Unstable feelings - T2

Ellen Stuart · Chapitre 47 sur 51

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Unstable feelings - T2

partie1

Partie 1

 

Après

 

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1- Une journée ordinaire

 

Qualie

 

Quinze ans plus tard...

New York.

— C’est incroyable ! Écoute ça : la direction des services

administratifs de l’État de Virginie a dû licencier deux-mille personnes,

parce que les ordinateurs ont été bloqués par un 1 ransomware pendant deux mois.

Mon petit ami, Jason, entre dans la salle de bains, le nez plongé dans

le journal entre ses mains, ses lunettes recouvrant de joyeux yeux bruns. Je frotte mes dents avec ma brosse plus énergiquement.

— Quelle merde, baragouiné-je, la bouche pleine de dentifrice. — Tu sais ce que ça veut dire ?

Crachant sans élégance dans le lavabo, je me rince la bouche avant de

répondre :

— Non.

Totalement indifférente.

Depuis pratiquement un an que nous sortons ensemble, j’ai l’habitude

de ses offensives envers le monde moderne. Au fil du temps, je n’y fais plus attention, le laissant parler. Jason n’aime pas les nouvelles technologies et tout ce qui s’y rattache. Technophobe, il ne jure que par l’encre, le papier et sa machine à écrire qu’il utilise tout le temps pour taper ses articles.

Un soir de septembre de l’année dernière, je me suis rendue à une soirée littéraire organisée par Miranda Margulis, une auteure de feel-good souvent classée à la tête du classement du New York Times. L’évènement était couvert par des journalistes, dont Jason qui travaille au New Yorker. Il m’a interviewée, s’intéressant à ma librairie, mes chroniques de romans sur les réseaux sociaux… Le feeling est passé très agréablement. La suite s’est déroulée dans un bar pour finir par une bonne baise assez plaisante. Malgré son côté un peu désuet, ses chemises boutonnées jusqu’au cou, ses cheveux impeccablement coiffés avec une raie nette sur le côté et sa tête de premier de la classe, il sait bien manier sa queue, en tout cas suffisamment pour me satisfaire. Au fil du temps, la routine s’est installée. Étant assez indépendant l’un comme l’autre, chacun a gardé son appartement.

— La civilisation occidentale est en train de se faire coloniser par des hackers terroristes ! s’exclame Jason.

Sortant de la salle de bains, Jason sur mes talons, je me dirige vers mon salon.

— Trouve-moi une chose que la technologie a apportée dans nos vies ? poursuit-il.

— Le PQ, lâché-je un brin exaspérée.

— Ah oui, ça, c’en est une ! abdique-t-il. D’ailleurs, il va falloir que tu en rachètes.

Je passe une main dans mes courts cheveux blonds avant de me laisser tomber sur le canapé, en pyjama à motifs de chiots, d’épaisses chaussettes en laine aux pieds. Katarina, mon chat, saute sur mes jambes avant de s’installer entre elles. Je la prends dans mes bras pour la caresser. Jason passe sa veste de smoking sur sa chemise blanche, lisse sa cravate noire et grise et glisse le journal dans son attaché-case. Désignant mon ordinateur portable, qui ronronne sur ma table basse, il me lance un avertissement à sa sauce :

— Tu crois que ce machin t’aide, mais il ne fait rien d’autre que t’espionner. Un jour, il te bouffera toute crue.

— Comme un zombie ? me moqué-je.

— Exactement, répond-il sans relever mon sarcasme.

Levant les yeux au ciel avec un sourire, je ne fais aucun cas de son

commentaire.

Barre-toi, je dois me connecter !

Jason dépose un furtif baiser sur mes lèvres avant d’ouvrir la porte

d’entrée.

— Je suis parti !

— À ce soir ! m’écrié-je.

— Italien ? crie-t-il, déjà dans le couloir à l’extérieur. — Génial !

