendants

Samedi, 13 h 30

— Ecoutez, mon vieux, ce n’est pas parce que vous vous appelez Rothschild qu’il faut vous croire tout permis. Ce n’est pourtant pas la première fois que je vous demande de ne pas m’importuner !

 

Samedi, 13 h 30

 

Ainsi j’avais réglé le problème de Lou et Mathias. Il m’apparut alors que je devais en informer ma mère qui avait au demeurant le droit de connaître tous les détails de l’aventure que je lui avais fait louper par méchanceté pure. Et, prenant mon courage à deux mains, je me dirigeai vers sa salle de bains où elle devait être en train de se préparer pour le déjeuner. Je frappai à sa porte. Pas de réponse. Juste un bruit étouffé, indéterminé, que je jugeai suffisamment alarmant pour entrer dans la pièce. Mais quelle ne fut pas ma stupeur de trouver ma mère accroupie dans un coin de la pièce, la tête baissée, les doigts ensanglantés, qui tentait maladroitement de se boucher le nez.

— Maman ! m’écriai-je. Qu’est-ce qui se passe, tu t’es blessée ?

Je lui saisis le menton comme dans le jeu « je te prends, tu me prends par la barbichette », et lui relevai la tête qu’elle tenait obstinément baissée jusque-là. Elle saignait simplement du nez, constatai-je soulagée avant de croiser son regard de noyée ruisselant de larmes.

— Maman, lève-toi, voyons, on va arranger ça, ce sont des choses qui arrivent, lui dis-je dans un silence plus alarmant encore que des sanglots.

Je lui mis des compresses de coton dans les narines et lui ordonnai de s’étendre sur la méridienne qui barrait la pièce.

— Allonge-toi, j’ai des nouvelles qui vont te changer les idées.

Je lui rapportai l’épisode des paparazzi pour la calmer, sans tenter de tirer au clair la raison de ses larmes et de son saignement, de crainte qu’elle ne basculât de nouveau dans l’anxiété que j’avais dissipée peu à peu. Et je lui tins ainsi compagnie jusqu’à l’heure du déjeuner où, après avoir renoué son chignon, elle reprit comme si de rien n’était son rôle de maîtresse de maison pour accueillir Diane Furstenberg, Barry Diller, Christian Louboutin, Louis Benech, Larry Gagosian, Sandretto Re Rebaudengo, Ty Warner et les autres tickets de cantine.

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