Respire, bébé, respire !

JANVIER ANNIE · Chapitre 40 sur 65

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Respire, bébé, respire !

Chapitre 39 – Être là, tout simplement

Chapitre 39

Être là, tout simplement

 

Aujourd’hui, je t’ai prise dans mes bras et j’ai décollé vers un autre monde. Je m’accrochais à toi et tu me portais.

Sur une île d’amour,

Sur une île de calme.

Tu étais ma lune,

Tu étais mon ancre, ma bouée.

Dans une bulle remplie de l’oxygène et du gaz carbonique de nos souffles emmêlés,

Toi et moi, dans notre nuage.

Nos vies suspendues, au-dessus d’un filet de sécurité. Des racines s’enfonçaient sous ma chaise et nos chairs s’unissaient. Un feuillage sur nos têtes, de la chaleur sur nos lèvres humides.

Ce monde magique, on ne l’appelle pas.

Je m’y suis posée et nous y sommes restées suspendues un moment, Mon trésor sur ma poitrine, toute ma vie entre mes mains. Nos corps ne faisaient qu’un,

L’aura de notre chaleur et de notre amour.

Un monde où l’on n’a pas à se mentir « un jour à la fois », Un monde sans métaphores de montagnes russes. Ce monde, on n’y accède qu’en mettant de côtés ses désirs. Un monde qui ne connaît que le présent, Un monde sans angoisse du lendemain, sans culpabilité, Un monde virginal, sans promesses.

Un monde sans pensées, sans peurs,

Peur de te perdre,

Peur de voir mourir tous mes rêves,

Peur de te tenir et de t’aimer trop, et de ne pas pouvoir me relever si je te perds,

Peur de tomber.

Être là, tout simplement,

Sans rien attendre en retour.

J’ai connu avec toi la liberté dans l’apesanteur À visualiser tous mes organes, le sang qui parcourait mes veines Et tes organes correspondants, qui grandissaient tout doucement. Je sentais mes seins gorgés du lait qui te nourrit Les canaux lactifères, les immunoglobulines

Le lait caillé qui se laisse absorber dans ton petit estomac et dans tes intestins

Tes petits reins qui fabriquent de l’urine

N’entendant que mon pouls, que mon souffle

Et ton pouls, et ton souffle…

Et tu as oublié de respirer, ton cœur a ralenti et mon château de cartes s’est effondré dans le tourbillon des alarmes.

On t’a prise et on t’a éloignée de moi.

Et encore une fois je me suis retrouvée gelée, vide et seule.

 

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