Pardon (French Edition)
Chapitre 18
Aymeric
Deux ans plus tôt…
J e zieute Camille, qui se rhabille au bout du lit. Mes yeux détaillent ses courbes, se mouvant à chaque geste qu’elle fait. J’ai conscience que j’ai fait une sacrée connerie en succombant. Je m’étais promis de ne pas la laisser s’approcher de trop près pour éviter de l’impliquer dans cette situation. Pourtant, lorsqu’elle m’a provoqué, je n’ai pas su me contenir. Elle était si belle, si désirable. Si Gabriel n’était pas dans l’équation, je foncerais tête baissée dans cette relation. Camille est une femme qui mérite le monde à ses pieds. Je ne veux pas qu’elle souffre, quand tout m’éclatera à la tronche. Parce que ça le fera, c’est certain.
— Mon petit doigt me dit que tu me mates.
Elle se tourne vers moi en levant un sourcil. Je lui envoie un clin d’œil pourtant, avec toutes ces pensées qui me traversent l’esprit, le cœur n’y est pas. Elle se plante devant moi et demande :
— Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu m’as l’air bien soucieux, d’un coup.
— Je souhaiterais avoir ton avis sur ce qu’il vient d’arriver.
— Un avis ? Tu doutes de tes capacités ? Disons que tu es doué avec ta bouche et tes doigts. Tu es plutôt bien membré, je dois l’avouer et…
— Camille, je suis sérieux. J’aimerais juste savoir ce que ce moment représente pour toi.
Elle perd sa mine malicieuse, mais garde ce sourire pour lequel je tuerais. Sa main vient glisser sur ma joue qu’elle caresse avec tendresse. Je ferme les yeux. J’ignore ce qu’elle me fait néanmoins, je pense adorer ça. C’est la première fois qu’une femme me traite avec tant de douceur, surtout après une partie de jambes en l’air.
— Pour être tout à fait honnête, jamais je n’aurais cru entretenir ce genre de relation avec toi.
Ouch ! Dans tes dents. Ouais, c’est carrément douloureux. Mon ego en prend un sacré coup, là.
— J’ignore ce qu’il se passe entre nous. Je ne comprends pas pourquoi cette attraction, enchaîne-t-elle en faisant aller et venir son doigt entre nous, ne se développe que maintenant. On se connaît depuis un moment déjà.
Parle pour toi. J’ai toujours eu ce petit truc pour elle. Le genre de sensation qui me fait la suivre du regard dans tous ses déplacements, qui me fait humer son parfum lorsqu’elle rentre dans la pièce. Seule la situation, dans laquelle je suis, m’a empêchée de craquer et de lui avouer. Ça, et la peur du rejet, sois franc. C’est vrai. Pour l’inciter à en venir au point, je la questionne :
— Tout ça pour dire ?
— Tout ça pour dire que tu me plais, Aymeric. Beaucoup. Et ce moment entre nous était juste génial. Donc j’ai envie de foncer et de kiffer. Ça durera le temps qu’il faut.
— On est sur la même longueur d’onde, alors.
Je ne sais pas dans quel jeu dangereux je m’embarque. Il serait bien plus simple d’en rester là, de faire comme si cette relation n’avait jamais existé. J’en suis incapable. Maintenant que j’ai goûté à sa peau, à la douceur de ses gémissements dans mon oreille, je ne pourrais plus m’en passer. Alors, priant pour que le destin me vienne en aide, je lance une bouteille à la mer qui, je l’espère, pourra limiter la casse quand tout explosera :
— Tu serais d’accord pour qu’on garde ça secret ? C’est juste le temps de voir comment ça tourne entre nous ?
— Ce serait judicieux. Si Samuel l’apprend et que ça ne fonctionne pas, le pauvre risque d’avoir le cul entre deux chaises.
Je suis soulagé qu’elle ne prenne pas mal ma proposition. Après tout, ce n’est pas entièrement faux, ce que je disais. Si Gabriel n’existait pas, j’aurais peut-être énoncé la même solution pour éviter de briser mon amitié avec Samuel. En plus, ça me permet de garder une distance au cas où mon « association » avec l’autre con serait dévoilée. Si je pouvais ne faire de mal à personne, je le ferais. Toutefois, Sophie reste ma priorité absolue.
— En tout cas, embraye Camille, si tu ne veux pas que mon frère apprenne de suite pour nous deux, il faut que je quitte ta chambre de toute urgence. Imagine un peu sa tronche s’il rentre de son shooting et qu’il me trouve à moitié nue dans ton lit. Le choc.
— J’avoue que voir son expression reste assez tentant.
Elle approuve d’un signe de tête avant de se lever pour enfiler son T-shirt. Je bondis sur mes pieds à mon tour pour la prendre par la taille et la serrer contre moi. Elle se laisse faire sans rechigner, ses bras enroulés autour de mon cou. J’adore le sourire qui naît sur son visage et j’aime encore plus l’idée que c’est moi qui le plaque sur ses lèvres. Cette fille est dingue, me rendant fou d’elle par la même occasion. Je dépose un baiser sur sa bouche pleine auquel elle répond goulûment. Je grogne.
— Camille, si tu ne t’arrêtes pas tout de suite, je te jure que tu ne sors pas de cette pièce sans que je me sois occupé de toi.
— Vraiment ? Je pourrais reconsidérer l’offre.
— Camille…
Elle m’envoie un clin d’œil espiègle avant de se détacher de moi. Ce démon quitte ainsi ma chambre en roulant des hanches. Je suis foutu, c’est clair et net.
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