Unstable feelings - T2

Ellen Stuart · Chapitre 40 sur 51

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Unstable feelings - T2

flashback

 

 

Lysandre

 

Dix mois plus tôt…

Le soleil tape sur mon torse dépourvu de vêtements, je clos les paupières puisqu’il me dérange. Je fourre en travers mon bras pour camoufler un peu mon visage de cette chaleur inhabituelle pour un mois d’avril. Je suis allongé dans le jardin, sur un transat pour profiter du grand air. Seul, étant donné que Natalia révise pour nos derniers partiels de l’année. Je ne lui en veux pas de ne pas procrastiner à mes côtés. De toute façon, elle aurait sûrement été contre de bronzer à poil dans ma cour, sous prétexte que l’on pourrait être vus, alors que mon père n’est jamais là. J’accepte qu’elle soit plus réservée que moi. C’est son corps, elle en fait ce qu’elle veut, même si j’admets que l’on aurait pu bien s’amuser tous les deux. C’est assez agréable de pouvoir se dorer la pilule au soleil. Et je reconnais que lui faire l’amour sur la pelouse pendant que cet astre me réchauffe les fesses m’aurait bien plu. Peut-être un autre jour…

En attendant, je suis à deux doigts de m’endormir malgré la tonalité plutôt brusque du morceau que j’écoute. Personne ne peut pioncer sur du Marilyn Manson, pourtant, c’est ce qui est en train de se produire. J’ai tellement tout donné pour mes examens, que j’ai très peu fermé l'œil, ce qui se ressent à présent. Mes paupières closes tressautent en même temps que mon corps lorsque je sens une main fraîche arpenter mon torse, tout en tirant sur mes écouteurs.

Les basses font échos dans la cour. Je suis d’autant plus stimulé par

ces propos inattendus :

— Shhht, bébé, garde les yeux fermés.

Je souris bêtement, tout à coup échaudé par autre chose que le soleil

qui brûle un peu ma peau par ces vingt-cinq degrés. Je ne suis pas tout à fait certain du jeu auquel veut s’adonner Natalia, cependant je ne résiste pas. Elle, qui me laisse toujours l’initiative de tout en matière de sexe, me prend sacrément au dépourvu que mon coeur s’emballe comme un fou. Un afflux de sang se barre illico pour s’établir plus au sud de mon anatomie. Je ne vais pas m’endormir, non plus maintenant. Elle peut faire tout ce qu’elle veut de moi.

— Donne-moi tes mains, chuchote-t-elle à mon oreille, alors qu’elle

se tient sûrement accroupie.

La musique est si forte que le son de sa voix me parvient à peine. Je m’exécute une fois de plus sans tergiverser. Nullement le type

facilement effrayable. Pour moi, la sexualité n’a que du plaisir à apporter et non de la douleur. Je ne crains par conséquent pas les jeux de rôle, le bondage, ils sont clairement sans dangers. Je n’ai pas de réserve, suis plutôt ouvert d’esprit, et puis, il s’agit de Natalia. Elle n’a jamais été du genre brutal. C’est sûrement ça qui m’excite autant pour l’heure, cet inconnu pour elle, ce passage à l’acte imprévisible en vue de me surprendre.

Natalia a d’ordinaire une voix plus marquée par son accent, mais je

sais que ce n’est pas le cas quand elle murmure. Celle-ci s’avère moins ronde, ou profonde lorsqu’elle s’exprime. Coulant sur mon tympan comme une mélodie enchanteresse qui me donne des frissons dans tout le corps, les poils de mes cuisses se dressent. Natalia noue mes mains dans le dos du transat, m'extirpant un ricanement tant cela tient de l’insolite.

— Wouah, tu es surprenante. Je pensais que tu avais des révisions,

mais je suis ravi de constater que tu as changé d’avis, aujourd’hui. Tu m’attaches les poignets et je dois garder les yeux fermés, OK, ricané-je. Quel dommage que je ne puisse pas te regarder sous ce soleil éclatant. Je me contenterai de ce que tu voudras bien me donner, ajouté-je en me mordant la lèvre, légèrement impatient et échaudé.

Elle s'assied sur mes cuisses et insère sa main dans mon boxer. Elle

commence à me caresser, ma tête bascule vers l’arrière sous l’impulsion du plaisir qui se répand dans mon aine. Ses va-et-vient sont si lents que la pression grimpe au sein de mon thorax, je me sens littéralement en feu. Mon souffle se densifie, devient irrégulier.

— Putain, ne me torture pas comme ça, sifflé-je, laborieusement, si excité que c’est difficile de me contenir pour ne pas être vulgaire.

Elle retire sa paume, me laissant clairement insatisfait et frustré. Je me mords la joue pour ne pas l’enguirlander ou lui imposer mon rythme.

— Je veux te voir, réclamé-je au bord de la rupture cérébrale tant la tension est palpable entre nous.

