L'Ordre du Monde
Chapitre-5
5
Tommaso n’écouta pas l’annonce du commandant de bord signalant le début de la descente de l’avion sur Londres. Incapable de détacher ses yeux de l’écran, il regardait les images incroyables du cœur de Paris envahi d’une épaisse fumée noire. Filmé depuis l’autre côté de la Seine, probablement depuis les toits de l’hôtel Crillon, pensa-t-il, le journaliste de la BBC indiquait derrière lui la façade éventrée du Palais-Bourbon devant laquelle tournoyait un ballet de gyrophares. Autour de lui, Tommaso entendit, étouffées par le casque, les exclamations horrifiées de passagers français de l’autre côté de l’appareil. Il pensa au nombre de fois où il était passé sur le pont de la Concorde et devant cette colonnade sans imaginer qu’elle pût disparaître ainsi en un instant. Quelle folie ! L’image du 11 Septembre lui revint en mémoire, mais le journaliste parlait d’une bombe et pas d’un attentat suicide. Et ceux qui avaient fait ça avaient choisi d’agir une nuit où aucun débat parlementaire n’était en cours, limitant les risques de dégâts collatéraux…
Tommaso songea tout à coup combien il lui paraissait dérisoire de consacrer sa vie à sauver des éléments disparus du patrimoine, à les arracher à la destruction, tandis que d’autres humains se passionnaient pour une œuvre inverse de destruction. D’où pouvaient venir ceux qui agissaient de la sorte ? Quelles motivations pouvaient les guider ? À quelles frustrations anciennes répondaient les pas successifs et les détours qui les avaient menés à concevoir la destruction comme réalisation de leur destin ?
Enfin, lassé par les commentaires désespérément vides faute de la plus petite information nouvelle sur une piste quelconque, Tommaso enleva ses écouteurs et tourna les yeux vers le hublot. Les lumières de la capitale anglaise brillaient sur la droite de l’appareil qui approchait de sa destination.
Dans l’aéroport, les formalités de douane et d’immigration avaient été renforcées, mais son passeport britannique permit à Tommaso de ne pas attendre trop longtemps. Son petit sac de voyage sous le bras, il se dirigea vers le métro. Trente minutes plus tard, il sortait d’une station au cœur de Piccadilly Street.
Consultant sa montre, il constata qu’il avait encore deux heures d’avance. Devant lui, les pelouses vert cru de Green Park étaient parsemées des taches jaunes des chaises longues abandonnées çà et là par leurs derniers occupants. Seuls quelques lecteurs occupaient encore de rares sièges. Le vent qui venait de se lever ne tarderait pas à les chasser et, au loin, l’ombre menaçante des nuages qui s’étendaient au-delà de Marble Arch ne poussait pas à l’optimisme.
Ces images éveillaient en Tommaso le souvenir d’instants semblables, d’autres traversées du parc, des années auparavant, quand il était encore enfant, traînant pour observer les lecteurs opiniâtres tandis que la main ferme de son grand-père le hissait vers le haut et l’entraînait à contrecœur à sa suite. À distance, il détailla les attitudes des derniers récalcitrants à quitter le confort de leur chaise longue, goûtant le plaisir de n’être plus contraint au mouvement. Ils étaient exactement identiques à ceux de son souvenir.
Il se rapprocha de la grille. Il était revenu là des années plus tard avec Isabelle. Sa femme s’amusait du charme excentrique de Londres, elle riait. Ils avaient traversé le parc sans prêter attention cette fois aux lecteurs allongés. Il sentit remonter dans son esprit la question lancinante : où s’était glissé le grain de sable qui le premier avait donné le signal du délitement de leur complicité ? Il renâcla à laisser la recherche insatisfaite emplir de nouveau ses pensées.
