Unstable feelings - T2

Ellen Stuart · Chapitre 15 sur 51

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Unstable feelings - T2

ch012

Chapitre 12

 

Sky

 

Comme un oiseau à qui on a enlevé les ailes, je me suis crashée en

plein vol. J'ai agonisé, j'ai saigné, mais la fin n'est jamais arrivée. J’ai l’impression que l’on a abusé de ma confiance, je tombe des nues, et pourtant, j’aurais pu le préméditer avant l’impact, me rendre compte que tout ceci était trop beau pour être vrai. Pourquoi suis-je toujours si naïve ? 

Je n’ai posé qu’une seule et unique question, néanmoins, la réponse se

lit déjà dans leurs yeux. Eléonore avait raison, elle a constamment raison, c’est inéluctable et ça me déchire au plus profond de mon âme. Mes tantes ne m’avaient jamais menti jusqu’ici, instaurant un climat de confiance entre nous. Alors, pourquoi l’avoir fait, cette fois ? Pourquoi avoir conclu cette espèce de marché avec mes géniteurs ? Est-ce que finalement ma présence leur pèse et qu’elles espèrent me voir regagner le nid familial ? J’en ai des sueurs froides à cette idée !

Aussi dure que soit la vérité, je suis prête à l’entendre, je ne lâcherai

pas l’affaire tant qu’elles ne m’auront pas tout dévoilé à ce sujet.

Jessie était-elle au courant de tout ce simulacre ou a-t-elle, comme

moi, été bernée ? S’est-elle posé les bonnes questions ? En la dévisageant tout comme je le fais avec Fiona, je ne pense pas qu’elle se trouvait dans la confidence, elle semble tout autant perdue que moi, voire pire.

— Nous étions si heureuses de savoir que tu désirais reprendre tes

études et on n’avait pas du cœur au ventre de te dire que cela s’avérerait peut-être un peu compliqué pour nous. Nous avons décidé de déménager, de revendre la maison, mais le marché de l’immobilier n’est plus aussi florissant qu’il y a quinze ans, et puisque tes parents n’arrêtaient pas d’essayer à leurs manières de trouver un moyen pour t’aider à te sentir mieux… On s’est dit que c’était la moindre des choses qu’ils pouvaient faire pour toi.

— Et cet argent qui part tous les mois, où va-t-il, dans ce cas ? demandé-je un peu sèchement, furieuse de m’être fait avoir.

— On comptait le réinvestir pour toi, dans l’achat d’une voiture ou autre chose, bredouille Nell.

— Alors, c’est bien Terrence qui paie pour Saint-Andrews, mets-je au clair.

La bile me brûle l'œsophage, je tente de ne pas me laisser submerger.

— En partie. Nous avons fait ce que nous pouvions pour vous offrir un meilleur avenir à toutes les deux, complète Fiona.

— Je ne veux plus de leur argent. Arrêtez tout ça, je m’inscrirai l’an prochain dans une autre faculté. Je travaillerai pour payer mes frais de scolarité, je ne souhaite plus avoir affaire à eux.

— Sky… Je sais que tu es en colère, mais ne prends pas de décision sous l’impulsion du moment, tente de temporiser Nell.

Encore trop touchée par le mal qu’ils m’ont fait, je secoue la tête. J’aurais pu renoncer à Saint-Andrews dès le départ, si on ne m’avait pas menti, laissé miroiter des choses comme à une enfant que l’on doit préserver. J’en ai assez que l’on essaie de me protéger de tout constamment, comme si mon avis n’importait pas au fond. Comme si j'étais trop fragile pour le supporter. Je suis suffisamment forte pour faire face aux difficultés financières qu’un tel projet incombe. Je vais, par conséquent, perdre encore une année.

— J’arrête les cours pour cette année et je tenterai d’obtenir la bourse pour l’an prochain, les informé-je en me levant de ma chaise. Mettons un terme à tout ça, sinon ils continueront à trouver un prétexte pour nous contrôler. Ne sacrifiez pas tout pour moi.