Entendant la porte claquer, aussitôt, je me relève précipitamment,

faisant valser Katarina qui pousse un miaulement vexé. Je l’ignore. À pas de loup, je me précipite vers l’entrée et regarde dans le judas. Jason entre dans l’ascenseur. Puis, je cours vers ma fenêtre bow-window qui donne sur la rue, écartant les rideaux discrètement. Mon mec dégringole les marches et part vers la bouche de métro.

Parfait ! J’ai le champ libre !

Je retourne au canapé en trottinant, attrape mon ordi que je pose sur

mes genoux. Avec fébrilité, je me connecte à mon compte, aussi excitée qu’une gamine le matin de Noël. Le message s’affiche de BG1352. Je clique dessus, le cœur battant la chamade.

[BG1352 : C’est drôle que vous ayez un chat, de mon côté, j’adore

les animaux. Fluffy est ma chienne. Elle adore, elle aussi, se balader dans Central Park en automne, poursuivant les écureuils et jouant avec les feuilles mortes. Fluffy est une ancienne sauveteuse de la section canine des pompiers, maintenant elle préfère rester avec moi pour pouvoir passer dix-huit heures par jour à dormir sur un gros coussin vert.

New York en cette saison, n’est-ce pas superbe ? Ça me donne

envie d’acheter des babioles. Je vous enverrai un bouquet de fleurs en papier aux couleurs vives pour égayer votre salon. Si je connaissais votre nom et votre adresse, bien sûr. D’un autre côté, ne rien savoir, ça a son charme.]

Complètement envoûtée, je tape ma réponse.

Depuis maintenant trois mois, je corresponds avec un inconnu

rencontré sur Internet. Un soir de déprime après une journée particulièrement harassante, et non pas parce que je fêtais l’anniversaire de mes trente-trois ans, une idée stupide m’a traversée. Bien que je sois parfaitement heureuse avec Jason, je me suis connectée sur un groupe les trentenaires new-yorkais pour discuter avec des inconnus. J’ai fait la connaissance de BG1352, un homme dans la trentaine, entrepreneur, selon son profil. On a commencé à parler de tout et de rien, de l’actualité, de l’Art, de films, et bien sûr, de notre amour commun pour les livres avec pour seul mot d’ordre : ne rien dire de personnel. Pas de vrai nom, ni de photos et encore moins de numéros de téléphone. Que des sujets divers sans conséquence.

Au fil du temps, il est devenu un véritable ami virtuel dont j’attends les emails presque quotidiennement. Avec mon imagination débridée, je l’imagine grand, brun, avec des yeux noirs envoûtants, et gaulé comme un étalon. Mais depuis quelques semaines, de nouveaux sentiments se glissent dans nos échanges, plus intimes, plus proches. À chaque nouvel envoi, je me sens chamboulée, impatiente, des papillons plein le ventre comme un premier béguin. Ce qui ne m’est pas arrivé depuis le lycée, depuis…

Lui.

Beurk !

Note personnelle : arrêter de penser à ce connard. Les souvenirs restent… dans le passé.

Je sais que je ne dois pas ressentir autant d’émotions pour un inconnu rencontré sur Internet, mais je n’arrive pas à me contrôler. Surtout quand son visage, totalement inventé, s’invite dans mes rêves érotiques, créant de puissants orgasmes au plus sombre de la nuit. Et si c’était l’homme de ma vie ?

Rêveuse, je me prépare à aller ouvrir ma librairie. Rapidement, je prends quelques vêtements dans ma commode : une jupe à fleurs, un tee-shirt à manches longues, assortis à des ballerines rigolotes à grelots. Je personnalise mes cheveux blonds à mèches roses avec des barrettes colorées.

Prête à partir.

Sur le chemin, je me surprends à admirer les arbres, sous l’automne, dans leur flamboyante parure d’or et de rouille. Je longe Central Park, le cœur chantant, l’esprit en fête, mes écouteurs enfoncés dans mes oreilles pendant que mon portable diffuse la chanson Only when i sleep de The Corrs. J’adore New York en cette saison. Quand je suis venue ici, il y a six ans, après la mort de Maman, pour reprendre la librairie de ma grand-mère, je ne pensais pas réussir à reconstruire ma vie aussi bien. À l’époque, anéantie, perdue, désossée et en miettes, je rêvais juste de m’enterrer dans un trou et de m’y laisser mourir. Aujourd’hui, je me sens satisfaite. Non, plus que ça… heureuse.