Levant la tête, il hésita encore une seconde puis s’engagea à travers le parc. Il sortit de l’autre côté, longea Buckingham et obliqua vers Chelsea. Après avoir dépassé le Muséum d’histoire naturelle, il tourna dans Cromwell Road et ralentit le pas. Encore cent mètres. C’était là. Son regard glissa sur la façade victorienne blanche, sur les fenêtres en avancée qui déséquilibraient l’aile droite de la grande maison au toit d’ardoise à demi masqué par trois gros arbres plantés contre la grille noire de l’entrée. Elle était si haute que son souvenir d’enfant n’avait pu en exagérer encore les dimensions. Tommaso songea qu’il ne ressentait pas de nostalgie envers cette demeure où il avait en partie vécu pendant trois ans. Son grand-père avait eu raison de la vendre.
Il détourna les yeux et plongea le regard vers le trottoir. Du bout du pied, il chassa une petite branche cassée par le vent. Puis sans se retourner, il reprit son chemin en sens inverse.
*
Maître John Lowell avait pignon sur rue en plein cœur du quartier de Westminster, à mi-chemin entre la caserne du régiment écossais de la reine et le Parlement. Ses bureaux, dans une petite impasse donnant dans Victoria Street, occupaient un hôtel particulier de deux étages dont la façade semblait avoir été écrasée entre les deux immeubles plus modernes qui l’entouraient. La sonnette en cuivre avait un carillon mélodieux. La porte peinte en bleu s’ouvrit en silence et une secrétaire le fit entrer avant de l’introduire dans un salon au luxe étrange, mélangeant meubles en cuir sombre et tissus colorés, rideaux orange et épaisse moquette prune.
Tommaso patienta dix minutes dans le silence le plus complet. Amusé par le décor qui lui rappelait des souvenirs d’enfance, lorsqu’il accompagnait parfois son père aux réunions de son club, il observait une toile ancienne représentant un combat naval sur une mer écumante lorsqu’il sentit une présence derrière lui.
— Lord Hamgate menant l’assaut après plus de deux semaines de traque contre la frégate Valenciennes, commenta une voix qu’il reconnut pour celle de l’avocat.
La main sur le bouton de porte rond et doré, John Lowell se tenait sur le seuil.
— 12 mai 1807, au large de Trafalgar. Le Français essayait de défendre le blocus. Le tableau représente la première salve tirée après une habile manœuvre d’approche par l’arrière, à moins de trente mètres. Puis le bateau s’est retourné pour faire feu sur son flanc bâbord, cette fois à bout presque touchant. Enfin ils ont envoyé les crampons et pris d’assaut la frégate. Brièvement, ajouta-t-il en s’avançant, car le Français coula avant la fin du combat. Les deux salves avaient à peu près détruit la coque. L’équipage du navire britannique fut furieux de perdre son butin et Lord Hamgate eut, dit-on, toutes les peines du monde à rétablir le calme.
Il s’avança encore et tendit la main en souriant :
— Je suis ravi de vous rencontrer, enchaîna-t-il sans laisser vraiment à Tommaso le temps de répondre.
L’archéologue détailla le costume de laine anthracite impeccable de son hôte. Les manchettes au dernier bouton ouvert signalaient la facture sur mesure, la chemise rayée blanc et bleu vif, la cravate orange, un choix aussi méticuleux qu’audacieux. Sous les mèches blanches éparses qui cachaient mal sa calvitie, et de grosses lunettes d’écaille, l’avocat arborait un teint rose et un sourire carnassier. Grand et mince, presque osseux, il faisait songer à une sorte d’échassier. Tommaso imagina qu’il devait avoir près de soixante ans et jugea, en le suivant dans le petit escalier cossu qui menait du rez-de-chaussée à son bureau, qu’il avait une démarche plus alerte qu’on ne l’aurait imaginé.
— Asseyez-vous, dit l’avocat en indiquant un canapé Chesterfield de cuir noir qui trônait en face de deux fauteuils dans un angle de son grand bureau.
Tommaso obtempéra en observant les bibelots disposés de telle manière qu’on aurait juré se trouver dans un salon familial bien davantage que dans un local professionnel.
