Rafael (French Edition)

Florence Charbaut · Chapitre 42 sur 43

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Rafael (French Edition)

Épilogue

Rafael

 

Je tâtonne les poches arrière de mon jean pour m’assurer que ma surprise

est bien à sa place. Il ne s’agit pas d’une bague même si j’en ai déjà une en ma possession. J’attendrai le moment idéal pour lui offrir ce bijou, peut-être le soir du réveillon du jour de l’an, au pied de la tour Eiffel. Je désire que tout soit parfait !

Caro ne va plus tarder, je craque une allumette, approche la flamme de la mèche, puis lisse une dernière fois la nappe.

Un dîner aux chandelles improvisé semble incongru dans ce décor de

chantier. Les meubles sont recouverts de bâches de protection et le sol est devenu un tapis plastifié. Je sais que ma compagne appréhende les travaux, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de les lui éviter en planifiant une petite surprise. Lui imposer de déposer des jours de congés sans lui dévoiler mon secret n’a pas été une sinécure, nous sommes toutefois parvenus à un accord.

Des pas resonnent dans l’escalier, c’est elle. Elle retire ses chaussures de marche dans le vestibule. L’étonnement se peint sur son visage en découvrant la table dressée.

— Tu es au courant que ce n’est pas mon anniversaire, n’est-ce pas ?

Je m’approche d’elle et entoure sa taille de mes bras.

— Hum hum, comment s’est passée ta réunion ?

— Ma cheffe ne m’adresse plus la parole, je survivrais.

La lassitude s’entend dans sa voix.

— Tu as le droit de déposer des vacances, Caro. Comment faisais-tu les années précédentes ?

— Je prenais une semaine par-ci, une autre par-là et le reste m’était payé. Je vais sous la douche.

Elle fuit. Sa supérieure est une véritable terreur et ma chérie appréhende ses réactions. Je soupçonne Caro de ne s’être jamais rebellée et de courber l’échine. Résultat : ses collègues comptent beaucoup trop sur elle. Il va falloir remédier à ça, surtout si nous avons un enfant.

Le sujet n’a jamais été abordé. En tout cas, pas depuis le jour où nous avons découvert le diamant. Cette idée tourbillonne de plus en plus dans ma tête, surtout maintenant qu’Olivier est papa d’un petit garçon prénommé Paul.

J’attends que les travaux soient terminés pour la remettre sur le tapis.

Par ailleurs, au cours d’une conversion privée dans laquelle j’évoquais mes plans d’avenir, Monsieur Lopez m’a fait comprendre que j’avais intérêt à faire les choses dans l’ordre. Qu’il se rassure, j’en ai bien l’intention.

Je glisse la pochette dans l’assiette de ma compagne en priant pour que

ce cadeau de Noël avant l’heure lui plaise.

La bague attend bien sagement chez Manolo, j’avais trop peur qu’elle tombe dessus par inadvertance. Je la récupérerai la veille de notre départ. Le diamant a retrouvé son propriétaire, le joaillier était tellement heureux qu’il envisageait de nous octroyer une récompense. Une offre généreuse que nous avons déclinée. Caro ignore que j'y suis retourné afin de choisir LA bague et que j’ai obtenu une jolie ristourne, ce qui m’a permis de faire une folie. Je veux ce qu’il y a de mieux pour ma belle.

Elle arrive les cheveux enrubannés dans une serviette éponge.

— Qu’est-ce que c’est ? demande-t-elle, les yeux posés sur son assiette.

— Ouvre et tu verras.

Elle s’empare des pochettes rectangulaires et retire les cartes d’embarquement.

— Des billets d’avion, s’éclaffe-t-elle en riant.

— Tu m’as avoué à plusieurs reprises que tu rêverais de visiter Paris, alors, à nous la ville des amoureux.

Elle me saute au cou, et une chose en entraînant une autre, nous en oublions le repas. Tant pis, il paraît que c’est bien meilleur réchauffé !

Caro

 

Je dépose un bouquet de fleurs sur la Pierre tombale. Les sanglots de

Maria brisent le silence. Paulo ou Pablo, après tout peu importe, n’avait pas eu d’enterrement digne de ce nom, son fils tenait à remédier à ce manquement.

Il nous a réunis en ce 2 février, jour de l’anniversaire du défunt, pour

une petite cérémonie intime, rien de bien grandiose. Pour l’occasion, une stèle a été dressée. Rafa voulait honorer dignement la mémoire de ce père qui a tout sacrifié pour sauver sa famille. Je comprends l’amertume et les regrets qu'il ressent concernant l’homme qui s’est effacé pour le protéger. Il apprend désormais à le connaître grâce aux anecdotes racontées par Sergio.

Je me blottis contre lui pour lui inculquer un peu de ma force, il ne montre pas sa peine, pourtant elle transperce dans chacun de ses gestes. Mon fiancé passe un bras autour de mon cou et m’attire un peu plus contre lui. Dorénavant nous formons un tout, c’est lui et moi contre vent et marée.

Tous sont là, mes parents, ma sœur et son époux ont tenu à venir pour

nous soutenir. Olivier, Manolo, Sergio et Maria, cette femme courageuse qui n’a pas surmonté son amour perdu et n’a jamais réussi à l’oublier. Peut-on remplacer son grand amour ? Non, je ne le pense pas. Je remercie le ciel de m’avoir ramené mon amour, ma bonne étoile m’a rendu un fier service ce jour-là !

Rafael resserre sa poigne autour de mes doigts et effleure la magnifique émeraude qu’il m’a offerte à Paris. Quelles vacances ! Un séjour et une déclaration d’amour dont je me souviendrai toute ma vie.

J’ai enfin rencontré Olivier et sa femme ainsi que leur adorable bambin. Nous avons rendu visite à son ancienne voisine, profitant de l’absence de Lola. Une sacrée mamie qui n’a pas sa langue dans sa poche !

Rafa s’est remis à la peinture, la promesse qu’il s’était fait l'a beaucoup

aidé à se remettre derrière le chevalet. Nous avons offert à Corinne une illustration de son commerce, la boulangère en a pleuré de joie.

Le soir du réveillon, Rafael m’a demandé de l’épouser dans un décor de rêve, au second étage de la tour, avec les Tuileries en toile de fond. Il a posé un genou à terre et a sollicité ma main sous un ciel étoilé, j’ai hurlé oui et les touristes présents ont applaudi. C’est un peu plus tard que nous avons échangé notre premier engagement, notre mantra comme nous nous plaisons à le dire.

Après m’avoir passé la bague à l’annulaire, Rafael a collé son front au

mien et les yeux dans les yeux, il a susurré : " Toi, moi, pour l’éternité". 

Une jolie promesse qui scellera notre futur.

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