Unstable feelings - T2

Ellen Stuart · Chapitre 33 sur 51

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Unstable feelings - T2

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Chapitre 30

 

Sky

 

Ne parvenant pas à trouver le sommeil, je grogne. Je n’arrive pas à me

retirer de l’esprit le comportement de Lysandre vis-à-vis de Logan et même cette fille, Erika d’ailleurs. Tous les trois m’intriguent, la tension qui règne entre eux, le poids de leurs silences.

Soudain, la lampe de chevet s'allume et j’oriente le visage vers la

gauche pour aviser Jessie qui vient de couper toute obscurité dans la pièce. Ses sourcils sont froncés.

— Tu n’arrives pas à dormir, constate-t-elle sans difficulté. J'acquiesce, en grimaçant.

— Tu n’as qu’à aller dans la chambre de Lysandre, suggère-t-elle. — Il est plus de vingt-trois heures, contré-je.

— Justement, il parviendra peut-être à te détendre, sous-entend-elle

avec malice.

Outrée, je lui adresse un œil qui signifie beaucoup tandis qu’elle

arbore une moue polissonne. Je secoue la tête, dépitée par ses façons de parler alors que, au fond, elle n’est plus aussi jeune. Elle a grandi si vite que je n’ai rien vu venir !

— Jessie, soupiré-je, en levant les yeux au plafond avant de lui jeter

un oreiller à la figure, ce qui la fait rigoler.

— Quoi ? C’est prouvé scientifiquement : libérer des endorphines aide

à trouver le sommeil. Par conséquent, le sexe est un bon moyen de faire dodo, alors débarrasse-moi de ces vilaines tensions et laisse-moi pioncer, bougonne-t-elle en cachant sa tête sous son coussin.

Ma bouche s’ouvre, elle vient de me moucher sans même que je ne puisse le présager. Bien sûr, je vais me pointer dans sa chambre, l’air de rien, et lui exprimer de but en blanc : “Excuse-moi, je fais de l’insomnie. Si t’es bien réveillé, on pourrait peut-être faire l’amour et j’arriverais enfin à dormir. Ça me rendrait un fier service !” Jessie a vraiment de drôles d’idées parfois !

— Je suis sérieuse, Sky. Je suis épuisée, j’suis une ado qui a besoin de sommeil ou je risque de tous vous tuer demain matin, donc oust, va prendre l’air ! Et par pitié, ne faites pas trop de bruit !

— Tu me fous dehors ? persiflé-je, sidérée par son aplomb.

— Exactement ! Va papoter avec ton mec ou jouez à la bête à deux dos, peu importe, mais silence.

— Comment tu parles, toi !

— Ne sois pas si prude, ma chérie. Je sais ce que c’est quand même. Même si je n’ai pas encore pratiqué, bâille-t-elle.

— C’est bon, j’en ai assez entendu, l’interromps-je en levant mes deux paumes devant moi et en bondissant du lit confortable sur lequel j’étais pelotonnée au chaud.

Je quitte la pièce après avoir enfilé un peignoir et mes chaussons, complètement désarçonnée par le comportement de Jessie. Ses révisions doivent clairement lui monter à la tête et épuiser toute son énergie, autrement, elle ne m’aurait pas virée de la chambre. Aussi, j’arpente le couloir après avoir allumé la lampe. Le parquet du chalet grince. Zut !

Une porte s’ouvre presque à la volée, je tombe nez à nez avec le torse nu de Logan qui a les cheveux en bataille. 

— On se casse en douce ? persifle-t-il à mon encontre.

— Je ne t’ai pas sonné les cloches, retourne à tes trucs louches, grommellé-je un peu, déclenchant son hilarité.

— Mes trucs louches ? répète-t-il, moqueur. 

Je vise un regard un peu dédaigneux vers le sud pour qu’il comprenne qu’il s’est sapé tellement rapidement que l’on distingue presque son service trois-pièces dépasser de son pantalon. J’ai une vue imprenable sur ses poils pubiens que je ne désirais pourtant pas voir. Beurk ! S’il n’y avait que ça, j’aurais joué les aveugles, mais non, il y a aussi la base de son sexe. Ce mec n’est vraiment pas net.

— Ouh, là, là, un rien t’effraie, ma chérie, ricane-t-il. — Je ne suis pas ta chérie, alors fous-moi la paix, trou du cul. — Que de mots d’amour dans ta bouche, chantonne-t-il. Pourquoi tant

de haine à mon égard ? Serait-ce le début d’une grande histoire d’amour ?

Je feins de vomir à ses pieds. Nullement offensé, il arque un sourcil, se

jouant de moi. J’ignore pourquoi il persiste à m’emmerder autant.

— Plus sérieusement, la journée a été riche, pourquoi tu n’es pas

couchée ?

Il change de ton, cela me déroute davantage que ses blagues

douteuses.

— Insomnie, abrégé-je.

— C’est quoi tout ce boucan, putain ? gronde la voix grave de

Lysandre qui ouvre en trombe sa porte, me faisant sursauter.

