Pardon (French Edition)
Chapitre 2
Camille
Deux ans plus tôt…
J e lève les bras en l’air en poussant un cri, en même temps que les autres fêtards. Cette soirée est géante et je suis bien contente d’avoir pu me libérer de mes révisions pour y passer. La musique est sympa, les gens sont là pour s’amuser. Et surtout, l’alcool coule à flots ! Que demander de plus ? Je remue en rythme avec le morceau qui s’élève des grandes enceintes louées pour l’occasion, chantant à tue-tête :
— Ma best life ! Best life !
Les cheveux détachés, je les laisse se balancer de droite à gauche. J’ai chaud, ma nuque est humide, mais je m’en fiche. Je m’éclate trop ! Plusieurs chansons passent et ma soif monte crescendo. Je décide de prendre une pause pour aller me trouver quelque chose à boire. Les bras toujours au-dessus de ma tête, je me fraie un chemin entre les corps. À quelques petits mètres de la cuisine, je bouscule quelqu’un et manque de m’écraser au sol. Une main me rattrape par le biceps alors que je m’excuse vivement :
— Désolée, j’avais pas vu que t’étais là.
Je lève les yeux vers Aymeric, qui me fixe, un sourire amusé plaqué sur ses lèvres. Je ne m’attendais pas à le trouver ici. Faut te rappeler qu’il sort plus que toi ? Pas faux… c’est difficile pourtant !
— T’inquiète, répond-il en me lâchant. Je sais bien que je suis maigrichon, mais je ne suis pas en sucre non plus. Par contre, j’ai besoin d’une nouvelle bière.
Mon regard accroche son verre vide dans sa main ainsi que la grosse tâche qui orne désormais son T-shirt.
— Oh, merde, désolée ! Je vais t’aider à nettoyer.
— Ce n’est pas nécessaire, je vais m’en occuper.
— Tututututu ! J’ai dit que j’allais t’aider.
Je ne lui donne pas le temps de protester, posant ma paume sur sa bouche pour le faire taire. Il lève les yeux au ciel et acquiesce sans un mot. Je hoche la tête, satisfaite qu’il se laisse faire. Girl power ! J’agrippe ses doigts pour l’entraîner jusqu’à la salle de bain. Pourquoi est-elle à l’étage au fait ? C’est chiant, les escaliers ! Surtout en talons. Surtout, vu ton état d’alcoolémie. Moui, ça doit jouer.
— Je vais finir par te porter de peur que tu tombes.
— Je ne suis pas une demoiselle en détresse et tu n’es pas un chevalier, Aymeric. Je gère !
— Si tu le dis !
Je pousse la porte et lui ordonne de s’asseoir sur le rebord de la baignoire. Il s’exécute. J’aime quand on m’écoute. T’es un tyran. Et j’assume pleinement. J’attrape le bas de son T-shirt pour le lui enlever. Il m’en empêche en posant sa main sur la mienne. Un courant électrique me fait lâcher. Ses sourcils se froncent un instant avant qu’il ne secoue la tête.
— T’es éméchée, toi, non ?
— Si peu !
Je montre un petit interstice entre mes deux doigts avant de faire un pas en arrière, pour reprendre contenance. Nous nous regardons quelques secondes dans le blanc des yeux, chose qui me trouble de manière étrange. Moi ? Déconcertée par Aymeric ? Pourquoi ? Je soupire et lance pour casser le silence :
— Bon, tu te dépêches de l’enlever ?
Il finit par s’exécuter et je suis sur le cul de voir des abdos très fins se dessiner. Eh, beh ! Qui aurait cru qu’il y aurait des muscles sur ce corps maigrichon ? Pas moi, en tout cas. C’est trop bizarre. Avec un jean pour simple vêtement, il est… Sexy. Jamais je n’aurais imaginé pouvoir le trouver sexy et, pourtant, les picotements dans ma culotte me confirment que c’est bien le cas. Je dois vraiment en tenir une bonne, faut que je stoppe l’alcool, et vite.
— Camille ?
Il passe ses doigts devant mon visage pour attirer mon attention. Merde, depuis combien de temps je le mate comme ça ? Quelle gourde ! Je lui arrache son T-shirt des mains. Nouvelle décharge à son toucher. Putain, qu’est-ce qui m’arrive ce soir ? Je fais volte-face pour lui tourner le dos et ouvre le robinet. Je tente de me concentrer sur ma tâche, nettoyant son vêtement avec bien plus de minutie qu’il n’en faut. Mes yeux dérivent sur le miroir dans lequel je croise son regard. Il m’adresse un sourire que je ne parviens pas à analyser. Amusé ? Surpris ? Flatté ? Rah ! Pourquoi ai-je autant bu ? Il m’envoie un clin d’œil qui me fait virer écarlate. Moi qui ne rougis jamais ! Il t’a lancé un sort ou quoi ? Il faut croire ! Je détourne mon attention de lui. J’essore enfin son T-shirt avant de le lui tendre.
— Il est humide du coup, mais ça va vite sécher, vu la chaleur en bas.
— Merci, t’étais pas obligée.
Il récupère son dû. Nos mains se frôlent, encore. Sortez-moi de cet univers parallèle ! Ses iris se plongent dans les miens et je suis absorbée par la profondeur de ceux-ci. Plus les secondes s’égrènent, plus la tension dans mon bas-ventre se fait insoutenable. Sans savoir ce qu’il m’arrive, je me jette sur ses lèvres. Je balance mes bras autour de son cou. Il lâche un gémissement en m’agrippant les hanches avec fermeté. Sa peau est rugueuse contre la mienne, je m’étonne d’aimer ça. J’enfonce ma langue dans sa bouche alors qu’il me ramène plus à lui. Nous sommes à deux doigts de fusionner tant nous sommes collés l’un à l’autre.
— Putain, Camille…
Mon prénom, susurré entre ses dents, est un appel à la luxure. Je geins contre lui, prête à lui déchirer son pantalon pour qu’il me prenne, là, tout de suite. Mes doigts descendent vers sa braguette lorsque des coups cognent contre le battant. Je m’apprête à crier à celui ou celle qui nous importune de foutre le camp, quand Aymeric me lâche. Je lui jette un œil interrogateur tandis qu’il instaure de la distance entre nous. Qu’est-ce qu’il…
— Je… désolé, faut que j’y aille.
Sans demander son reste, il déverrouille la porte et s’enfuit comme un voleur, me laissant les bras ballants. La meuf qui avait toqué me lance un regard navré avant de faire demi-tour. On m’explique ce qu’il vient juste de se passer ?
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