Pardon (French Edition)

Chloé Dupont · Chapitre 24 sur 51

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Pardon (French Edition)

Chapitre 24

 

Camille

Deux ans plus tôt…

 

J e fais tout mon possible pour retenir le gémissement qui menace de passer la barrière de mes lèvres. Aymeric me plaque contre le mur de la salle de bain, sa bouche enfouie dans mon cou. Je ferme les yeux de plaisir. Ça fait maintenant un mois que nous entretenons cette relation restée secrète jusqu’ici. Notre passion dévorante, loin de s’être apaisée, ne fait que croître de jour en jour. Alors, nous tentons de trouver le moindre petit moment à l’abri des regards pour satisfaire notre besoin de l’autre.

— Aymeric…

— Chuuut… Il faut que tu gardes le silence, ma beauté.

Facile à dire quand il s’amuse à me torturer de la sorte. Sa main s’immisce sous ma jupe pour jouer avec l’élastique de ma culotte. Je presse mon bassin contre lui de manière suggestive alors qu’il fait glisser son doigt sur le tissu de mon sous-vêtement. Il se contente de simples caresses, sans appuyer ni approfondir son geste. Il va me rendre dingue. Je grogne de frustration contre son oreille, le faisant frissonner.

— Tout doux, ma belle…

— Tu crois vraiment qu’on a le temps pour tes petits jeux ?

Il m’envoie un sourire canaille avant d’enfin me donner ce que je demande. Je cogne ma tête contre le mur derrière tandis qu’il s’applique à me faire plaisir de ses mains expertes. Je m’accroche à ses épaules tout en mordant mes lèvres pour me faire silencieuse. Samuel peut rentrer d’une minute à l’autre et on ne peut pas risquer qu’il nous entende. La première vague de jouissance me submerge. Il m’embrasse pour étouffer le cri de mon orgasme. Tremblante, je m’appuie contre lui, le temps de reprendre mes esprits. Il dépose un baiser sur mon front et nous demeurons, un instant, enlacés ainsi. Plus notre relation avance et plus je me sens bien avec lui. Ce qui, à mon avis, ne devait rester que purement physique, semble évoluer d’une manière que je n’attendais pas. Néanmoins, je ne suis pas sûre que le sentiment soit réciproque. Après tout, on ne s’est rien promis.

— Allez, viens. Retournons dans le salon avant de se faire chopper.

Il fait volte-face, mais je le retiens.

— Et toi ?

— Quoi, moi ?

Je roule des yeux. J’ai toujours du mal à cerner s’il le fait exprès ou non. Ne voit-il pas ce que je veux dire ? Je pointe son entrejambe du doigt. Il fait un signe de la main pour m’indiquer de laisser tomber.

— Ça va redescendre, ne t’en fais pas.

— J’aurais pu te retourner la pareille. Il n’y a que moi qui ai profité…

— Loin de là. Te faire plaisir me plaît autant que d’en recevoir. J’adore tes expressions quand tu prends ton pied.

Je rougis jusqu’à la racine des cheveux. Aymeric est loin d’être le premier homme avec lequel j’entretiens des relations sexuelles. Cependant, il est le premier à me faire autant d’effet. C’est comme si nos corps étaient faits pour n’en former qu’un. L’alchimie entre nous est si évidente…

— Si c’est si important pour toi, tu me retourneras l’ascenseur une autre fois. Ce n’est pas un concours.

J’acquiesce, contente de voir qu’il existe encore des hommes comme lui sur terre. De plus en plus, le sexe n’est qu’une question de donnant-donnant et de performances. Aymeric ne me met pas la pression et j’adore. Grâce à lui, je me sens plus épanouie, plus à l’aise avec mon corps. Je n’ai aucun doute sur ce plan-là.

J’ouvre la porte de la salle de bain quand sa main m’en empêche. Il enroule ses doigts autour de mon poignet et le caresse avec tendresse. Mes yeux se posent sur son visage. Il semble nerveux d’un coup.

— Ça te dirait qu’on sorte tous les deux ce soir ?

— Tu veux dire, genre, un rencard ?

— Ouais…

Il me lâche pour se gratter la nuque, gêné. Bon sang, il est adorable. Il pense que je vais éclater de rire ou refuser tout net ? Je décide de le faire mariner :

— Ça dépend ce que tu as prévu.

— Alors, ça, c’est une surprise. Il me semble que tu adores ça, non ?

— Touché, monsieur.

Il me sourit, il sait que j’accepte. Je me blottis contre lui, heureuse que nous soyons, au final, sur la même longueur d’onde. J’aurais eu du mal à continuer cette relation s’il m’avait dit vouloir qu’elle reste physique. Je renchéris :

— Du coup, il faut tout de même se donner un point de rendez-vous. Si je débarque ici ou que tu viens me chercher, ce sera suspect. Tu crois pas ?

— Si, c’est pour ça que j’ai un plan. Retrouve-moi à dix-neuf dans le parc d’à côté.

— Un dress code à respecter ?

— Mets ce que tu veux, tu seras magnifique dans tous les cas.

Je le remercie d’un tendre baiser et nous rejoignons le salon. Samuel n’est pas encore rentré et il vaut sans doute mieux que je m’éclipse avant que ce ne soit fait. Je passe beaucoup plus de temps ici, ces derniers temps, et, même si ses remarques se font sur le ton de l’humour, j’ai peur qu’il ne finisse par avoir des soupçons. Ni Aymeric ni moi ne sommes prêts pour l’instant à nous dévoiler aux yeux de tous.

— Je vais rentrer, annoncé-je. J’ai un rencard ce soir, je dois me préparer.

— Un rencard ? Vraiment ? Quel chanceux, ce type !

Je ris et lui frappe le bras. Il est con lorsqu’il s’y met. Il rattrape ma main pour y déposer ses lèvres et je soupire de contentement. Je crois qu’il est parfait. Me plaçant sur la pointe des pieds, je lui octroie un baiser d’au revoir qu’il fait durer en pressant ma taille contre lui. Je me détache avant de nous faire griller, juste devant la porte d’entrée. Je le salue :

— À ce soir.

— J’ai hâte.

Il profite que je me retourne pour m’envoyer une gentille claque sur les fesses qui me fait glousser. C’est fou comme j’adore ces deux facettes de lui : le tendre et le joueur. Mélangées, c’est le combo parfait. Je descends les escaliers sur un petit nuage et quitte en vitesse le quartier. J’adresse un message à Lucie :

[SOS shopping !]

[Raison de l’urgence ?]

[Rencard avec un mec incroyable dans quelques heures.]

[On se rejoint à notre quartier habituel.]

Lucie a beau détester faire les magasins, à cause de la foule, je peux compter sur elle pour venir avec moi quand j’ai besoin de ses conseils. Elle fait toujours en sorte de s’habiller avec des vêtements trop larges alors qu’elle a énormément de goût. S’il y a bien une personne pour m’aider à me sublimer, c’est elle.

Je prends donc la direction du centre commercial tout en imaginant ce que je pourrais bien porter. Je vais sortir le grand jeu pour Aymeric. Qui aurait cru que je jetterais mon dévolu sur lui ?

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