Je passe au Starbucks pour récupérer mon cappuccino latte avec

supplément crème pour en ressortir quelques minutes plus tard. Je traverse la rue. À quelques pas de moi, une élégante jeune femme d’origine asiatique sort de son immeuble, aboyant auprès de son pauvre chauffeur qui n’ouvre pas la porte assez vite. Je secoue la tête. Décidément, les riches semblent tous les mêmes !

Je m’arrête au feu rouge, prenant une gorgée brûlante, quand une

superbe Ferrari noire passe à ma hauteur. Le soleil se reflète dans les vitres, me laissant entrapercevoir une silhouette qui hante encore mes rêves aujourd’hui. Durant une interminable seconde, je croise un regard vert jade lorsqu’une avalanche d’émotions me submerge : douleur, joie, fureur. Si intense et si brutale que ça me donne le vertige. Je chancelle et m’accroche désespérément au poteau de signalisation, sentant la nausée m’envahir. Mon cœur bat à tout rompre, la sueur monte, ma tête tourne. Je suis la voiture des yeux qui bifurque au coin de la rue. Une ambulance accélère, sirènes hurlantes, un taxi klaxonne, ce qui me fait sursauter. Aussi soudainement qu’il est venu, mon malaise s’éloigne, me sortant de ma torpeur. Encore un peu secouée, je m’avance avec les autres piétons dès que le feu passe au vert.

Non, ça ne peut pas être lui. Ça ne peut pas. Cet enculé d’enfoiré de

connard arrogant vit en Angleterre.

Mort ! Et bien enterré dans mon cœur.

Peu à peu, je me remets doucement. La chanson Breathless m’explose

les oreilles. Ma bonne humeur revient, chassant les souvenirs nauséabonds de mon passé. J’arrive enfin à ma librairie, The little imaginary

bookshop2. Devant la porte fermée se trouve l’étudiante gothique en littérature anglaise qui travaille à mi-temps avec nous.

— Bonjour, Merry. New York à l’automne, n’est-ce pas magique ? — Si… peut-être, répond-elle en tirant sur sa cigarette électronique à

l’odeur de cookie.

— J’adore cette saison !

J’entre, allume les lumières, dépose dans la vitrine un bouquet de roses à moitié fanées que Jason m’a offert la semaine dernière. Merry fronce les sourcils en me laissant faire, intriguée par ma soudaine bonne humeur. J’ôte ma veste en jean, retire mon sac en bandoulière en toile que j’ai fabriqué moi-même, il y a longtemps, dans une autre vie. Je prends quelques secondes pour admirer mon œuvre, ma plus grande réussite après… Bref.

Un parfum de fleurs et d’épices accueille les clients dès le seuil, en même temps qu’une musique étrange où le son de la cornemuse se mêle à celui de la harpe. Des milliers de livres de toutes couleurs et de tous formats s’alignent sur des étagères bleu marine. Le plafond est percé de petits trous dans lesquels se dissimulent des ampoules destinées à éclairer la pièce, tout en évoquant une voûte étoilée. Un vieux buffet en chêne sculpté où des fées ailées côtoient des croissants de lune fait office de caisse. À l’extrémité de la pièce, deux profonds fauteuils et une table basse sur laquelle se trouve une lampe font face à une cheminée. Des babioles, figurines en pierre de couleurs, œufs en cristal, dragons en céramique ornent les étagères.

Je prends un rouleau de Scotch et le respire.

— Hum, qu’est-ce que ça sent bon ! m’écrié-je, euphorique.

Les yeux charbonneux de Merry s’écarquillent.

— Le rouleau adhésif ! Qu’est-ce qui t’arrive ?

Je pouffe.

— Rien !