L’avocat gagna l’angle opposé de la pièce et ouvrit une encoignure dont il sortit deux verres.
— Cognac, whisky ? demanda-t-il avant de saisir d’autorité une bouteille où brillait un alcool doré presque transparent. Whisky bien sûr, vous êtes écossais, où avais-je la tête ? poursuivit-il en rejoignant l’archéologue.
— À demi, corrigea Tommaso. À demi écossais, précisa-t-il devant l’air interdit que lui jeta l’avocat par-dessus ses lunettes.
— Tobermory, île de Mull, commenta celui-ci en versant l’alcool dans un petit verre ballon. Distillation de 1992, à l’heureuse époque où la distillerie fonctionnait encore en continu. C’est ce qui lui donne à mes yeux son prix, même si c’est un alcool un peu rustique au regard d’autres cuvées.
Tommaso soutint une seconde l’œil incisif de l’avocat puis saisit le verre qu’il lui tendait.
— Merci, mais je ne pense pas que vous m’avez demandé de venir pour parler whiskys.
L’avocat soupira.
— Vous avez raison, reprit-il en se servant.
Il contempla la couleur, levant le verre au niveau de ses yeux pour le faire tournoyer, observa avec satisfaction la trace laissée par le liquide sur la paroi, but une gorgée puis le reposa.
— Votre venue est liée à un dossier épineux.
— Je vous renouvelle ma question, répliqua Tommaso. Pourquoi moi ?
L’avocat soupira de nouveau.
— Parce que vous êtes bon, très bon, capable de trouver une aiguille dans une meule de foin. Parce que vous avez besoin d’argent et que cela peut vous motiver à aller vite. Parce que vous n’avez pas d’état d’âme et que vous êtes susceptible de tout lancer en un temps record, de mettre sur pied cette affaire en trois jours et de la réaliser en deux fois moins de temps que ne le feraient d’autres. Et parce que je vous crois capable de garder la confidentialité requise. C’est-à-dire une confidentialité totale.
Le regard de l’avocat se fit plus perçant.
— Comprenons-nous bien, monsieur Mac Donnell. Je ne cherche pas à jouer au chat et à la souris. Il se trouve que je sais quelles sont vos… – il hésita sur le mot – contraintes, et qu’elles font de vous l’homme idoine pour le projet qui nous intéresse. Vous avez besoin d’argent rapidement ? Nous sommes en situation de vous en donner. Sorti de là, vos affaires et ces contraintes ne m’intéressent pas, pas plus que vos propres projets. Je n’en ferai pas usage et une fois votre tâche accomplie, vous n’entendrez plus parler de moi ni de mon client. Vous serez payé rubis sur l’ongle, dans l’établissement de votre choix.
L’avocat posa son verre et joignit les mains comme pour une prière.
— Avouez qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que nous soyons bien renseignés sur un futur collaborateur. Surtout étant donné le projet que nous entendons lui confier, ajouta-t-il d’un ton doucereux. Je connais votre identité, votre famille, je sais que les Mac Donnell of Glengarry s’enorgueillissent de compter dans leurs rangs deux patriotes morts pour l’Écosse, le premier en 1430 et le second à Culloden en 1745 ; je connais l’histoire de vos parents et de vos grands-parents, la nature de vos propriétés de famille et le montant des hypothèques qui pèsent hélas dessus…
— Et ce projet est parfaitement légal ? coupa Tommaso d’une voix qui se voulait neutre, mais dont l’intonation sèche trahissait la volonté de n’en entendre pas davantage sur ce sujet.
L’avocat se renfonça dans son siège en faisant tourner son verre.
— Je savais que vous me poseriez cette question. Oui, bien sûr. Il n’y a rien d’illégal dans le chantier que nous voulons vous confier. Seulement une volonté de discrétion. Et une urgence absolue. Deux éléments clés qui ne peuvent totalement vous surprendre et dont les raisons ne vous regardent pas. Mais pour répondre à la question que vous ne posez pas, le scandale auquel vous avez été mêlé et qui vous a contraint à quitter le centre archéologique du ministère français de la Culture n’est pour rien dans votre choix par nos équipes. Et cela pour une raison simple : nous sommes assez bien informés pour savoir que vous n’étiez pas coupable de ce dont on vous a soupçonné. Vous avez un peu naïvement payé pour couvrir des responsables plus haut placés.