Son air revêche s’adoucit durant une seconde quand il m’aperçoit dans

le couloir, puis il plisse les yeux en constatant son meilleur ami sur le palier de sa propre chambre.

— Qu’est-ce que vous fabriquez ?

— On se fait des mamours pour mieux dormir, ose-t-il répondre. Tu te

joins à nous ?

Le regard du brun s’assombrit à tel point que je frémis, un instant,

d’inquiétude. En roulant des yeux, je pousse Logan dans sa piaule, plaquant ma main sur son visage. Cet imbécile se marre, je lui claque la porte au nez pour avoir la paix.

— Je n’arrive pas à dormir, et Jessie m’a foutue dehors parce que je

respirais trop fort pour elle. Ce con a dû voir la lumière du couloir. Il ne perd jamais une occasion de m’enquiquiner. Désolée de t’avoir réveillé, grimacé-je, contrite.

— Viens, déclare-t-il, péremptoire, le regard braqué sur moi. Mon peignoir a beau me couvrir, il me file la chair de poule, là

maintenant. J’amorce un mouvement de la tête pour vérifier si personne ne nous voie, ce qui est sûrement bête. Tout le monde doit dormir étant donné la longue journée que nous avons eue.

— OK, répliqué-je, une nuance en dessous de ma voix ordinaire. Je m’engouffre dans la pièce, alors qu’il se tient encore dans

l’encadrement. Dès que mon visage oblique naturellement vers lui, mon nez se retrouve quasiment au niveau de son menton. Je ne l’ai pas entendu me suivre, et pour cause, il est pied nu. Mon souffle se bloque au creux de ma gorge. Ses pupilles translucides m’observent avec tellement d’intérêt que, nerveuse, je déglutis. Son regard dévie une seconde derrière moi pour revenir à moi. Curieuse, je jette un œil dans mon dos pour n’y découvrir que son lit. Est-ce une invitation silencieuse de sa part ?

Je n’ai pas l’occasion de tergiverser à ce sujet qu’une fois que mes iris rencontrent à nouveau les siens, ses lèvres se ruent sur les miennes. Ses paumes larges se promènent de ma nuque à mes cheveux. Il encadre mon visage une seconde plus tard, comme s’il craignait que je ne disparaisse. Mon estomac se noue, ma poitrine explose sous le poids de l’émotion violente qu’il suscite en moi. Mes phalanges s’agrippent à ses poignets. Lysandre me déstabilise tel un tourbillon, il me happe, me coupe le souffle. Il m’effraie comme il me fascine.

J’ai l’impression de n’être plus qu’une boule de nerfs prête à s’enflammer dès l’instant où sa langue entre en contact avec la mienne. Sa manœuvre m’oblige à reculer, je percute le sommier et manque de m’écrouler dessus, mais il me retient en encerclant aussitôt ma taille. Un rire étouffé me saisit face à ma maladresse. Il sourit contre mes lèvres. Sa présence englobe tout mon espace, la tension qui règne ici est si intense qu’elle m’empêche de respirer correctement. J’en ai le vertige quand ma tête se penche vers l’arrière pour mieux le regarder.

Son exhalation lente et chaude me fait frémir, mes mains partent sur-le-champ se faufiler dans ses cheveux humides. Il sent bon le gel douche, l'after-shave. La douceur de sa peau, son odeur me font palpiter le cœur comme un dingue ; pire encore, ses baisers qui se perdent à présent sur l’épiderme de ma nuque me titillent au sud.

— Couche-toi sur le ventre, me guide-t-il d’une voix plus traînante, légèrement rocailleuse, qui me serre les entrailles.

— Un massage magique ? le taquiné-je, en souriant.

Un petit rire lui échappe.

— Ça craint si je commence à devenir prévisible à tes yeux.

— T’as raison, sors-moi une vacherie pour renverser la balance, ou fous-moi à la porte, persiflé-je.

Fort heureusement, il le prend au second degré. Son regard, bien souvent froid, m’observe avec une tendresse qui me déstabilise.

— J’ai quelque chose de plus intéressant en tête.

— J’espère bien, riposté-je, amusée, un peu rougissante.

Accoudé sur le matelas et tourné sur le côté afin de m’étudier,

Lysandre glisse une main à travers mes cheveux.

— Plus sérieusement, qu’est-ce qui t’empêche de dormir à cette heure-

ci ? Tu as pas mal cavalé, aujourd’hui, la chaleur du jacuzzi aurait dû t’assommer. Que se cache-t-il dans cette jolie tête ? m’interroge-t-il en frôlant ma tempe de la pulpe de son pouce.

— Tu me trouves vraiment mignonne ?

— Nan. (Mon cœur cesse de battre instantanément.) Tu es… ca-non,

certifie-t-il lentement, avec un petit rictus espiègle.

Le bougre, il exagère !

— Arrête de te moquer de moi, marmonné-je entre mes dents. Je ne sais pas ce qui m’a pris de vouloir savoir si j'étais jolie à ses

yeux. Il se redresse et saisit mes hanches, je me tends aussitôt, en alerte face à de potentielles chatouilles. Je lui ai déjà interdit de me provoquer sur ce terrain-ci.