Elle me fait bien savoir à sa façon que ce n’est pas ce qu’elle souhaite, frottant son petit nez fin et droit contre le mien. Sa respiration lourde claque contre mes lèvres, me donnant envie de la dévorer tout entière. Je ris, une fois de plus, amusé par son obstination. Bien, ce que Madame veut, Madame l’obtient ! Je jouerai avec elle ensuite, si elle m’en laisse l’occasion.

Je discerne sans mal le préservatif rouler autour de mon érection. Ce n’est pas la première fois que Natalia m’enfile une capote, en réalité, c’est l’une des choses qu’elle n’a jamais rechigné à faire. Peu après, je ressens la chaleur de son intimité contre mon gland couvert de latex et un râle d’excitation s’échappe de ma bouche malgré moi. Natalia se glisse le long de mon membre gorgé de sang. Mes mains s’agitent, je voudrais la serrer contre moi, tout du moins, empoigner ses hanches, seulement, je suis coincé.

Elle se dandine langoureusement sur moi, me coupant littéralement le souffle. Mon palpitant semble exploser au creux de ma cage thoracique en feu. Ses balancements sont lents, profonds, telle une douce torture. Essaie-t-elle de me punir pour quelque chose ou de me féliciter pour une autre ? Je l’ignore, cependant c’est divin.

Elle gémit, me faisant frémir de désir. J’imagine mes mains sur son corps magnifique. Mon pouce tourner sur son clitoris que je n’ai pas encore maltraité pour l’heure. Je conçois dans ma tête tout un scénario chaud bouillant qui lui plairait autant qu’à moi. Son initiative m’enfièvre à un point, que j’ai envie de la pilonner jusqu’à la jouissance. Je veux qu’elle hurle de plaisir, que mon prénom lui entrave la gorge, que son être tremble sous le mien, qu’elle me supplie de ne pas m’arrêter. L’impulsion devient plus violente au niveau de mes bourses et mon aine. La libération est pour bientôt. Les images brûlantes qui ont investi mon encéphale tout comme son vagin chaud et humide n’y sont pas étrangères.

— Lysandre, c’est si bon. Tu bandes si fort pour moi. Tu vois que je

suis autant capable qu’une autre de te faire du bien.

Malgré l’orgasme sur le point d’éclater et le bourdonnement dans mes

oreilles, je perçois que cette voix n’est pas celle de la fille qui partage ma vie depuis de longs mois. Aussi, mes paupières s’ouvrent sur-le-champ et le choc me saisit. J’ai envie de vomir tellement c’est brutal. Un dernier mouvement du bassin de sa part me fait éjaculer. Je suis dans un état de confusion déplorable. Que fait cette nana, ici ? La rage vibre dans mes veines, m’empêchant de profiter de l’instant qui aurait dû être sensationnel. L’excitation que j’ai ressentie s’envole, je bascule violemment mon bassin, écœuré d’avoir été berné. La honte m’agrippe à bras le corps, je me sens coupable, diminué. Pire, je me sens sale et je hais ça.

Cynthia, je crois qu’elle s’appelle ainsi.

Mes mains tremblent dans mon dos. Je nage en plein cauchemar, ce

n’est pas possible ! Cette meuf est tarée, putain !

Un sourire mauvais anime son visage dépourvu d’artifices. Elle est

nue et je ne la regarde pas tant elle me dégoûte.

— Détache-moi, espèce de salope ! grogné-je. — Maintenant, c’est toi, la petite salope, Lysandre, rétorque-t-elle

avec condescendance. T’as cru que tu pouvais prendre ce que tu voulais chez les autres sans céder un peu de ta personne en retour ? Tu pensais ne jamais avoir à payer toutes tes saloperies ? Tu faisais erreur !

Je hurle à m’en arracher les cordes vocales pour qu’elle m’obéisse.

Femme ou non, je vais lui exploser la gueule une fois que je serai sur pieds ! Elle me rit au nez tout en enfilant sa robe aussi laide qu’elle. Je grimace, mon cerveau est à deux doigts de se consumer tant le choc le fait vriller. J’ai tant la rage que je pourrais bien me mettre à chialer comme un môme.

Elle se barre en m’abandonnant, nu comme un ver, avec une capote

usagée sur la queue, rongé par le remords, sali jusqu’aux tréfonds de mon âme. Il ne fait pas froid, et pourtant, je me sens glacé. Mes dents claquent de fureur.

— Reviens ici, bordel de merde !

Mon cerveau ne peut s’empêcher de réprimer le putain de best of me

ramenant à cette foutue soirée où je l’ai rencontrée. Elle était venue avec une nana de seconde année plutôt bien fichue. Elle faisait du gringue à Logan. Nous avons bu un verre tous les quatre avant de finir dans une chambre tous ensemble.

Logan verrouille la porte, il a autant picolé que la jolie blonde pendue à son bras, qui l’embrasse comme une affamée. La brune qui était avec elle me dévore le cou et m’affale sur le sommier. Rapidement, elle baisse mon jean. Sa paume s’empare de ma virilité pour commencer à me branler. Près du battant, je perçois Logan en train de baiser sa copine qui gémit sans discrétion.

— C’est ça, ma belle, lâche-toi, susurre-t-il d’un souffle erratique en la pilonnant.

