Les prétendants
Samedi, 8 heures
Pour une fois que j’entendais quelqu’un parler joliment d’argent ! Pour une fois qu’Alvin disait quelque chose d’intéressant ! me dis-je, en le regardant soudain sous un nouveau jour. Mais je n’eus pas le temps de creuser cette fugace bonne impression car il se leva :
— Je suis désolé de vous faire faux bond mais je suis un couche-tôt qui médite au lever du soleil. Bonne nuit, nous dit-il en lançant malgré lui un mouvement général en direction des chambres.
Aussi Marie et moi nous sommes-nous retrouvées avec Vanessa et Nicolas qui ne semblaient pas décidés à les imiter.
— Un Trivial Pursuit ? proposai-je sans conviction avant de faire tous mes efforts pour m’intéresser à une partie où triompha Nicolas, passionné d’histoire.
— Par qui Clovis a-t-il été couronné à Reims ?
— L’archevêque saint Rémi.
— Qui a découvert le Groenland en 982 ?
— Eric Lerouge.
Avec le décalage horaire, ils étaient partis pour la nuit et Marie semblait prête à leur tenir compagnie :
— Je ne tiens plus debout. Ça vous ferait une peine immense que j’aille me coucher ? leur demandai-je.
Samedi, 8 heures
Je me réveillai en sursaut le lendemain, et j’attendis 8 heures pour appeler Félix. Comment avait-il passé la nuit ? J’appris que son père, qui n’acceptait pas que son fils ait peur du noir, était venu dans sa chambre plu sieurs fois pour éteindre la lumière, que Félix rallumait aussitôt. Mon ex-mari jugeait sa peur ridicule. Sans doute jugeait-il aussi sa façon de faire éducative ! fulminai-je en songeant au sadisme de son attitude. Et je me rendis compte qu’il ne m’en faudrait pas beaucoup plus pour que je me mette à haïr cet homme que j’avais pourtant quitté sans ressentiment.
— Ne t’inquiète pas, on se retrouve après-demain, dis-je à mon fils.
Puis je raccrochai et je compris que je m’adressais à Félix autant qu’à moi-même. Et qu’il était temps que juillet se termine, pour que je le retrouve enfin. Car cela ne pouvait pas durer. Son père, décidément… Mais ma colère retomba dès que je me pris à imaginer nos retrouvailles.
Alors seulement, je repensai au dîner de la veille. Absorbé par Vanessa, mon père ne m’avait pas prêté la moindre attention. Et je ne pouvais en apparence pas compter sur lui pour parler franchement de la situation. Alors je n’avais pas de temps à perdre si je voulais changer le cours des choses avec une histoire d’amour. Et Alvin Fishbein n’était pas près de me tomber dans les bras avec la façon dont je l’avais accueilli et dévisagé. Certes, il m’avait paru caricatural, mais qui que ce soit pouvait-il trouver grâce à mes yeux ? J’étais critique, étroite d’esprit et sur la défensive. Et quel que fût le but recherché, je devais changer d’attitude. Je descendis à la plage.
Parvenue en haut des marches qui menaient à la mer, j’aperçus Alvin et son gourou assis face à face dans la position du lotus. Il y avait quelque chose d’étrange à ce rituel austère, oriental et spirituel sur cette plage qui était si française et si parfaitement dessinée pour le plaisir. Mais cette immobilité, cette concentration, cette prière solennelle et silencieuse forçait le respect et vous intimait de rester à distance. D’autant que je me voyais mal interrompre leur séance en les rejoignant comme si de rien n’était. L’idée d’espionner Alvin et Anagan depuis la plage du personnel s’imposa aussitôt. Il n’arrivait pas tous les jours que l’on puisse jouer au voyeur avec une totale bonne conscience sous prétexte de ne pas déranger. N’était-il pas de mon devoir de m’intéresser de plus près à Alvin ? Mon cœur se mit à battre plus vite.
J’entendis le yogi dire :
— On va faire un pranayama, le Nadi Shodana.