— Oh, je sais ! s’écrie Merry. Tu vas te marier avec Jason ?

Je m’arrête soudain, traversée par l’angoisse.

Le mariage ?

Beurk, non merci. J’ai déjà donné.

— Non, ce n’est pas ça. Je trouve la journée magnifique, pas toi ? noyé-je le poisson. Bref. Tu crois que tu vas pouvoir faire l’inventaire cette semaine ?

— Oui, d’ici lundi, c’est promis. J’ai un mémoire à rendre sur Ann Radcliffe vendredi. Tu ne t’en tireras pas comme ça ! Qu’est-ce qui se passe ? Je te préviens, je vais me planter ici jusqu’à ce que tu m’aies raconté. Et ne me dis pas que c’est à cause de la journée. Il fait froid et gris. Jamais, je ne t’ai vue comme ça ! Alors si ce n’est pas Jason, c’est quoi ? Ou qui ?

Je me dirige derrière le buffet où se tient la caisse enregistreuse, dont

j’allume l’écran tactile. Je connais bien Merry. Elle travaille avec nous depuis le début de son doctorat, il y a deux ans. J’observe ses collants résille, sa robe noire en dentelle victorienne, son collier de chien autour de son cou ainsi que ses bottes à plateforme cloutées. Malgré son look atypique que certains peuvent qualifier de bizarre, c’est la gentillesse et la générosité même, mais elle est également curieuse et obstinée.

— Très bien, capitulé-je. On est infidèle quand on a une relation par

ordi ?

— Ça dépend… Tu as couché ailleurs ? Je croyais que Jason avait une

grosse bite ?

— Bah, elle est de taille moyenne… Qu’est-ce que tu me fais dire ! Merry pousse un soupir.

— Je veux dire : tu t’es chatouillé le clito devant ta webcam ? insiste-

t-elle.

— Non ! Beurk ! Je ne le connais même pas, précisé-je. — Eh bien, je te conseille de ne pas le faire. À la seconde où tu

acceptes, ils deviennent pires que des porcs.

— Je ne ferai jamais un truc aussi dégueu. On s’envoie des messages.

Autant dire qu’il n’y a rien. Et puis, de toute façon, je suis pratiquement décidée à tout arrêter parce que là, tu vois…

— Ça va trop loin ? me coupe-t-elle en mettant dans le mille. — Ça devient troublant, nuancé-je.

— Tu l’as rencontré où ?

— Il y a quelque temps, je suis allée sur le groupe Facebook Les

trentenaires new-yorkais, pour discuter. Je l’ai rencontré là-bas ! On s’est mis à bavarder.

— Vous parlez de quoi ? s’intéresse-t-elle de plus en plus. — De livres, de musique, de films, de petites choses sans

conséquence… de fleurs de papiers, rêvassé-je.

Merry me regarde sans comprendre, comme s’il me poussait une

deuxième tête, telle une Hydre.

— C’est quoi cette connerie ?

Je balaie sa question d’un geste de la main.

— Non, laisse tomber. On n’aborde jamais de sujets personnels. Je ne

sais pas comment il s’appelle, dans quoi il travaille, dans quel quartier il vit…

Merry pose son menton dans ses mains couvertes de mitaines noires, ses coudes plantés sur un tas de livres non rangés sur le comptoir. Ses yeux plongent dans le vague, en pleine rêverie.

— Tu te rends compte, si ça se trouve, il sera la prochaine personne que tu croiseras dans la rue…

La cloche au-dessus de l’entrée teinte, interrompant notre discussion. Mon frère Greg, un café à la main, entre, un sourire de mille volts accroché à ses lèvres. Avec son joli minois, Greg est le portrait craché de Ricky Martin. Ou l’inverse plutôt. Il répète sans arrêt qu’il est lui-même encore aussi chaud que la braise, alors que Ricky est plus has been qu’un pull en tweed rose. Fidèle à sa sulfureuse réputation, aujourd’hui, il porte du rouge des pieds à la tête : une veste en cuir, un tee-shirt moulant, un jean moule-bite et…

— Des demi-guêtres en cuir verni rouge ? remarqué-je avec ahurissement.