— Tes frais de scolarité ont été payés pour l’année, rétorque Nell d’une voix mal assurée, un peu inquiète de ma réaction.

— Je rembourserai chaque centime que ce pourri a déboursé. Donnez-moi la facture, je trouverai un moyen, même si pour ça il faut que je bosse jusqu’à mes quatre-vingts ans, m’entêté-je.

Fiona se lève, effectuant un pas dans ma direction en vue de me

prendre dans ses bras, hélas, je ne suis pas d’humeur à ce que l’on m’amadoue à coup de câlins. Je suis furieuse parce que plutôt que de me parler, elles ont conclu une sorte de marché financier avec le Diable. Je ne leur ai jamais demandé tous ces sacrifices.

— T’es malade, tu ne vas pas tout arrêter à cause de ces salopards !

s’insurge Jessie.

Nell la dévisage à la suite de ses propos virulents et insultants, mais

elle n’en a cure.

— Je n’ai pas le choix, là ! Au lieu de me parler, vous avez décidé

pour moi, en acceptant leur fric, alors que j’avais dit que plus jamais je ne voulais leur devoir quoi que ce soit. Personne ici n’a les moyens pour cette vie, et moi non plus, visiblement. Je fais ce qui s’impose, Jessie.

— Mademoiselle, je n’aime pas ça, intervient Pénélope. — Tu vas pouvoir rentrer chez toi, lui dis-je. Je ne veux pas te

provoquer de problèmes.

— On va toutes se calmer et réfléchir posément à la situation ! Nell hausse la voix.

— Arrête tes conneries, Sky. Je suis prête à vendre l’un de mes reins si

ça nous permet de sortir de cette impasse, croit bon d’objecter Jessie.

N’appréciant pas sa plaisanterie, je roule des yeux, toutefois, celle-ci

m’inspire en premier lieu une idée. Tout aussi offusquée par sa réflexion stupide, elle se fait enguirlander par mes tantes. J’apaise le début des hostilités qui se tiennent entre elles en évoquant à voix haute ma première option :

— Je vais vendre mes affaires.

— Pardon ? déclame Fiona, sidérée.

— Tout ce qui provient de boutiques de luxes, bye bye, réponds-je

avec le plus grand sérieux. Je l’ai dit, j’assumerai le coût qu’a engendré mon inscription à Saint-Andrews, je rembourserai tout et…

— Tu n’arrêteras pas tes études cette année, il en est hors de question !

Je peux tolérer que tu te trouves un job étudiant, parce qu’après tout, beaucoup d’élèves le font et que ça vous inculque le sens des responsabilités, mais tu vas continuer tes cours, jeune fille ! décrète Fiona.

— On peut se passer du câble aussi, de toute façon, ce n’est pas

comme si on avait du temps pour regarder la télé, ajoute Jessie avec une moue ironique.

Nell pose la main sur son épaule, me faisant comprendre à sa façon que Jessie n’a pas tort et qu’ainsi nous sommes sur la bonne voie.

— On peut empêcher le bateau de couler en fournissant des efforts. Mais par pitié, continue tes études ou ils auront gagné. On va trouver une solution toutes ensemble. Je suis désolée de t’avoir menti, je voulais seulement te faciliter un peu la vie. Tu étais si heureuse en recevant ta lettre que je n’ai pas eu le cœur de te faire renoncer à cause du prix que cela coûtait, me confesse Fiona droit dans les yeux.

— Jessie, va me chercher mon ordinateur, s’il te plaît, que l’on puisse réfléchir à tout ça avec cohérence, l’enjoint Nell.

Rapidement, ma cousine s’éclipse au premier pour mettre la main dessus. Il se situe dans la chambre de mes tantes. Mes neurones tournent à plein régime en essayant de voir à combien s'élèverait le montant de ma dette. J'en ai froid dans le dos, mais je ne reviendrai pas sur mes engagements. Je n'ai qu'une parole, il est exclu que mes tantes continuent de tout sacrifier pour moi.

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