Avant de l’observer à l’abri d’un buisson tandis qu’il s’adonnait à un exercice de respiration alternée avec son pouce sur sa narine droite et son annulaire sur sa narine gauche.
— Passons au Sat Yam, ou purification du cœur, dit-il. Imagine une lumière dans le chakra du cœur. Tu vas la sentir grandir à chaque inspiration, et se reconcentrer vers le cœur à chaque expiration. Maintenant, pendant 18 minutes tu ne penseras à rien. Si une pensée vient à toi, éloigne-la et reviens à rien...
Sans doute que la méditation n’avait rien de spectaculaire, me dis-je pour ne pas m’avouer à quel point j’étais déçue de la scène que j’avais sous les yeux et dont je me serais détournée aussitôt si elle n’avait pas été pimentée par mon voyeurisme.
Le yogi conclut la séance, les mains sur les yeux, en disant :
— Om Namah Shivaya, Om shanti shanti shanti, namaste.
Alvin lui répondit :
— Namaste.
Je me voyais mal surgir de mon fourré pour leur dire bonjour en feignant de ne pas les avoir vus, ou de les avoir admirés, ce qui était faux dans les deux cas. Aussi remontai-je vers la loggia où je trouvai les hommes de la maison qui attendaient Vanessa sous des prétextes divers. Craignaient-ils mes sarcasmes ? Touours est-il qu’ils choisirent de me bombarder de questions en invoquant ma visite matinale de la plage pour prendre des nouvelles de la mer au bout de la pelouse, comme s’il s’était agi d’une parente alitée dans une clinique reculée : était-elle froide, sale, agitée, infestée de méduses ?
Le maître d’hôtel m’apporta mon petit déjeuner :
— Quelqu’un peut-il m’expliquer les subprimes ? demanda Gay à la lecture du Financial Times.
— Ecoute plutôt cet article du Nice Morning, l’interrompit Frédéric.
— Le quoi ? demanda Astrid
— Le Nice Morning. Le Nice Matin, quoi.
— Ah ! je n’avais pas compris.
— « Un baleineau perdu depuis une semaine au large des côtes azuréennes. Un rorqual orphelin a surgi au beau milieu du port d’Antibes, mais les sauveteurs n’ont pas eu le temps de mettre en place leur civière flottante que le baleineau s’était dirigé vers la plage de la Salis. On a cru l’apercevoir depuis, en baie de Cannes et à Théoule, et même à Saint-Tropez, confie le coordinateur des secours épuisé par ces vaines recherches. Pourtant un avion avait été affrété pour repérer le bébé rorqual. L’œil aiguisé du pilote qui propose habituellement des excursions de whale-watching n’aura pas permis de le localiser. Il a en revanche repéré un banc de baleines adultes juste au sud de Cannes. Le baleineau les aurait-il rejoints ? Ce serait son seul espoir de survie, se prend-il à rêver, car même si l’on n’a jamais constaté de cas d’adoption chez les cétacés, il pourrait, avec eux, apprendre par mimétisme à plonger pour aller chercher de la nourriture. Et cela pourrait le sauver car
il est presque en âge d’être sevré. Sa flore intestinale est prête2 … »
Sublime, les lèvres encore gonflées de sommeil, Vanessa fit une brève apparition avant de descendre à la plage.
— Et si on essayait d’apercevoir ce baleineau ? proposa Laszlo, qui entraîna tous les hommes à sa suite.
Mais parvenue à la plage avec Laszlo, mon père, Charles et Jean-Claude, je constatai que le yogi était parti à la cuisine, que Nicolas nageait dans la baie et que Vanessa et Alvin s’étaient isolés en tête à tête.