— Oui ! s’écrie joyeusement Greg en tendant la jambe comme une ballerine. Qualie, tu ne les trouves pas a-do-ra-bles ?

— Mmm… peut-être qu’avec le temps… dis-je, sceptique.

J’adore mon frère malgré son côté provocateur d’homosexuel affirmé. Durant toutes ces années difficiles, jamais il ne m’a laissé tomber. Essayant de me reconstruire comme un Lego cassé, brique après brique, m’aidant à remonter la pente alors que je recherchais juste une corde pour me pendre. Il y a cinq ans, après la mort de Maman, il a quitté l’armée avec pour seule explication : « C’est comme si tu travailles dans une pâtisserie et que tu ne peux pas manger les gâteaux ». Du Greg tout craché. Je l’ai recueilli naturellement comme il l’a fait avec moi. Maintenant, il travaille ici. On gère la librairie en duo.

Merry se tourne vers lui.

— Tu connais le sexe en ligne ? demande-t-elle, sérieuse.

— Bien sûr, je viens de m’inscrire au club de Saveurs du Monde.

— Tu vas apprendre à cuisiner de nouveaux plats ? demandé-je.

Mais c’est sans compter sur l’esprit complètement débridé de mon frangin. Il me regarde d’un drôle d’air. Il me faut un moment pour comprendre sa blague, mais je ris de bon cœur.

— Quoi ? se vexe Greg.

Ce n’est peut-être pas une plaisanterie, finalement…

— Oh, Qualie, tu parlais du vrai Saveurs du Monde ?

— Heu… je n’en connais pas d’autres… Et je ne veux même pas

savoir à quoi tu pensais !

— Il y a cette boîte que Terry, un de mes amis drag-queen, a

ouverte…

— J’ai dit que je ne voulais pas savoir !

— Je sais, mais j’allais te le raconter, de toute façon. Ce qu’il s’empresse de faire. Et aussitôt des images interdites au

moins de dix-huit ans envahissent mon esprit avec dans le rôle principal, celui qui m’a abandonnée il y a quinze ans. Je frissonne.

Note personnelle : il faut vraiment arrêter de penser à lui ! On efface ! Une troisième personne entre dans la boutique faisant sonner la cloche

à nouveau. Ma grand-mère, Myrtille, ce qui me tire de mes désagréables songes.

— Bonjour, tout le monde, salue-t-elle à la cantonade avec son

habituelle bonne humeur.

J’adore ma mamie. Avec ses cheveux roses, sa petite taille de sylphide

et sa peau légèrement ridée, elle ne paraît pas ses soixante-quinze ans. De caractère excentrique et jovial, elle ne s’est jamais mariée, même pas à mon grand-père alors qu’ils ont vécu une grande passion avant qu’il ne décède d’un cancer de la prostate, il y a une dizaine d’années. Elle insiste pour qu’on l’appelle Mademoiselle, comme Coco Chanel.

En nous voyant si proches l’une de l’autre, le radar à ragots de

Myrtille se met en marche.

— Qu’est-ce que vous racontez, toutes les deux ? — Elles parlent de bite, Mamie, rigole Greg en embrassant notre

grand-mère.

— De sexe par ordinateur, précise sérieusement Merry. — J’ai voulu essayer une fois, mais je n’ai jamais réussi à me

connecter, plaisante Myrtille.

Je lève les yeux au ciel, avant de prendre la pile de livres sur le

comptoir et commence à ranger.

— Allez, tout le monde ! Chacun à son poste ! ordonné-je en

retournant la pancarte « ouvert » sur la vitrine.

 

1. Les ransomwares sont des logiciels malveillants qui empêchent

les utilisateurs d’accéder à leurs fichiers ou à leur ordinateur, puis

leur demandent un paiement en ligne anonyme pour restaurer

l’accès.↩

2. La petite librairie imaginaire.↩

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