J’ai une vue plongeante sur son fessier dépourvu de son caleçon.

J’avais dit que j’arrêterais les conneries, et me voilà, torché plus qu’il n’en fallait, à me faire tripoter par une mocheté qui ne me plaît pas du tout. Quand suis-je tombé aussi bas, ma vie sexuelle est-elle si merdique pour que je vienne passer la soirée avec eux ? Certes, la vue de cette blonde qui prend son pied m’excite, mais sa copine est fade. Elle a de gros seins, hélas ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus chez une femme. Trop maquillée, son visage est démarqué par son fond de teint dont la carnation n’est pas la même que sa peau.

Je ne peux m’empêcher de les mater, alors que je n’ai jamais été voyeur, je m’en veux de m’être perverti de cette façon. Je clos les paupières en penchant la tête en arrière pour me laisser aller avec cette fille, qui malgré son physique qui ne me plaît pas, s’y prend plutôt bien.

— J’ai tellement envie de sentir tes mains sur moi après, murmure-t-elle à mon oreille.

Ce n’est pas à elle que je pense pendant qu’elle me caresse frénétiquement. Non, c’est cette blonde qui investit encore et toujours mon cœur. L’ombre de mes tourments et mes plus gros regrets.

Megan…

Les lèvres coquelicot, et délicates, de Megan sur moi, m’embrassant timidement. Ses pupilles brillent alors qu’elle retire son soutien-gorge pour dévoiler sa peau de pêche. Nos corps unis se déhanchent en osmose. Sa bouche pincée me transmet sa douleur, sa main s’égare sur ma joue pour m’intimer de continuer malgré tout. Elle m’offre son innocence et sans le savoir, je lui donne mon cœur. C’est si bon que je ne m’arrête pas. Mes coups de reins sont échevelés, mon corps se consume au contact du soleil et j’explose.

La réalité revient pour me frapper en pleine gueule quand la brune se

retire de mes cuisses sur lesquelles elle se tenait jusqu’alors à califourchon. Ses pupilles remplies de concupiscence me dévorent du regard, elle s’allonge et se débarrasse de sa culotte. Je me lève d’un bond tout en remballant mon matos. Un pli barre son front.

— Qu’est-ce que tu fous ?

— Je me casse, argué-je. Je ne vais pas te baiser, désolée, chérie,

mais t’es clairement pas mon genre.

Mes iris se veulent plus froids que je ne le souhaitais au départ.

Seulement, la chute est rude après m’être égaré avec Megan en pensées. Je me retrouve à faire face à cette nana qui n’a rien pour me plaire.

Humiliée, elle blêmit.

— Wow, t’es dur, mon pote, elle n’est pas si vilaine, intervient Logan

dans mon dos qui a visiblement terminé aussi.

Je ne réponds rien et tourne les talons pour quitter la pièce.

Je gesticule de tous les côtés pour réussir à m’extirper de là, ça dure

un moment. Je n’ai pas de moyen d’appeler qui que ce soit pour m'aider, et d’ailleurs, pour qui passerais-je ? Ça ferait sûrement rire le voisin qui se dirait probablement que je me suis bien éclaté, mais putain, c’est l’horreur !

Lorsque ma tête se tourne en direction de la maison, mon sang se

glace dans mes veines, Natalia est ici. Elle me fixe avec effroi, les larmes aux yeux.

— J’le savais ! scande-t-elle, la voix brisée en déboulant telle une

furie.

— Je t’en prie, ce n’est pas ce que tu crois. Ce n’est pas ce que je

voulais, je te le jure.

Mon buste tremble, ça me révolte de la voir aussi mal. Et elle

n’imagine pas à quel point je me sens merdique, là, tout de suite. Furieuse, elle me détache.

— Ne me raconte pas de bobards, Lysandre. Je sais très bien que tu

t’es amusé avec une autre, larmoie-t-elle. J’ai voulu fermer les yeux, cette fois, j’en ai assez. Je n’en peux plus. Je me disais qu’on aurait pu dîner ensemble. J’ai écourté mes révisions pour toi, mais tu ne vaux pas la peine qu’on se décarcasse pour ton plaisir. C’est terminé, tu entends ? clame-t-elle, les joues ruisselantes.

— Je te dis que ce n’est pas ce que tu crois ! crié-je à mon tour.

— Parce qu’elle t’a forcé ? rit-elle jaune.

Comment pourrais-je lui raconter cette situation alors que tout me porte préjudice ? La douleur et la déception que je lis à travers ses pupilles magnifiques me clouent sur le transat dont j’aurais pourtant voulu m’extirper d’un bond, une fois libéré. Cette fois, je sais. Elle ne me croit plus, et tout est fini entre nous. J’ai trop menti, je lui ai fait du mal. J’ai brisé son cœur, j’ai attisé la haine des autres pour en récolter les lauriers dûment gagnés. Je ne suis qu’un monstre qui encaisse sa sentence irrévocable. Qui viendra me plaindre ? Je l’ai sûrement mérité pour toutes mes saloperies.

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