Son ton se fit plus ironique.
— Mais vous connaissez la haute administration française : on ne s’accuse pas entre membres d’un même corps…
Agacé, Tommaso ne releva pas.
— Admettez seulement qu’un type comme moi vous offre le confort d’une position peu crédible au cas où je voudrais ruer dans les brancards ?
L’avocat plissa les yeux.
— Venons-en au fait, poursuivit-il. Que savez-vous de Carthage ?
*
La lumière de l’après-midi commençait à décliner sur Londres, allongeant les ombres des immeubles dans les rues, avant que ne s’allume la multitude d’éclairages qui donnent à la capitale anglaise un air plus animé dans la soirée que le jour. Tommaso baissa les yeux vers le dossier bleu posé sur la petite table à côté de lui. L’avocat venait de s’interrompre et de sortir pour prendre sur la demande pressante de son assistante un appel plusieurs fois différé.
Tommaso souleva la couverture du dossier dont John Lowell lui avait longuement commenté le contenu. La première partie reprenait l’histoire de Carthage, la rivalité de la cité punique avec Rome, la chronologie des décennies d’affrontement, ponctuées de trois guerres qui, de 260 à 147 av. J.-C., avaient menacé la suprématie romaine. La longueur et le caractère indécis de la lutte, marquée par les expéditions du célèbre Hannibal qui avait presque campé sous les murs de Rome et manqué de peu de lui porter le coup de grâce, expliquaient la férocité avec laquelle les Romains avaient conclu cette guerre centenaire : population massacrée ou asservie, bâtiments rasés, terre salée, histoire rayée des tablettes…
— Une sorte de défi aux archéologues, avait noté Lowell dans un sourire.
C’est cette gageure que développait la deuxième partie, résumant les grandes étapes des fouilles effectuées à Carthage depuis le début du xixe siècle. Des fouilles qui dans un premier temps s’étaient apparentées à des pillages plus ou moins méthodiques et à plus ou moins grande échelle, menés par les Anglais, les Hollandais, les Français… Tommaso s’attarda un instant sur la fiche consacrée au lieutenant-colonel Humbert. Jeune architecte hollandais originaire de Leyde, il avait passé huit ans dans la région et supervisé un certain nombre de découvertes. Il avait notamment mis au jour des stèles mystérieuses aujourd’hui en partie visibles dans les musées de Manchester et de Leyde. Une série de photos présentait ces pièces gravées d’une écriture énigmatique dont les caractères fins alternaient entre des courbes délicates et des figures géométriques.
Humbert avait été le premier fouilleur important. Mais après son départ définitif en 1827, il avait été dépassé par les Français, et notamment un certain nombre d’ecclésiastiques agissant sous couvert du musée Lavigerie. Parmi eux le père Delattre, un père blanc, était à l’origine de la disparition de milliers d’éléments importants, fruit d’un commerce lucratif, entre 1870 et 1880.
En parcourant les documents, Tommaso sentait monter l’excitation qui l’avait progressivement saisi à l’écoute du récit de Lowell.
Les notes suivantes en venaient à l’objet précis pour lequel il entrait en piste.
Le 12 mars 1867, une frégate de commerce en provenance de Tunis avait sombré corps et âme au large de Tunis. Rien n’avait été retrouvé de sa cargaison d’antiquités, perdue par grand fond. Les journaux parlèrent avec délectation de la malédiction de Didon, jouant de la vogue orientaliste, et glosèrent sur la cargaison qui se trouvait à bord, des stèles découvertes sur le site du Tophet, le grand temple de Carthage. Il est vrai qu’aucune tempête n’avait été signalée ce jour-là en mer. L’écrivain Mérimée signa pour sa part un article dans lequel il s’attristait de la perte immense pour la science archéologique de ces trésors destinés au Louvre.
