Respire, bébé, respire !
Recommandations aux soignants
Recommandations aux soignants9
1. Appelez le bébé par son nom, même si c’est un nom à coucher
dehors. Sachez si c’est un garçon ou une fille. Un bébé, ce n’est pas un diagnostic, un « T-18 », un « 23 semaines », une « micropréma », ou la « BDP d’enfer dans la 34 ».
2. Identifiez-vous. Dites aux parents qui vous êtes, quel est votre rôle, et
pourquoi vous êtes là. Ne présumez pas qu’ils le savent ou s’en souviennent.
3. Connaissez votre patient. Les parents s’attendent à ce que vous
sachiez tout de leur bébé. Vous devez vous l’approprier, vous sentir responsables de lui. Annoncez-leur les résultats qu’ils attendent, et n’attendez pas au lendemain pour le faire. Connaissez les faits. Ne dites jamais : « Je ne fais que remplacer aujourd’hui. » Les parents ont besoin de sentir que leur bébé compte pour vous, que vous contrôlez la situation.
4. Souriez aux parents. Quand vous vous approchez du chevet de leur
bébé, prenez contact avec eux et asseyez-vous. Demandez-leur comment se porte leur bébé. Écoutez-les. Pendant les tournées, ne faites pas comme s’ils n’étaient pas là, même si vous venez voir le bébé d’un autre.
5. Parlez leur langage. Tous les parents sont différents. Certains veulent
des chiffres, des prédictions, des statistiques. Certains veulent plein de détails, d’autres, non. Adaptez votre discours à leurs besoins. Soyez
honnêtes, et répondez à leurs questions de manière directe, même quand ils vous demandent si leur bébé va mourir.
6. Parlez-leur de la trajectoire de vie de leur bébé. Les parents
veulent savoir comment leur bébé se compare à d’autres dans la même condition, ou au même âge gestationnel. Quelle sera la prochaine étape, et quand leur bébé l’atteindra-t-il ? Qu’attendez-vous de leur bébé ? Qu’est-ce qu’ils doivent craindre ?
7. Accordez vos flûtes. Les parents sont submergés par le personnel
médical : les infirmières, les étudiants, les résidents, les infirmières praticiennes avancées, les inhalothérapeutes et d’autres encore. Limitez le nombre de professionnels qui assistent à l’accouchement, aux conversations difficiles et aux codes d’urgence. Limitez le nombre de personnes qui examineront le bébé. Soyez constants dans vos communications.
8. Soulignez l’importance des parents. Ils participent aussi aux soins
de leur bébé. Ils passent des heures à son chevet. Les mères tirent leur lait pour lui. Les parents en ont beaucoup sur les épaules : carrière en suspens, autres enfants, très peu de sommeil et soucis permanents. Soyez compréhensifs et reconnaissants. Votre reconnaissance renforce leur détermination à être de meilleurs parents encore. Dites aux parents que leur bébé est chanceux d’avoir des parents comme eux, remerciez-les pour le lait maternel. Ne leur collez pas une étiquette. Rappelez-vous que ce sont les pires circonstances qui vous réunissent. Ce qui n’est pour vous que la routine peut représenter le plus grand stress de leur vie. Évitez de parler de « parents difficiles », dites plutôt : « parents en situation difficile ». Attendez-vous à leurs sautes d’humeur. Ne vous en offusquez pas. Dites-leur que la vie ne sera pas toujours comme ça qu’un jour elle redeviendra belle. Dites-leur qu’ils sont plus forts qu’ils ne le pensent.
9. N’essayez pas de prédire l’imprévisible. Les parents n’ont pas
besoin de se faire dire que leur bébé risque de briser leur couple, leur carrière ou leur famille. Vous ne pouvez pas prédire ça.
10. Rappelez-vous ce que vous représentez pour les parents. Ils
mettent la vie de leur enfant entre vos mains. Ils se souviendront de vous toute leur vie. Ne sous-estimez jamais l’importance que vous prenez dans leur famille.
9. Ces recommandations sont inspirées de l’article suivant : Janvier, Annie, John Lantos et the POST
group. « o Ethics and etiquette in the neonatal intensive care unit », JAMA Pediatrics , vol. 168, n 9,
septembre 2014, p. 857-858.