— Pourquoi penses-tu que je me fous de toi ? Tu crois que j’aurais

réussi à bander si tu ne m’avais pas plu ?

Je ne m’attendais pas à tant de sincérité de sa part, ni à une érection,

mais pourquoi pas après tout ? En effet, constat sans appel.

Ses phalanges pétrissent mes hanches, déclenchant une vague de

chaleur dans mon estomac. Son bassin claque contre mes fesses, me coupant le souffle. Très explicite.

— Je te parlais de ma tronche de carotte, et pas de mon popotin strié

de vergetures.

Il pouffe de rire.

— Tronche de carotte ? Bah, il faudrait peut-être prévenir des

journalistes pour passer à la télévision, car tu as beaucoup de potentiel, mademoiselle la carotte. Regarde-moi ça, argue-t-il en louchant sous mon peignoir, en direction de ma poitrine sous ma chemise de nuit. Du jamais vu !

C’est plus fort que moi, je ricane. Quel imbécile quand il s’y met ! — Depuis quand es-tu aussi joueur ? As-tu bu ? — Depuis que tu te dénigres pour une couleur de cheveux que tu n’as

même pas choisie ? hésite-t-il. Je le redis, t’es un canon, il n’y a pas à épiloguer là-dessus. Et j’adore la douceur de ton popotin qui N’A PAS de vergetures. Je suis parfaitement clean.

Pourquoi ne l’as-tu pas touché depuis si longtemps alors ? C’est ce que je voudrais lui dire, mais je crains de le braquer. Je ne sais pas ce qu’il pense de moi, de ce côté-là, je suis en droit de m’interroger.

Je devrais sûrement lui donner une loupe pour qu’il constate que j’ai raison. Je n’ai pas l’occasion de démentir ses propos que les doigts de sa main s’égarent à l’arrière de ma culotte pour empoigner avec délicatesse l’une de mes fesses. Je brûle de l’intérieur, suffoque tant sa présence m’affole, le contact de sa peau contre la mienne. J’ai peur de me faire des idées, qu’il se ravise ou ne me jette dehors.

— On va faire ce qu’il faut pour que tu puisses dormir. Qu’en penses-tu ? murmure-t-il licencieux, à tout juste deux centimètres de ma bouche. J’ai un truc pour toi, d’ailleurs.

Ma gorge s’assèche alors que je sens mon entrejambe se serrer entre mes cuisses. Je déglutis péniblement tandis qu’il me scrute, le regard brillant, le souffle rauque. Sa bouche se rapproche de la mienne et je glisse mon index dessus afin de l’interrompre.

— Une surprise, pour moi ?

— Pour qui d’autre ? m’asticote-t-il, malicieux.

Sa langue coulisse sur mon doigt en guise de provocation, je l’éloigne en me mordillant les lèvres. Une lueur flamboie dans ses yeux, un poids pèse sur mon estomac, des papillons s’agitent au creux de mon intimité.

Poussée par le désir ainsi qu’une force invisible, ma main se meut jusqu’à la lisière de son pantalon de pyjama, frôlant ses abdominaux tendus. Mes doigts effleurent tout juste la peau de son pubis, en s’engouffrant à l’intérieur de son boxer, qu’il les cadenasse. Je bascule sur le lit, son corps blotti contre le mien. Son souffle erratique fouette mon visage, son regard sauvage me cloue sur place. Depuis quand un homme n’apprécie pas que l’on glisse sa main sur son sexe irrigué ?

— Ne joue pas avec le feu, Sky, gronde-t-il.

— Je n’ai pas peur de me brûler, confié-je, happée par ses pupilles qui me menacent.

Pourquoi refuses-tu de me voir telle que je suis, au lieu de penser que je pourrais me briser si je me confrontais à celui que tu caches au fond de toi, Lysandre ? Dis-le-moi.

Prise d’un élan de courage, je me hisse sur les coudes pour que mon visage se colle au sien. Il ne respire plus, seuls ses iris vont et viennent pour me scruter.

— Tu ne me facilites pas les choses, marmonne-t-il en serrant les

mâchoires.

Mon palpitant tressaute, l’envie me dévore. Qu’ai-je fait pour le

rendre si nerveux ? Il n’a pas de complexe, le contraire serait surréaliste. Il n’a visiblement pas de problème de mécanique, non plus, et vu son passif, je sais aussi qu’il a l’expérience requise pour ne pas avoir à s’inquiéter de quoi que ce soit. Et pourtant… à sa manière, il me repousse. Encore ! Je ne suis pas folle, il en meurt d’envie. Il voulait me toucher, pas que la réciproque se produise, et je suis perdue face à son comportement qui a radicalement changé en l’espace de quelques secondes seulement. Cela fait très longtemps que je n’ai pas pratiqué les préliminaires, mais j’en avais envie. Avec lui. Au lieu de ça, je me sens coupable d’y songer.

— Tu… tu veux que je m’en aille ? couiné-je en sentant ma voix

faiblir.

Son regard, toujours rivé sur moi, m’empêche de respirer

convenablement. Impossible de savoir ce qui se trame dans sa tête. Il va me rejeter, j’en suis sûre…

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