Cela ne nous empêcha pas de remarquer qu’ils avaient l’un et l’autre des corps admirables. Alvin avait les côtes saillantes et une musculature fine qui lui donnait des faux airs du saint Sébastien de Mantegna. Un corps discipliné par l’effort et les privations comme celui d’un danseur, qui me laissa cependant de marbre. Ce n’était pas le cas des hommes qui baissaient négligemment les pages de leur journal ou de leurs livres pour observer à la dérobée le corps doré, duveteux, longiligne mais néanmoins rebondi, de Vanessa. Elle faisait régulièrement du yoga. Aussi avait-elle entrepris Alvin sur le sujet. Et je m’approchai pour écouter leur conversation :
— Ton yogi, il a obtenu le Samadhi ? lui demanda- t-elle.
— Oui.
— Qu’est-ce que c’est que ça ? intervins-je, après m’être approchée d’Alvin auprès duquel il fallait que je me place si je voulais avoir une chance d’engager une quelconque relation avec lui.
— Ça veut dire qu’il a atteint l’Illumination.
— Et concrètement ?
— Qu’il parvient à un état étudié par des scientifiques : le yogi est éveillé, mais il met son cerveau en sommeil, provoquant les mêmes ondes que dans le sommeil profond.
— Et cela lui apporte quoi ?
— Il parvient par la méditation à entrer en liaison avec l’univers, à ne former qu’un avec l’univers. Car on fait partie de l’univers, mais l’univers est en nous, me dit Vanessa.
— Cela ouvre son troisième œil, qui s’appelle Ajna, et cela lui apporte la clairvoyance, ajouta Alvin.
— C’est-à-dire ? fis-je avec le sentiment désagréable de faire la mouche du coche.
— Il peut savoir à l’avance certaines choses ou recevoir des enseignements pendant ses séances de méditation, lors de flashes où il peut apprendre d’un coup la technique de la peinture ou de la photo.
— Et il est Souhami ? reprit Vanessa.
— Et c’est quoi ? lançai-je à bout de souffle.
— Un titre honorifique pour yogis.
Alvin et Vanessa parlaient une langue étrangère, me dis-je, gagnée par l’inconfortable et humiliante impression de ne pas les comprendre, comme lorsque j’étais enfant et que je ne saisissais rien du monde des adultes, ni les mots dans leur bouche ni le contexte dans lequel ils les employaient.
J’étais en terrain hostile, réduite à interpréter les signaux les plus divers, les sourires, les froncements de sourcils, et leurs postures pour en déduire si l’on évoluait dans le registre de la plaisanterie, de la gravité ou de la bienveillance. Et cette sensation d’exclusion était si pénible que je ne comprenais que trop bien la façon dont une personne, confrontée à une secte et à son vocabulaire, énigmatique, pouvait en devenir adepte uniquement par désir d’en percer le mystère, et de gravir les échelons d’une connaissance théorique conçue pour fonctionner comme un appât. Mais gentiment, précisément à la façon des membres d’une secte, Alvin et Vanessa me cueillirent en plein désarroi avant de m’expliquer :
— Ton corps est formé des cinq éléments qui sont dans l’univers, la terre, le feu, l’eau, l’air, l’espace. Or dans la médecine ayurvédique, il y a trois profils, le pita, le vata, le kapha. Chacun de nous a en soi les trois, mais avec des dominantes.
Alvin poussa même la délicatesse jusqu’à me prendre le pouls, ce qui me permit de constater que je ne vibrais en rien à son contact. Je poussai la mienne jusqu’à lui poser quelques questions supplémentaires, histoire de lui montrer que le sujet ne m’indifférait pas complètement.
Mais la vérité, c’est que si je respectais les aspirations spirituelles d’Alvin, son envie d’absolu et de pureté, je n’étais pas convaincue de son intelligence. Il me semblait surtout avoir besoin des règles de vie qu’il s’imposait pour se rassurer et se structurer. Et il ne me donnait pas l’impression d’être libre, mais emprisonné par des protocoles contraignants qui étaient loin de me tenter ou me séduire, et dont il faisait un énoncé pompeux et complaisant. En somme, il me faisait l’effet d’un disque rayé.