Le bruit de la porte du bureau se rouvrant sur la silhouette mince de John Lowell ramena Tommaso à l’instant présent. Il se tourna vers l’avocat qui demeurait sur le pas de la porte, son cigare aux lèvres, enveloppé de volutes de fumée grise. Tommaso fut frappé par l’air inquiet qu’il saisit sur son visage avant qu’il ne corrigeât automatiquement son attitude, cherchant à masquer une préoccupation manifeste. Même le teint bronzé de l’avocat semblait avoir terni.
— Nous avons un problème, dit-il enfin.
Tommaso ouvrit des yeux interrogateurs.
— Un problème ?
— Nous allons devoir annu… enfin différer notre projet.
Tommaso se leva d’un bond.
— Je vous demande pardon ? lança-t-il sèchement. J’espère que vous plaisantez ? Je fais en urgence le voyage de Valence pour vous entendre, nous venons de passer l’après-midi à détailler votre projet et en une seconde, parce que…
Il s’interrompit avant de reprendre en essayant de contenir sa mauvaise humeur.
— Qu’est-ce que ça veut dire ? Qui vous a appelé ?
— Monsieur Mac Donnell, sourit l’avocat dans une grimace forcée. Je ne voudrais pas céder aux ridicules préjugés de mes compatriotes envers les vôtres, mais si ce n’est pas dans votre tempérament d’Écossais que vous puisez cette énergie…
Le ton résolument bravache augmenta encore l’énervement de Tommaso.
— Vous êtes pressé ? coupa Tommaso. Moi aussi. Alors cessons cette mascarade.
L’avocat tira sur son cigare.
— Je comprends votre agacement. Je m’en excuse. Et je le comprends d’autant mieux qu’il est la conséquence logique des qualités pour lesquelles nous vous avons choisi. Mais nous avons un contretemps. C’est de cela dont on vient de m’avertir. Enfin, une contrainte fâcheuse. Je crains qu’elle ne soit définitivement négative pour notre projet ; à ce niveau, vous le comprendrez, votre intérêt personnel apparaît comme… comment dirais-je ? « un simple dommage collatéral ». N’y voyez rien de désobligeant.
Tommaso sentit de nouveau la colère l’envahir.
— Mais vous vous foutez de moi ? Vous me faites venir à Londres, toutes affaires cessantes, je quitte une expédition qui a besoin de toute mon attention, il vous faut tout tout de suite, et puis soudain plus rien ?
— Allons, se défendit l’avocat en avançant les mains dans un geste d’apaisement, ne le prenez pas comme ça, je…
— Je me moque de ce que vous pouvez faire. Je veux parler à votre client.
L’avocat se raidit.
— C’est hélas tout à fait impossible, répondit-il d’un ton froid.
— Dites-moi de qui il s’agit.
— Il n’en est pas question.
— Je ne sortirai pas d’ici sans savoir ce que vous comptez faire pour me dédommager.
Tommaso consulta sa montre.
— De toute façon, j’ai raté le dernier Eurostar. J’ai donc tout mon temps.
L’avocat tira une bouffée, se retourna pour poser son cigare sur un grand cendrier de marbre gris puis indiqua le canapé que Tommaso venait de quitter.
— Écoutez… commença-t-il en s’asseyant à son tour.
Le reste de la phrase fut noyé dans un vacarme assourdissant. Tommaso vit la fenêtre exploser et baissa la tête dans un geste automatique. L’ensemble de la pièce lui parut se soulever tandis que les murs tremblaient. Il ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son ne sortit. Un choc le frappa en pleine poitrine, le jetant en arrière contre le mur. La douleur était atroce. Il ne pouvait plus respirer. Il pensa encore qu’on lui avait rempli la bouche de sable et que son crâne allait se rompre. Puis il tomba en avant dans un trou noir.
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