Il faut dire qu’autant j’estimais essentiel d’avoir pour but d’être quelqu’un de bien, d’avoir une éthique qui me tire vers le haut et me pousse à m’améliorer, me perfectionner dans tous les domaines, aussi bien pour moi que pour les autres, autant la religion, qui n’exigeait à mes yeux aucune créativité de ses fidèles passifs, obéissants, me paraissait s’adresser aux imbéciles. Abrutissante comme la télévision, la religion pouvait néanmoins servir de support à la réflexion au même titre que la philoso phie et les autres sciences humaines. Je n’en restais pas moins convaincue par Jung que Dieu, ou le destin, n’était rien d’autre que notre inconscient.
Comment faire ? Alvin ne m’attirait ni physiquement ni moralement. Fallait-il laisser tomber l’idée de le séduire, et me résoudre à la mise en vente de l’Agapanthe ? De toute façon j’avais, depuis le début de cette histoire, du mal à concevoir l’avenir de la maison. J’éprouvais même, sans me l’avouer, un étrange malaise lorsque je m’y contraignais. J’en comprenais soudain la raison. Car y réfléchir consistait à envisager la vie sans mes parents, ce qui revenait tout de même à imaginer leur mort. Ce à quoi je n’étais ni prête, ni préparée.
Enfin, si je devais dresser un bilan de notre démarche, le moins que l’on puisse dire était qu’elle n’avait pas été concluante. Pire encore, Marie et moi étions, semble-t-il, incapables de vivre nos amours tout en restant complices. Car soit nous partagions le plaisir de rejeter ensemble un prétendant, tel le malheureux Jean-Michel Destret. Soit, engagées dans une démarche amoureuse, plus rien n’allait entre nous : Marie ne m’avait-elle pas heurtée lors de ma rencontre avec Rajiv, sans se rendre compte que j’étais attirée par lui ? Quant à moi, accablée de solitude lorsqu’elle s’éprenait de Béno, n’avais-je pas retrouvé ma joie de vivre dès que j’avais pu la consoler d’avoir le cœur brisé ? Bel exemple de connivence !
Je regagnai la maison pour buter contre ma mère qui me pria de jeter un coup d’œil à la cuisine pour voir comment se débrouillait le remplaçant du chef. La mis sion n’était pas évidente, et il fallait que je la remplisse l’air de rien.
J’entrai dans la cuisine juste avant que ne sonne la cloche qui annonçait les repas du personnel.
— Je suis venue voir si tout marchait bien, dis-je au cuisinier au teint bistre, éclairé d’yeux turquoise.
— Oui, je vous remercie.
— C’est quoi le menu ? lui demandai-je, tout en adressant un signe de tête à Anagan, que je repérai soudain dans une pièce attenante.
Le chef semblait si content de lui, en me présentant une feuille joliment calligraphiée, que j’évitai à la lecture de ne rien laisser paraître de mes sentiments :
Brouillade d’œufs sur son lit de tomates concassées
Symphonie de légumes en demi-deuil
Farandole de salades
Soupe de melon
Carpaccio de saumon
Fromages
Sorbet abricot, mangue et fruit de la passion
Mon Dieu ! Que tout ceci est inutilement sophistiqué ! me dis-je en imaginant déjà la tête de ma mère, devant ce menu grandiloquent.
— Et quel était le menu qu’on vous avait commandé ? fut ma question, qui me valut de recevoir de ses mains le livre de menus de la maison, sur lequel était inscrit :
Œufs brouillés aux truffes
Salade de fonds d’artichaut
Salade de bœuf aux cornichons
Melon, jambon et figues
Saumon froid sauce verte
Salade de tomates et haricots verts
Fromages
Sorbet abricot, mangue et fruit de la passion
Rien à voir, bien entendu ! me dis-je, en constatant, par exemple, qu’il avait promu la salade de fonds d’artichaut en une « symphonie de légumes en demi-deuil ».
— Et ça ressemble à quoi ? lui demandais-je en feignant l’enthousiasme.
Avant de découvrir que le cuisinier avait succombé aux mêmes vases carrés que le maître d’hôtel aux compositions florales. S’étaient-ils concertés pour les acheter en gros ? Le penser, mais l’avouer ? Je préférai examiner les couches alternées de purée d’artichaut et de tapenade qui les tapissaient.
— Alors, qu’est-ce que vous en dites ?
— Cela me fait penser aux colonnes de Buren, lui répondis-je, au lieu de lui faire remarquer que l’emploi culinaire du terme « demi-deuil » impliquait, à mes yeux, l’emploi de truffes, et non d’olives noires.
Mais je n’étais, heureusement, pas à court de métaphores diplomatiques, car je comparai ensuite ses œufs brouillés aux carottes de glace prélevées par les géologues sur les icebergs du Pôle Nord. Car il comptait les pré senter au-dessus d’un lit de tomates concassées, dans des verrines de la taille d’un verre à vodka, au lieu de les disposer dans des tartelettes de pâte feuilletée, comme notre chef le faisait d’ordinaire. Puis, je passai en revue l’intégralité du menu, qu’il avait ainsi « revisité ». Et il semblait si fier d’avoir transformé le saumon en carpaccio, et le melon en soupe, et enjolivé la présentation des salades qu’il avait disposées dans des bols individuels, de tailles et de formes différentes, que je le félicitai avant de quitter la cuisine.
Au nom de quoi, après tout, aurais-je critiqué les efforts de ce jeune homme pour s’approprier un menu qui lui paraissait simplet ? Et je me demandai ce qui le rendait, néanmoins, plouc à mes yeux. Etait-ce l’effort de présentation, d’ailleurs réussi, de cet Adonis ? Ou son désir d’innover, qui trahissait un mépris, ou une ignorance du passé et de la tradition ? Ou était-ce qu’en matière de nourriture comme de vêtement, point trop n’en fallait ? Et, de la même façon qu’il était vulgaire de surjouer l’élégance en étant overdressed, ou habillée de pied en cap dans un total look ostentatoire, qui trahissait un souci de paraître et une inquiétude sociale synonyme d’absence d’élégance naturelle, la nourriture ne devait être ni prétentieuse, ni tarabiscotée. Elle devait être simple dans sa présentation, comme dans son intitulé, avoir l’air d’être à peine sortie du four, et apparaître sans ostentation, telle la zibeline rasée de ma grand-mère.
Je repensai au chic simple et maîtrisé de Vanessa, à sa robe baby doll de la veille au soir portée sans bijoux, les cheveux défaits et même décoiffés, ainsi qu’à la tenue toute en earth tones d’Alvin, et je me dis que, malgré les apparences, leurs habits constituaient une prise de position non pas semblable, mais compatible et même voisine. Car, si les vêtements d’Alvin déclaraient son penchant écologiste, son choix de l’essentiel sur l’accessoire, de l’Orient contre l’Occident, de l’être contre le paraître, ils y parvenaient d’autant mieux qu’ils se démarquaient du commun, en l’occurrence du short, ou du jean de l’Américain moyen qui tenait avant tout à être à l’aise.
De même, l’élégance de Vanessa, à laquelle nous prétendions tous, illustrait un souci de raffinement qui constituait la partie visible d’un art de vivre, et impliquait le choix constant de l’esprit sur la matière, de l’art et la culture sur le matérialisme, et de la discrétion sur l’étalage. Mais il était, aussi, le résultat d’une volonté de se démarquer des classes moyennes, qui se livraient à une recherche inquiète de style, dans une débauche consumériste de mode, griffée et accessoirisée.
Je vérifiai cette exigence de sobriété et de détachement dans la réaction de ma mère, lorsque je lui rapportai les modifications que le jeune cuistot avait apportées au menu, et notamment les récipients en tout genre, auxquels il avait eu recours pour le « moderniser », car elle me dit simplement :
— C’est la fable du Renard et la Cigogne, ce que tu me racontes. Mais que veux-tu qu’on y fasse ?
1 Vanity Fair, « The New Establishment 2008 », octobre 2008.
2 Nice Matin.
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